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S’unir pour briser l’isolement

Vie de quartier
Solidarité Mercier-Est travaille sur un projet-pilote qui créera des ponts entre les différents intervenants du quartier et les citoyens isolés. (Photo : Pexels)
Solidarité Mercier-Est travaille sur un projet-pilote qui créera des ponts entre les différents intervenants du quartier et les citoyens isolés. (Photo : Pexels)

Certaines personnes vulnérables passent à travers les mailles du filet social et se retrouvent fin seules. Pour briser cet isolement, Solidarité Mercier-Est (SME) projette d’implanter un réseau de bornes interactives dans certains commerces, comme des bars, des restaurants ou des dépanneurs, pour créer un pont entre ces citoyens et les différentes ressources du quartier.

C’est l’une des stratégies pour « briser l’isolement de la population en créant un réseau de connexions entre les organismes communautaires, les ressources locales, les citoyens, les institutions, les commerçants », explique Émilie Poisson, agente de développement social à SME. Même s’il n’est qu’à l’étape de l’élaboration, ce projet a été adopté officiellement par les membres de Solidarité Mercier-Est, le 27 octobre dernier. Ainsi, la table de concertation a reçu le mandat de le concrétiser. Une demande de subvention a aussi été envoyée à Centraide.

C’est en s’inspirant du boulot des travailleurs de proximité de l’Antre-Jeunes, de la Maison des familles et du Chez-Nous de Mercier-Est que l’idée de s’installer dans certains commerces du quartier (tavernes, pharmacies, dépanneurs, etc.) est venue. Si les détails restent encore à peaufiner, les grandes lignes sont d’ores et déjà déterminées. « Nous cherchions une façon de rejoindre les gens sans les confronter, en nous rendant directement dans les lieux qu’ils fréquentent, sans être intrusifs », explique Émilie Auclair, directrice générale de Solidarité Mercier-Est.

D’où l’idée d’installer une série de bornes, que ce soit des tablettes, des ordinateurs ou d’autres appareils électroniques, chez différents commerçants de Mercier-Est. Des plates-formes qui serviront de portes d’entrée virtuelle vers les ressources locales. « Nous aimerions que les gens ayant des problèmes, des demandes ou des questions, puissent y inscrire leurs coordonnées. Ils seront ensuite contactés par les intervenants du quartier », précise Émilie Auclair.

L’interface pourrait aussi faire connaître les groupes communautaires ou même les projets se déroulant dans Mercier-Est. Les intervenants jonglent également avec l’idée d’intégrer un téléphone, pour rejoindre les aînés peu habiles avec les technologies ou encore les citoyens qui ne savent ni lire ni écrire. De plus, quatre secteurs où les indices de défavorisation sont particulièrement concentrés seront ciblés.

Chaîne virtuelle… et réelle

S’il se concrétise, ce projet-pilote ne sera pas uniquement virtuel, mais permettra plutôt de créer une grande chaîne d’entraide dans Mercier-Est. D’abord, dans chaque commerce, quelques travailleurs seront formés pour donner un coup de pouce aux citoyens voulant utiliser les bornes numériques. « On aimerait aussi que ces personnes ressources suggèrent aux résidants dans le besoin d’utiliser cet outil. Car souvent, ils sont témoin de la détresse et de l’isolement de certains de leurs clients, précise Émilie Auclair. Ils pourraient alors leur parler de l’outil, les accompagner, les aider à remplir le formulaire. »

Dans la même veine, une importante campagne de sensibilisation sera menée auprès des résidants. « Nous aimerions créer un réseau d’entraide autour de cet outil. Comme cela, si on croise quelqu’un qui a besoin d’aide, on peut lui parler du projet, l’amener à donner ses coordonnées, etc. », renchérit la directrice générale. À cela s’ajouterait une certification, à l’image de celle des établissements amis des enfants, pour qu’on sache en un coup d’œil qui fait partie du projet ou non.

Un projet-pilote qui permettra, espère-t-on, de joindre une clientèle vulnérable souvent laissée à elle-même actuellement, fait valoir Émilie Poisson. « C’est difficile de rejoindre certaines personnes qui peuvent avoir de grands besoins, mais qui ne sont pas ciblées par les programmes ou les organismes en place. Par exemple, rien ne s’adresse directement aux hommes seuls, sans enfants, de 35 à 55 ans. »

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