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Le projet de pôle logistique soulève des inquiétudes

Économie, Élus
Le maire de l'arrondissement, Réal Ménard (photo : archives Pamplemousse)
Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard (photo : archives Pamplemousse)

Plusieurs citoyens se sont succédé derrière le micro, lors de la séance du conseil d’arrondissement du 6 septembre dernier. Ils ont fait part de leurs inquiétudes face à différents projets, dont celui de l’implantation d’un pôle logistique, un sujet qui revient régulièrement sur le tapis.

Dans ce dossier, l’achat récent du terrain de l’ancienne fonderie canadienne d’acier, situé près de Notre-Dame et Dickson, par Charles Raymond, entrepreneur à la tête de Ray-Mont Logistiques, soulève les craintes des citoyens. Si aucun projet en bonne et due forme n’a été soumis à l’arrondissement, l’entreprise projetterait d’y faire transiter des marchandises vers le port. L’arrivée de ce promoteur fait craindre aux résidants une augmentation de la circulation de camions, de la pollution, du bruit, entre autres inconvénients.

Alors qu’un règlement devait être adopté pour encadrer ce projet au cours des prochaines semaines, l’arrondissement a plutôt opté pour la préparation d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) qui englobe plusieurs terrains situés autour des rues Dickson, Notre-Dame et L’Assomption. Un règlement qui ne sera prêt que d’ici deux mois, estime le maire de l’arrondissement, Réal Ménard.

« Nous souhaitons le développement d’un pôle logistique de transport à valeur ajoutée, mais il y a certaines précautions à prendre », a-t-il expliqué. Selon lui, empiler des conteneurs à perte de vue ne correspond pas à la définition d’activités à valeur ajoutée. « Nous allons interdire toute activité de transbordement, en plus de l’entreposage extérieur qui est déjà interdit [selon l’usage actuel] », a-t-il ajouté.

Plusieurs citoyens ont indiqué qu’ils étaient inquiets face à cet encadrement réglementaire. Toutefois, Réal Ménard a réitéré que le PIIA est le meilleur moyen dont dispose l’arrondissement pour encadrer ce genre de projet. « Nous n’interdirons pas le développement d’un pôle logistique à valeur ajoutée, puisque cela fait partir de la volonté de l’arrondissement depuis plusieurs années, mais nous allons nous assurer que c’est fait dans le respect des communautés avoisinantes », a-t-il indiqué. Le PIIA pourrait obliger, par exemple, les promoteurs à implanter certaines mesures d’apaisement ou de verdissement.

Un projet qui suscite l’opposition

La conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, a tenu à préciser que ce n’est pas le seul moyen qui existe d’encadrer un tel projet et surtout, qu’elle serait très vigilante quant à la qualité de vie des résidents, qui doit être au cœur de cette réglementation. « Réal Ménard devra expliquer comment il entend garantir la qualité de vie des résidents dont les logements sont situés à moins de 100 mètres d’un important pôle de transport de marchandises par camion et par train. Nos inquiétudes sont d’autant plus vives que le promoteur de ce projet, Charles Raymond, fait déjà l’objet de nombreuses plaintes dans le Sud-Ouest et en Colombie-Britannique, où il est déjà présent », a-t-elle ajouté, par voie de communiqué, au lendemain de la séance du conseil d’arrondissement.

Selon l’élue qui porte les couleurs de Projet Montréal, il faut aussi prévoir une vraie consultation publique, plutôt qu’une simple séance d’information, « Alors que nous savions depuis des années que le secteur était voué à un nouveau développement, pourquoi l’arrondissement n’a-t-il pas profité de l’occasion pour consulter la population et réaliser une réelle planification? Il faut absolument se doter d’une vision à long terme qui assurera un redéveloppement du secteur qui sera bénéfique pour le quartier. Et cette vision ne peut être développée sans l’apport de la population qui sera directement touchée par tout projet proposé sur le site de l’ancienne fonderie », ajoute le communiqué.

Autre dossier controversé : les pitbulls

Bien qu’il s’agisse d’un dossier piloté par la ville-centre, de nombreux citoyens ont également profité du conseil d’arrondissement pour dénoncer le règlement que Montréal s’apprête à adopter concernant les pitbulls. Plusieurs d’entre eux se sont montrés inquiets quant à la façon d’identifier si leur animal fait partie ou non de cette race. Une donnée importante puisque les propriétaires de pitbulls devront se conformer à une série d’exigences, d’ici la fin de 2016. Une préoccupation partagée par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCQ), qui a annoncé qu’elle mettrait fin à son contrat avec la Ville de Montréal concernant les chiens abandonnés si l’administration Coderre adoptait son projet de règlement.

 

 

 

 

 

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