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On emménage au nouvel asile Saint-Jean-de-Dieu (1 de 2)

Histoire
(photo : journal La Patrie - BAnQ)
(photo : journal La Patrie – BAnQ)

Le 13 avril 1901, la une du journal La Patrie est consacrée à l’emménagement des patients ainsi qu’à l’aménagement du nouvel asile Saint-Jean-de-Dieu, reconstruit après la tragédie du 6 mai 1890 qui détruit le complexe dans un brasier ardent.

Voici un premier extrait de cette édition du journal que j’ai déniché à la Bibliothèque et archives nationales du Québec :

Il y a eu beaucoup de remue-ménage, toute la semaine, à l’asile St-Jean de Dieu, et il en sera ainsi pendant un bon mois. En effet, on a commencé à emménager patient, meubles et effets dans les nouveaux édifices, qui sont situés à environ un mille des pavillons temporaires, qui avaient été construits après la pénible catastrophe de 1890.

Le nouvel asile est situé sur une éminence terre qui commande un joli panorama de tous les environs. Le déménagement se fait en tramway ce qui n’est pas banal du tout. Ce déménagement n’est pas une aussi mince affaire que pourraient le penser les inconstants locataires de nos faubourgs. Il ne faut pas oublier qu’il y a, à Saint-Jean-de-Dieu, près de deux mille personnes et, comme chacune à sont lit, vous comptez de suite le nombre de paillasses et d’oreillers.

Pourtant, tout ce fait dans un ordre parfait. La Révérende Sœur Supérieure préside à ce branle-bas général avec une aisance et une habileté parfaites. L’économie interne, si compliquée de cette vaste maison, n’a plus de secrets pour cette femme d’affaires, qui connaît son échiquier par cœur et administre tout en intendant supérieur.

Plus de cent malades sont déjà confortablement installés dans les nouveaux paillons.

Le nouvel asile de la Longue-Pointe est certainement le plus vaste édifice du Canada sans excepter même les plus grands établissements industriels. Les statistiques suivantes pour paraître fantastique n’en sont pas moins rigoureusement exactes.

« Plan d'ensemble des édifices Saint-Jean-de-Dieu, qui existe actuellement et où on transporte en ce moment les aliénés. » (source: journal La Patrie - BAnQ)

« Plan d’ensemble des édifices Saint-Jean-de-Dieu, qui existe actuellement et où on transporte en ce moment les aliénés. » (source : journal La Patrie – BAnQ)

On a employé dans la construction des divers pavillons 1, 900 000 pieds cubes de pierres de maçonnerie et 7, 500 000 briques. Pour le nivellement et le creusage des fondations, on a dû remuer 11 400 000 pieds cubes de terres. La superficie de terrain occupée par l’asile est de 8 arpents par 10, et celle couverte par les diverses constructions est de 600 000 pieds.

Les détails de subdivisions ne sont pas moins intéressants. Il y a 550 chambres, 26 salles de récréation, 26 dortoirs, 26 salles à manger, 60 chambres de bain, 93 cabinets d’aisances, 20 chambres pour les hospitalières, 26 chambres pour les médecins, 58 lingeries et 44 corridors. Trois de ses corridors ont chacun mille pieds de longueur.

Un autre détail qui ne manque pas d’être surprenant est celui des serrures qui sont au nombre de 2 000. Chacune de ces serrures à sa combinaison particulière, et cependant, 4 types différents de clef suffisent à ouvrir toutes les portes, armoires et cabinets.

Les travaux de construction furent décidés dès 1890, après l’incendie de l’édifice alors existant; mais ils ne purent être commencés avant avril 1897.

Ils furent menés très activement par M. H. Bergeron, architecte, sous l’habile direction de la révérende Sœur Saint-Charles, qui sut en toute circonstance communiquer son activité jusqu’aux plus modestes ouvriers.

Le zèle le plus louable, la charité la plus pure animaient cette femme d’élite dans l’accomplissement de cette belle œuvre de charité chrétienne. Le corps principal du nouvel asile est le pavillon de la cuisine, il forme un carré de 200 pieds de côté et est relié aux pavillons par des corridors. Au rez-de-chaussée se trouvent les caves. En pénétrant dans le premier étage, on se trouve dans une salle de 100 pieds de longueur par 80 pieds de largeur, c’est la cuisine. Elle comprend deux fourneaux économiques à trois foyers d’une longueur de 21 pieds par 3 de largeur et de 14 chaudières et d’autan de rôtisseur. Cette salle à 35 pieds de hauteur. Dans le plafond se trouve un ventilateur de 48 pouces de diamètre. Il a une capacité suffisante pour renouveler 31 800 pieds cubes d’air par minutes.

De chaque côté de la cuisine se trouve deux corps de bâtiment qui comprennent la boulangerie avec ces trois fourneaux qui peuvent cuire 200 pains par heures, la réserve pour la farine d’une capacité de 4000 sacs, le magasin aux viandes, les glacières, l’épicerie et la buanderie.

Suite la semaine prochaine.

 

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