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Habitat III en quatre questions

Environnement, Immobilier
Jessie Pelchat s'est rendue à Quito, en Équateur, pour la conférence de l'ONU Habitat III. (Photo : courtoisie Jessie Pelchat)
Jessie Pelchat s’est rendue à Quito, en Équateur, pour la conférence de l’ONU Habitat III. (Photo : courtoisie Jessie Pelchat)

Agente de développement du territoire chez Solidarité Mercier-Est, Jessie Pelchat revient d’un périple à Quito, en Équateur. Du 17 au 20 octobre, elle a participé à Habitat III, conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable. Retour sur l’événement en quatre questions.

Dans quel contexte as-tu participé à cet événement?

Cela faisait longtemps que je m’intéressais à cette conférence internationale, qui a lieu tous les 20 ans seulement. La première édition remonte à 1976 et la seconde, à 1996. Je savais que pour mon travail, ce serait une expérience à vivre. J’ai donc obtenu une bourse de 1000 $ de la part des Offices jeunesse internationaux du Québec, qui invitaient les professionnels de l’urbanisme durable de 35 ans ou moins à poser leur candidature. Cela m’a permis de payer, entre autres, mon billet d’avion pour ce vol de huit heures, sans compter les escales.  Heureusement, j’avais de la lecture!

Même Montréal était représentée! (photo: courtoisie Jessie Pelchat)

Même Montréal était représentée! (photo: courtoisie Jessie Pelchat)

Quelle est l’importance de cette conférence de l’ONU?

Le premier matin, j’ai attendu trois heures seulement pour m’inscrire. Il y avait environ 45 000 personnes et plus de 200 événements, autant sur le site lui-même qu’ailleurs dans la ville. Mais l’objectif d’Habitat III, c’est aussi l’adoption d’un agenda urbain. Cet accord international dicte la mise en œuvre du développement urbain durable, en fixant les principes généraux et un plan stratégique pour les deux décennies à venir. Pour vous donner une idée de son ampleur, le nouvel agenda compte 175 articles. Cela touche une multitude de notions, allant de l’occupation de l’espace public, à l’importance de la gouvernance locale et régionale en passant par l’utilisation des technologies pour la planification urbaine et l’implantation de la ville intelligente.

Que rapportes-tu de cette expérience qui pourrait te servir dans Mercier-Est ?

Nous avons beaucoup abordé les questions de design urbain et d’occupation de l’espace public, que ce soit la rue, les parcs, les ruelles, etc. Des thèmes qui m’interpellent particulièrement dans mon travail, entre autres avec le projet de pôle culturel que nous pilotons. Ces notions abordent des concepts beaucoup plus larges, comme l’économie, la mobilité, la sécurité. La revitalisation commerciale d’Hochelaga et de des Ormeaux est un autre exemple de dossier qui touche cet aspect. En développant le commerce de proximité, on améliore la qualité de vie, on diminue l’utilisation de l’auto, on favorise la santé, etc. C’était intéressant de voir ces enjeux de différents points de vue, par exemple celui des Européens, qui ont l’habitude de marcher pour faire leurs courses, ou encore des Sud-Américains, qui n’ont pas du tout la même notion d’espace public, mais qui organisent souvent des marchés publics.

De façon plus informelle, il y avait aussi une grande consultation des citoyens sur l’utilisation d’une place publique de Quito. Des Autrichiens avaient construit une installation éphémère directement sur cet espace pour attirer l’attention des habitants. On ne pouvait pas la manquer. C’était vraiment original! Cela nous donne des idées à explorer dans Mercier-Est, alors qu’on travaille beaucoup sur la consultation et la participation des résidants du quartier.

Et en quoi ce sera utile pour ton travail?

Pendant l’événement, j’ai participé autant à des conférences internationales qu’à des séances de réseautage, qui se déroulaient dans différents endroits dans la ville. Les journées commençaient vers 8h le matin pour se terminer à 18h ou 19h. Si les grands événements sont impressionnants, j’ai trouvé très enrichissants les petits ateliers participatifs. Par exemple, lors de l’un d’entre eux, il y avait des gens de l’Italie, de la Norvège, de l’Australie, du Mexique, de l’Équateur, du Brésil juste dans mon petit groupe. C’était vraiment riche en échanges humains et professionnels, car c’était tous des gens qui font la même chose que moi. C’était aussi intéressant de constater qu’entre les pays développés comme le nôtre et ceux en développement, les enjeux restent sensiblement les mêmes. D’ailleurs, je rapporte un carnet de contacts bien garni de gens provenant de différents horizons et qui s’intéressent tous au développement urbain. Si je rencontre un problème particulier, je pourrai me tourner vers eux pour connaître leur point de vue.

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