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L’aménagement du parc Dupéré soulève des débats

Élus, Vie de quartier
Le parc Dupéré compte actuellement 132 jardins communautaires et un terrain vacant qui pourrait être aménagé. (photo: Anne-Marie Tremblay)
Le parc Dupéré compte actuellement 132 jardins communautaires et un terrain vacant qui pourrait être aménagé. (photo: Anne-Marie Tremblay)

Oasis de paix à préserver tel quel ou espace vert à conquérir? Deux visions qui se sont affrontées lors de la consultation publique sur le réaménagement du parc Dupéré, le 11 octobre dernier.

Plus d’une centaine de citoyens s’étaient donné rendez-vous au centre Tétreaultville pour discuter du réaménagement du lieu, situé au nord de la rue Sherbrooke et bordé par l’avenue St-Donat et la rue Forbin-Janson. Si d’un côté, le parc Dupéré abrite 132 jardins communautaires, l’autre portion est actuellement vacante.

Avant tout investissement, il faut ouvrir l’espace et créer des entrées donnant sur la rue, a expliqué le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. Ce qui n’est pas le cas actuellement, car les terrains qui bordent la rue sont clôturés, puisqu’ils mènent aux jardins collectifs. Le reste du parc est ceinturé par les terrains du centre jeunesse, un CHSLD ainsi qu’une ruelle privée, permettant d’accéder au parc.

Pour améliorer l’accessibilité au parc, l’arrondissement a donc proposé d’en revoir l’aménagement actuel en déplaçant les 62 jardinets situés au nord du terrain et en les relocalisant au sud, dégageant ainsi un espace pour un accès à partir de la rue de Forbin-Janson. Du coup, on prévoyait implanter une quinzaine de jardins supplémentaires. « Toutefois, ce n’est qu’une esquisse de projet et rien n’est coulé dans le béton », a expliqué Éric Fauteux, ingénieur et cadre à la direction des études techniques qui a présenté les détails de la proposition.

Le plan prévoyait aussi l’aménagement de quelques sentiers et l’installation de tables à pique-nique près de l’entrée du parc. À cela s’ajoutait un changement de zonage de l’espace situé au sud du terrain pour y permettre le stationnement. Une modification légalisant cette utilisation par les propriétaires de condos et qui est, dans les faits, tolérée depuis plusieurs années. L’usage de la portion ouest du parc restait à définir.

Un changement contesté

Le plan proposé lors de la consultation est loin d’avoir rallié les troupes. Plusieurs personnes étaient plutôt partisanes de ne rien changer du tout. Certains citoyens ont même remis en question le bien-fondé de ce réaménagement. Les utilisateurs des jardins collectifs ont d’ailleurs déposé une pétition de 90 noms pour dénoncer le projet. Ils ont expliqué qu’ils ne comprenaient tout simplement pas l’intérêt de modifier cet espace, avec les problèmes que cela pourrait comporter pour ceux qui seront relocalisés. « Notre jardin est une merveille comme il n’en existe pas ailleurs à Montréal. Pourquoi le massacrer? », a lancé une citoyenne, qui, comme plusieurs autres, a réclamé le statu quo.

D’autres ont dit craindre pour la quiétude des lieux en ouvrant l’espace, alors que le parc se situe à proximité du centre jeunesse, d’habitations à loyer modique (HML), d’une école secondaire et de la station de métro Honoré-Beaugrand. Plusieurs ont peur que le terrain devienne un lieu de flânage et de méfaits. Un avis qui n’était pas partagé par tous. « Les études démontrent que le fait d’investir en aménagement urbain augmente la sécurité des usagers, plutôt que le contraire », a rappelé une citoyenne favorable au changement. Une option d’autant plus intéressante que les autres parcs sont situés à une quinzaine de minutes de marche, a aussi précisé Éric Fauteux.

D’autres encore, appuyant l’idée de s’approprier le terrain vacant, sont sortis déçus de la consultation. « Nous, on demande depuis plusieurs années que cet espace soit aménagé, mais nous n’avons jamais voulu que les jardins soient déplacés. Ce soir, nous pensions pouvoir discuter de ce parc, mais cela n’a pas du tout été le cas. On dirait qu’on a tout mélangé », a lancé un résidant. En effet, il faudrait se pencher sur des options qui permettent aux familles, aux enfants, aux garderies du secteur et aux jardiniers de cohabiter, a-t-il ajouté.

« Si on investit des milliers de dollars pour aménager le parc, nous n’avons pas le choix de le rendre plus accessible et pour cela, il faut revoir l’aménagement existant », a rappelé le maire. Il a donc demandé un sursis pour voir si une solution de compromis serait possible. « Je comprends que les citoyens préféreraient une option où moins de jardins seraient déplacés, mais il serait dommage de laisser carrément tomber le projet », a-t-il lancé.

Ainsi, l’arrondissement rencontrera des représentants citoyens pour plancher sur de nouveaux scénarios qui seraient plus acceptables aux yeux de tous. Une autre consultation aura ensuite lieu. « Toutefois, je ne pense pas que le projet pourra se réaliser en 2016-2017, comme c’était prévu au départ », a ajouté Réal Ménard.

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