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Briser l’isolement des aînés

Vie de quartier
Le Chez-Nous tente de briser l'isolement des aînés. (photo: Pexels)
Le Chez-Nous tente de briser l’isolement des aînés. (photo: Pexels)

Certains disent que cela prend un village pour élever un enfant. Peut-être faut-il aussi toute une communauté pour s’occuper de ses aînés vulnérables.

C’est du moins la philosophie sur laquelle repose le nouveau programme piloté par le Chez-Nous de Mercier-Est, qui essaie de rejoindre les aînés les plus isolés du quartier, ceux qui sont invisibles et qui, trop souvent, passent à travers les mailles du filet social.

« Nous sommes confrontés à une réalité que nous ne soupçonnions pas, surtout ici. On savait qu’il y a des poches de pauvreté, mais quand même », lance Léo Fortin, directeur général du Chez-Nous de Mercier-Est. Ce qui n’est pas peu dire, venant de celui qui a travaillé dans le domaine de la santé mentale, mais aussi en coopération internationale et auprès d’ex-détenus.

Interventions de proximité

Homme qui n’était pas sorti de chez lui depuis trois ans, aîné qui ne connaissait pas l’existence des culottes d’incontinence, ce qui lui a occasionné des plaies, personne ne se nourrissant que de purée ou ayant coupé tout contact avec sa famille, etc. La liste est longue. « Je dirais que 75 % des personnes que nous aidons vivent des problématiques de santé mentale avouées ou non, dont une grande majorité vivent avec une dépression », estime-t-il.

C’est donc pour rejoindre ces personnes isolées et vulnérables que le Chez-Nous a mis sur pied un nouveau programme d’intervention de proximité, en avril dernier. « Ce que nous souhaitons, c’est de reconstruire le pont entre ces aînés et leur communauté », précise Léo Fortin. Pour y arriver, l’organisme a embauché deux intervenants qui sillonnent les endroits fréquentés par les personnes âgées. Par exemple, ils tiennent ponctuellement kiosques dans certains lieux publics, comme le McDonald, l’Intermarché, la pharmacie, etc.

Mais toutes les sources sont bonnes pour cibler ces gens vulnérables, qui osent parfois à peine mettre le nez dehors. « Nous avons beaucoup d’aide de la part de plusieurs de nos partenaires qui connaissent bien le terrain, comme le SPVM ou encore l’attachée politique de Maka Kotto. Ils nous dirigent vers des aînés vulnérables qu’on n’aurait pas pu rejoindre autrement. » Les deux intervenants travaillent aussi avec le SPVM, avec qui ils font du porte-à-porte, par exemple.

Actions globales

C’est d’ailleurs le principe même de ce nouveau programme. Les deux intervenants du projet ne sont pas les seuls à agir auprès de cette clientèle. Au contraire. Leur travail constitue plutôt à identifier les aînés, à créer un lien de confiance avec eux, à cerner leurs besoins et à les orienter et les accompagner vers les bonnes ressources pour les aider.

Ainsi, ces personnes peuvent être intégrées aux différents services du Chez-Nous, par exemple l’entraide ou le dépannage alimentaire. Mais le projet compte aussi sur une multitude d’organismes partenaires pour prendre le relai, allant du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal pour les questions de santé, au SÉSAME pour l’alimentation, en passant par l’Étincelle de l’amitié, pour les personnes avec des problèmes de santé mentale, Tel-Aînés, pour briser l’isolement ou Info-Logis, pour les appuyer sur les questions de logement, etc.

Jusqu’à maintenant, 219 interventions ont été faites auprès de 32 aînés. « L’implantation de ce programme donne un souffle nouveau et puissant à la collaboration entre partenaires du quartier. Malgré l’incertitude des coupes budgétaires des uns et l’inquiétude des autres quant à leur survie même, tous sont sensibles à cette réalité mise à jour, indique Léo Fortin. Tous veulent contribuer à redonner une vie meilleure aux aînés du quartier dans le besoin et tous sont guidés par les valeurs essentielles de bienveillance et de solidarité sociale. »

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