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Ces taxes qui étouffent le commerce montréalais

Économie, Immobilier
(photo : www.pixabay.com)
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Des commerçants dénoncent les taxes municipales trop élevées et inéquitables, qui minent leur rentabilité.

Cette année, les propriétaires d’immeubles commerciaux subissent d’importantes hausses de taxes foncières, à cause de celle, marquée, de la valeur commerciale de leurs immeubles. Ces taxes sont inévitablement refilées à leurs locataires, les commerçants. En août, l’administration du maire Denis Coderre a publié un rapport recommandant un meilleur équilibre fiscal entre les secteurs résidentiel et commercial, à Montréal. Rapport qui fut accueilli favorablement par les commerçants, qui dénoncent, depuis des années, ce déséquilibre, qui favorise notamment l’exode des commerces vers la banlieue.

Mais en attendant que les recommandations soient mises en œuvre, de nombreux commerçants souffrent. Et dénoncent certaines iniquités.

« Dans certains quartiers de Montréal, les taxes, c’est vraiment un gros problème, commente Rémy Couture, propriétaire de Crémy Pâtisserie, sur l’avenue Mont-Royal. Sur le Plateau, elles sont les plus élevées à Montréal. Par exemple, mon loyer est composé de 30 % de taxes municipales. Pour certains commerçants, qui paient un loyer de 4000 $ par mois par exemple, la portion des taxes est de 1400 $. S’ajoutent la TPS et la TVQ. Ceux qui ont des terrasses paient d’autres taxes. C’est complètement capoté! Le secteur commercial n’en a pas pour son argent. »

M. Couture insiste : il ne veut pas se plaindre de la Ville de Montréal : « J’ai signé ce bail, je savais dans quoi je m’embarquais. Mais je m’inquiète pour l’avenir de mon quartier, de ma ville. »

Il n’est pas le seul commerçant à dénoncer cette situation. « Je n’en ai pas pour mon argent avec toutes ces taxes que je paie directement ou indirectement, commente un commerçant qui n’a pas voulu se nommer. Nous subventionnons le secteur résidentiel de manière éhontée. On se fait écœurer par une réglementation abusive. On est considéré comme une vache à lait alors qu’on bénéficie de très peu de services. Ça ne me dérange pas de payer pour les parcs, les bibliothèques, les terrains de jeux, ça fait le charme de ma ville. Mais j’ai l’impression qu’on me prend pour un con. »

Iniquités territoriales

« Il y a des injustices entre arrondissements, ajoute Rémy Couture. Mon commerce est situé dans une zone moins passante de l’avenue Mont-Royal. Pourtant, je paie le même taux de taxes que les commerces qui ont un achalandage plus élevé. Vous trouvez ça normal? Car ça affecte directement ma rentabilité. Et il y a des centaines de commerçants dans ma situation. »

Autre situation inéquitable : « Pourquoi commerçants et propriétaires de Pointe-aux-Trembles paient-ils des taxes moins élevées que dans les quartiers centraux, alors que certains services coûtent plus cher à administrer, comme l’enlèvement des ordures, le nettoyage et le déneigement des rues et des trottoirs? Dans ces quartiers, les terrains sont plus grands, les immeubles sont éloignés. Ils devraient payer davantage pour être situés dans un territoire moins dense que les quartiers centraux. »

Certains commerçants appliquent cette logique à la banlieue, où les valeurs foncières sont plus faibles qu’à Montréal. Une situation qui permet le développement de centres commerciaux de type Dix-30, avec d’immenses stationnements gratuits pour les clients.

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