Publicité

Virage virtuel pour Terra mobilier éco-responsable

Économie
La boutique de Terra mobilier éco-responsable sera définitivement fermée pendant le mois de décembre. (photo : Anne-Marie Tremblay)
La boutique de Terra mobilier éco-responsable sera définitivement fermée pendant le mois de décembre. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Un peu plus d’un an après avoir ouvert Terra mobilier éco-responsable, au 2263, rue des Ormeaux, Ève Bertrand a décidé de fermer boutique. Toutefois, la résidante de Mercier-Est fera prendre un virage internet à son entreprise de recyclage écologique de meubles.

Alors que la clientèle du commerce est en augmentation, Ève Bertrand se voit contrainte de mettre une croix sur son magasin à cause de problèmes de santé. « J’ai réalisé que c’était beaucoup de stress de gérer tout cela, car il ne s’agit pas que de vendre », explique-t-elle. En effet, l’arrière-boutique était plutôt constituée d’un atelier pour donner une seconde vie à des meubles et autres accessoires usagés.

« En plus de les retaper, il faut les trouver, les transporter jusqu’ici, faire la comptabilité, les retenues à la source, etc. C’est vraiment beaucoup de responsabilités », raconte-t-elle. En plus de n’avoir aucune sécurité financière, ses ennuis de santé la forcent à ralentir. « J’ai aussi dû prendre un deuxième emploi à temps partiel dans une ébénisterie, pour me garantir une certaine stabilité », ajoute-t-elle.

Malgré tout, elle ne baisse pas les bras et ne laisse pas passer sa passion pour le recyclage de meubles pour autant. Si sa boutique ferme ses portes en décembre, la jeune femme prévoit utiliser les médias sociaux pour poursuivre ses affaires. « Depuis quelque temps déjà, je vendais seulement sur rendez-vous et faisais mes ventes virtuellement par Facebook, alors que j’ai maintenant près de 2100 mentions j’aime. » Elle mise donc sur cet outil pour l’avenir.

Un concept qui demeure

La jeune femme ne laissera pas non plus tomber la philosophie derrière le concept de Terra mobilier éco-responsable. « Quand j’ai décidé de me lancer, c’est que j’ai réalisé que d’une part, il y avait énormément de gaspillage et que, de l’autre, certaines personnes n’avaient même pas les moyens de s’acheter du mobilier. Ayant eu des enfants, j’avais besoin de me projeter dans l’avenir et de veiller sur les autres. »

Une table des années 1920 assortie de son dessus en bois de grange. (Photo : tirée de Facebook, Terra mobilier éco-responsable)

Une table des années 1920 remise au goût du jour avec un dessus en bois de grange. (Photo : tirée de Facebook, Terra mobilier éco-responsable)

Un constat qui a mené la trentenaire à sauver des meubles, souvent beaucoup plus solides que ceux d’aujourd’hui, pour leur donner une seconde vie. « Je peux donc offrir les mêmes prix que chez Ikea pour des meubles ayant une durée de vie beaucoup plus longue », indique-t-elle. De plus, Ève Bertrand a choisi d’utiliser les produits les moins toxiques possible pour redonner leur lustre à ces objets anciens. « J’essaie de trouver des alternatives écologiques aux produits habituels, comme des décapants à l’eau, par exemple. » Et elle en connait un bail sur le sujet, alors qu’elle a étudié en ébénisterie, en finition de meubles et en design de présentation.

Lors de notre passage en boutique, Ève Bertrand était justement en train de mettre la dernière main à une table pour une cliente qui mélangeait plusieurs genres. Comme celle des années 1920, dont la restauration était terminée. « J’ai conservé la base de métal, mais j’ai enlevé le formica et j’ai plutôt fabriqué un dessus de table avec du bois de grange. » Une des marques de commerce d’Ève Bertrand, qui n’hésite pas à jouer avec les couleurs, les styles et les années pour donner un coup de pep au mobilier.

C’est d’ailleurs sur le volet restauration que la jeune femme mise surtout pour ses ventes en ligne. « Je pense que je vais me concentrer sur les meubles que je trouve, que je recycle et que je revends ensuite, car c’est ce qui fonctionne le mieux. Au cours de la dernière année, j’ai aussi appris ce que les clients recherchent le plus, comme des tables de cuisine, des coffres, des patères d’entrée, etc. ».

Reste à déterminer si elle travaillera à temps plein ou non. « Je vais peut-être prendre une petite pause, le temps de bien m’organiser », explique celle qui est en démarche pour s’acheter une maison et y installer son atelier. « Mais une chose est sûre, je ne veux surtout pas avoir l’air de me plaindre, je ne veux pas me laisser abattre et je veux continuer d’avancer », lance-t-elle à plusieurs reprises pendant notre rencontre. En attendant, la jeune femme écoule virtuellement tous les objets qui se trouvent en boutique. Les gens intéressés peuvent prendre rendez-vous avec la propriétaire pour se les procurer, avant la fermeture officielle.

Vos commentaires
loading...