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Mercier-Est s’engage pour le communautaire

Élus, Vie de quartier
La manifestation s'est arrêtée à la Maison des Familles, le 8 novembre dernier. (photo : Anne-Marie Tremblay)
La manifestation s’est arrêtée à la Maison des Familles, le 8 novembre dernier. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Une trentaine de personnes ont défilé dans les rues de Mercier-Est, le 8 novembre, pour réclamer la fin au sous-financement chronique du mouvement communautaire autonome et, du même coup, reconnaître l’importance de ces organismes dans la société.

Pendant près d’une heure, les manifestants ont sillonné les rues du quartier dans un parcours ayant débuté devant les locaux d’Info-Logis de l’est de Montréal, rue des Ormeaux, jusqu’à la Maison des familles de Mercier-Est, rue Georges-Bizet. Une activité qui s’inscrit dans la campagne « Engagez-vous pour le communautaire » portée par plus de 1000 des 4000 organismes communautaires autonomes du Québec et qui proposait une série d’actions à travers le Québec, les 7, 8 et 9 novembre.

« Nous nous portons à la défense des droits des citoyens, car nous croyons que nous faisons les frais des politiques gouvernementales, que ce soit les coupes répétées dans les services publics ou le financement anémique des organismes communautaires qui soutiennent les citoyens dans le besoin, que ce soit en santé, en défense des droits, les jeunes, les femmes, les familles ou dans les domaines comme l’alphabétisation », a lancé le directeur général du Chez-Nous de Mercier-Est, Léo Fortin, dans un discours livré aux manifestants rassemblés dans la cour de la Maison des Familles.

Il s’est fait porte-parole des revendications du mouvement national, rappelant l’importance d’accroître le financement des organismes. En effet, le regroupement réclame l’injection de 475 M$ supplémentaires par année pour soutenir les groupes communautaires autonomes. Si l’argent constitue bien sûr le nerf de la guerre, les demandes vont plus loin. Par exemple, ils réclament aussi le respect de leur autonomie, le réinvestissement massif dans les services publics et les programmes sociaux, ainsi qu’une meilleure reconnaissance de leur mission.

Un point primordial, ajoute Léo Fortin en aparté, puisque nombreux sont les organismes qui doivent redoubler d’efforts pour obtenir du budget, accordé par projet, plutôt qu’à la mission. Comme ce financement n’est pas récurrent, cela multiplie la paperasse. « On passe vraiment de longues heures à préparer des demandes de subventions. Du temps qui, surtout dans les petits organismes, n’est pas consacré à l’aide aux citoyens », explique Léo Fortin.

Coupes globales, conséquences locales

Émilie Auclair, directrice générale de Solidarité Mercier-Est, la table de concertation du quartier, a fait appel à la « mémoire collective » des citoyens et a affirmé que, depuis l’arrivée des Libéraux au pouvoir, plusieurs changements ont affecté le mouvement communautaire, les groupes sociaux et les services publics. « On n’a qu’à penser aux coupures en santé, à la réorganisation avec les CIUSSS, à la disparition de la CDEST et des Conférences régionales des élus, aux changements importants dans la mission des Carrefours jeunesse emploi, etc. ».

« Ce sont toujours les mêmes qui subissent les effets de l’austérité, a-t-elle enchaîné, et il y a urgence d’agir pour freiner cet effritement. Chaque année, les personnes les plus vulnérables subissent l’effet de ces coupes, perdent en dignité et dans leur capacité de faire des choix. » Des éléments dont il faudra se souvenir, lors des prochaines élections prévues en 2018, ajoute-t-elle.

« C’est un moment difficile et je pense qu’il faut sortir les Libéraux de Philippe Couillard le plus rapidement possible », a lancé le député fédéral Mario Beaulieu, également sur place. Si le financement des groupes communautaires se joue plutôt au provincial, il a profité de l’occasion pour décocher quelques flèches contre Justin Trudeau qui selon lui, donne d’une main ce qu’il reprend de l’autre.

Mario Beaulieu a aussi signé la lettre d’appui au mouvement. La veille, les représentants de la société civile étaient allés cogner chez leurs élus locaux pour obtenir leur soutien. Si la députée d’Anjou et ministre Lise Thériault n’était pas présente lors de cette visite, et n’a donc pas pu apposer sa signature au document, ils ont pu recueillir celle de Maka Kotto. Les deux élus de Projet Montréal de l’arrondissement, Laurence Lavigne-Lalonde et Éric Alan Caldwell, avaient aussi indiqué qu’ils appuyaient la cause, lors du conseil du 1er novembre dernier.

Dans la même foulée, plusieurs organismes du quartier se rendront aujourd’hui à la Place des festivals pour une grande manifestation nationale. Certains d’entre eux, comme la Maison des Familles, seront donc fermés pour la journée. D’autres organismes, comme le PITREM, Info-Femmes et l’ACEF de l’Est, participeront aussi.

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