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Feu à Longue-Pointe chez M. Ambroise Lachapelle (première partie)

Histoire
(image : Journal La Patrie, 26 mai 1898. BAnQ - Collection Robert Carrière)
(image : Journal La Patrie, 26 mai 1898. BAnQ – Collection Robert Carrière)

En mai 1898, deux familles de Longue-Pointe ont été surprises par les flammes dans leur sommeil. L’origine du feu est mystérieuse : une main criminelle aurait-elle provoqué l’incendie? Voici la première partie de l’histoire.

Le journal La Patrie rapportait à l’époque que dans une fournaise ardente, une femme a péri dans l’incendie de la maison de sa nièce, marié à un certain Ambroise Lachapelle, à la Longue-Pointe. En voici quelques extraits :

Un incendie a détruit la nuit dernière la maison d’Ambroise Lachapelle, à la Longue-Pointe, et causé la mort d’une femme. L’incendie s’est déclaré, croit-on, vers 9 h, au rez-de-chaussée, mais personne n’en eut connaissance que lorsque les cris de ceux qui se trouvaient dans la maison éveillèrent les voisins. L’origine du feu est encore mystérieuse.

La maison de Lachapelle, qui ne manquait pas d’une certaine élégance, était située au centre du village. L’étage supérieur et la moitié du rez-de-chaussée composaient le logement de Lachapelle et de sa famille, le reste de la bâtisse était habité par Germain Lamontagne, sa femme, et un enfant en bas âge.

Les deux familles ont été presque en même temps tirées de leur sommeil, les Lamontagne, par les cris de leur enfant, et les Lachapelle, par la fumée qui les prenait à la gorge. Les premiers saisirent l’enfant dans son berceau et se mirent en sûreté, en s’élançant au-dehors; quant aux Lachapelle, ils gagnèrent une galerie située au deuxième étage, et d’où ils furent sauvés par des voisins.

Le secours fut lent à venir, car la Longue-Pointe n’a pas de pompiers. L’équipe de pompiers de l’asile St-Jean-de-Dieu se rendit sur les lieux du sinistre aussi promptement que possible, mais avant son arrivée, les flammes avaient dévoré la maison, et s’étaient d’elles-mêmes ralenties. Les pompiers de Maisonneuve, appelés au secours, répondirent aussi à l’appel. Malgré leur empressement, ils arrivèrent trop tard.

Une seule victime

Évidemment, la nouvelle de l’incendie s’était répandue rapidement dans tout le village. La famille des Lachapelle était tenue en estime par plusieurs et tous les hommes disponibles le soir du drame ont accouru pour offrir leur aide afin d’aider à combattre les flammes. Malheureusement, un membre de la famille, Henriette Reeves, la tante de Mme Lachapelle, n’a pas été en mesure de s’en sortir :

Lachapelle [et] sa femme [ainsi que] Mlle Reeves, couchaient dans deux pièces adjacentes au dernier étage. Vers 10 h, Mme Lachapelle s’éveilla, et se sentant étouffée à cause de la fumée, elle éveilla son mari, avec qui elle se sauva immédiatement. En atteignant le palier, elle voulut revenir sur ses pas, pour éveiller sa tante, mais elle en fut empêchée par son mari qui l’entraîna sur le balcon en lui disant qu’il était trop tard.

Mme Germaine Lamontagne, qui occupe avec son mari et son enfant, un appartement au rez-de-chaussée, dit que la famille s’était retirée pour la nuit à neuf heures. Elle se leva une heure plus tard, pour aller donner ses soins à l’enfant, qui criait. Son attention fut alors mise en éveil par une odeur de peinture brûlée et par la fumée, et, en ouvrant une porte, elle aperçut les flammes du côté du logement de Lachapelle.

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(image : Journal La Patrie, 26 mai 1898. BAnQ – Collection Robert Carrière)

Un incendie qui aurait pu être pire

Si le vent avait été quelque peu violent, hier soir, la conflagration aurait pris des proportions autrement grandes, car la maison de Lachapelle touche presque du côté est, un long pâté de maisons dont la voisine est celle de M. Chevalier, habitée par la famille d’un nommé Delorme, et du côté ouest, une énorme bâtisse habitée par M. Georges Beaudry.

Tout léger qu’il était, cependant, le vent donnait une impulsion aux flammes qui léchaient le côté voisin et le toit de la maison de M. Beaudry, qui menaçait de prendre feu. Les pompiers de l’asile St-Jean-de-Dieu, qui étaient arrivés trop tard pour contrôler les flammes, rendirent néanmoins d’immenses services en protégeant les maisons voisines.

La maison de Beaudry a cependant subi quelques dommages, la chaleur ayant fait se briser des vitres et se torde les châssis. Le mur extérieur en bois et le toit ont aussi été légèrement roussis. Vers minuit, on retrouva avec les débris de son lit, le corps de l’infortunée Henriette Reeves, presque complètement carbonisé. Mlle Reeves était âgée de 81 ans. Le cadavre a été transporté au charnier.

Le coroner McMahon ira cet après-midi, à la Longue-Pointe, tenir une enquête.

La suite la semaine prochaine.

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