Publicité

Des déchets qui voyageront d’ouest en est?

Environnement, Vie de quartier
Centre de compostage de l'Est
(photo: Arrondissement MHM)

L’est de Montréal pourrait-il hériter du traitement de toutes les matières organiques de l’île? Une question soulevée par le Collectif en environnement Mercier-Est lors de la séance du conseil d’arrondissement du 1er novembre dernier, alors qu’il qu’une certaine incertitude plane sur le projet de l’arrondissement LaSalle.

« Suite à la question d’un citoyen lors du conseil municipal du 27 septembre dernier, le conseiller Russell Copeman a révélé que la réserve foncière sur le terrain où devait s’installer l’usine de biométhanisation de l’arrondissement LaSalle n’avait pas été renouvelée », a indiqué Raymond Moquin, membre du collectif.

En effet, l’élu qui siège au conseil exécutif en tant que responsable de l’habitation, de l’urbanisme, de la gestion et de la planification immobilière et de l’Office de consultation publique de Montréal y a expliqué que « la réserve foncière est expirée et que les discussions sont difficiles avec le propriétaire actuel du terrain. » Le conseiller a également mentionné que la Ville examine actuellement des sites alternatifs qui répondent aux besoins et dont le prix demandé serait plus juste et approprié.

« Étant donné que l’agglomération de Montréal a dérogé par le passé au principe d’équité territoriale, en transférant dans l’est de Montréal le site de compostage initialement prévu sur le site du complexe environnemental de Saint-Michel, le Collectif en environnement Mercier-Est craint que cette deuxième usine prévue dans le Sud-ouest ne voit jamais le jour et que, conséquemment, la totalité des matières organiques soient traitées dans l’est de Montréal », a expliqué Raymond Moquin.

En effet, selon le plan initial, la Ville devait se doter de cinq installations pour traiter ses matières organiques, réparties équitablement à travers les différents secteurs de l’île. Toutefois, les plans ont changé et trois des cinq centres sont maintenant prévus dans l’est de Montréal, soit une usine de compostage (Rivière-des-Prairies), un centre de traitement par biométhanisation et un centre de prétraitement (Montréal-Est). Une concentration dénoncée par le Collectif à l’époque.

« En tant que maire de l’arrondissement et responsable de l’environnement, à la Ville de Montréal, pouvez-vous nous assurer que le site de LaSalle sera conservé comme emplacement pour la deuxième usine de biométhanisation, conformément au principe d’équité territoriale que vous et d’autres élus de l’est de Montréal avez défendu, et que les sommes prévues du PTI [Programme triennal d’immobilisation] 2017-2019 pour cette usine seront maintenues? », a questionné le citoyen de Mercier-Est.

« Je peux vous assurer que c’est l’intention de l’administration de livrer les équipements qui ont fait partie du plan de 2009, a répondu le maire Réal Ménard à ce sujet. Nous parlons au propriétaire du terrain, mais il y a des enjeux d’acquisitions. Il faut que le contribuable y trouve son compte. Mais il est toujours dans notre intention de livrer les équipements tels qu’ils ont été votés. »

Ces équipements devraient entrer en service de 2019 à 2024, et un budget de 113,8 M$ a été réservé pour leur conception et leur construction, lors de l’adoption du Programme triennal d’immobilisation [PTI] de 2017-2019, le 2 novembre dernier, par l’administration Coderre.

Consultation publique sur la cité de la logistique

Autre projet qui soulève bien des questionnements de la part des citoyens depuis plusieurs mois : celui de l’implantation d’un pôle logistique dans l’arrondissement. L’utilisation de millions de pieds carrés, situés dans Mercier-Ouest et dans Hochelaga-Maisonneuve, fait craindre le pire aux citoyens. L’arrondissement a toutefois annoncé la tenue d’une consultation publique à ce sujet, le 28 janvier prochain et piloté par l’Institut du Nouveau Monde.

Lors du conseil, plusieurs citoyens se sont montrés critiques quant au processus. D’autant que les citoyens se sont réunis et ont déposé, en octobre dernier, une demande en vertu du Droit à l’initiative en consultation publique, déposé au bureau du greffe.

L’arrondissement a également adopté un règlement « visant à interdire l’usage “activité de transbordement de conteneurs” dans la catégorie d’usages commerce de gros et entreposage [C.7] » sur l’ensemble de son territoire. « Cela permet d’empêcher l’installation de conteneurs à l’extérieur », a rappelé le maire.

D’autres encore se sont inquiétés du fait que certains entrepreneurs pourraient implanter des projets en tenant compte des normes actuelles, passant ainsi sous le radar et évitant de se conformer aux nouvelles règles qui seront édictées après la consultation publique. « Si le propriétaire d’un terrain venait à déposer demain matin un projet, comment sera-t-il évalué? Comment s’assurer qu’il permettra la création d’emplois locaux de qualité, à valeur ajoutée? »

Selon le maire Ménard, imposer un moratoire pour limiter le dépôt de projet dans ce secteur en attendant la consultation publique est impossible. « On ne peut pas à la fois réclamer une consultation publique et une réglementation », a-t-il lancé.

Vos commentaires
loading...