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Repos Saint-François d’Assise : 1916-2016

Histoire
Le repos Saint-François d'Assise compte plus de 250 000 sépultures. (photo: Anne-Marie Tremblay)
Le repos Saint-François d’Assise compte plus de 250 000 sépultures. (photo: Anne-Marie Tremblay)

Le repos St-François d’Assise célèbre cette année son centième anniversaire.  Ce cimetière, considéré comme le deuxième plus important au Québec et qui figure parmi les plus imposants au Canada, est né dans Mercier-Est. Voyage dans le temps, de 1916 à 2016.

L’origine du repos Saint-François d’Assise remonte à 1724, précise Alain Chartier, consultant, expert en thanatologie et responsable de la programmation entourant le centième anniversaire du lieu. À cette époque, le cimetière était rattaché à la paroisse Saint-François-d’Assise de la Longue-Pointe, l’une des plus anciennes à Montréal. Celle-ci couvrait alors un immense territoire, s’étendant de la rue Viau jusqu’à Georges-V et du fleuve jusqu’au boulevard Henri-Bourrassa.

Au fil du temps se sont succédées cinq églises affiliées à cette paroisse, considérée comme l’une des plus anciennes à Montréal, poursuit-il. Si les deux premières ont été ravagées par les flammes, la troisième a été conçue comme un lieu de transition, en attendant la construction de la quatrième église, un immense bâtiment détruit pour laisser place au chantier de l’autoroute 25, en 1964.  La cinquième et dernière en lice, érigée au 700 rue Georges-Bizet, est toujours debout.

Boom démographique

Mais, au même moment où se construisaient ces lieux de culte, la population de l’est de Montréal grandissait. À tel point que les terrains de la paroisse Saint-François d’Assise de la Longue-Pointe n’ont plus suffi à la tâche. « Le cimetière était plein. Il a pu être relocalisé grâce au don de Nicolas Desautels, un propriétaire terrien qui a légué à la paroisse un immense terrain qui s’étendait du fleuve jusqu’au sud de l’actuelle l’autoroute 40 », raconte Alain Chartier.

Un lot qui s’étendait sur cinq kilomètres et où s’installera le nouveau cimetière en 1916, aujourd’hui encore propriété de la fabrique de la paroisse Saint-François d’Assise et de l’archevêché de Montréal. Plus de 5500 défunts sont alors exhumés de ces terrains dans Mercier-Est et enterrés dans ce nouveau lieu.

C’est la naissance du repos Saint-François d’Assise, alors baptisé Cimetière de l’Est. Encore aujourd’hui, cet immense terrain situé entre les métros Langelier et Radisson et s’étendant de la rue Sherbrooke jusqu’à Beaubien constitue un îlot vert de près de huit millions de pieds carrés, en plein cœur de l’est de l’île de Montréal.

Nouvelles mœurs, nouveau nom

Au cours du dernier siècle, l’administration a dû s’adapter aux nouveaux rituels entourant la mort, explique aussi Alain Chartier, lors d’une visite dans cet immense terrain, sous la lumière de l’automne. « Par exemple, en 1970, on comptait autour de 3% de personnes incinérées. Aujourd’hui dans le grand Montréal, cette proportion grimpe à 75% », explique le spécialiste.

Le Repos compte maintenant 11 mausolées qui offrent des cryptes en marbre et des espaces de columbariums. (photo: Anne-Marie Tremblay)

Le Repos compte maintenant 11 mausolées qui offrent des cryptes en marbre et des espaces de columbariums. (photo: Anne-Marie Tremblay)

En témoigne, entre autres, le changement de nom de l’endroit en 1986. À partir de cette date, le Cimetière de l’Est devient le repos Saint-François d’Assise. Une dénomination qui correspond mieux à la réalité, alors que les citoyens viennent du grand Montréal pour y célébrer la mémoire de leurs proches disparus. C’est aussi une façon de souligner le virage vers la modernité de l’institution. Ainsi, le cimetière offre maintenant non seulement des terrains pour y enterrer un cercueil ou une urne, mais aussi des mausolées, ces édifices vitrés où des cryptes de marbres s’empilent.

Ces immeubles offrent aussi un espace de columbarium, où des urnes sont installées derrière des vitres. « Les familles apprécient beaucoup ces espaces, puisqu’ils peuvent venir s’y recueillir beau temps, mauvais temps », explique Alain Chartier. Depuis les années 1980, onze mausolées ont été implantés sur le terrain du cimetière et d’autres seront construites.

« Nous avons la volonté d’offrir aux familles des services adaptés à leurs besoins, à leurs valeurs, tout en nous montrant sensibles à cette difficile épreuve que constitue le deuil pour les proches », ajoute-t-il. Aujourd’hui, le cimetière compte plus de 250 000 sépultures et reçoit encore, chaque année, plus de 3000 défunts.

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