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Assemblée des citoyens de la Longue-Pointe contre le Terminal (1 de 3)

Histoire
« Les hostilités reprennent entre le Terminal et la Street Railway. » (Source: Capture d'écran, journal La Patrie, BaNQ)
« Les hostilités reprennent entre le Terminal et la Street Railway. » (Source: Capture d’écran, journal La Patrie, BaNQ)

La semaine dernière, je vous rapportais que les travaux de construction du terminal de tramway avançaient à la Longue-Pointe en 1902, mais aussi que le premier véhicule ne circulerait pas sur la voie avant 1905.

Il faut dire aussi que l’aménagement de cette nouvelle voie de transport ne faisait pas que des heureux. Voici ce que j’ai trouvé à ce sujet, dans le journal La Patrie du 13 avril 1903 :

Assemblée des citoyens de la Longue-Pointe contre le Terminal

La construction prochaine d’une voie de tramway électrique à la Longue-Pointe et à Beaurivage émeut considérablement la population de ces paroisses, et à ce propos eut lieu, samedi soir, à la Longue-Pointe, une assemblée intéressante. L’hon. M. L. O. Taillon, l’hon. P. E. Leblanc, M. J. Décarie et M. J. Quin (ce dernier est un propriétaire de Longue-Pointe), prononcèrent des discours où la compagnie du Terminal se fit débiner pour son argent.

Assistaient en outre à cette assemblée :

De la Longue-Pointe et Beaurivage :

Bernard Galibert, Joseph Vinet, maire; Paul Galibert, Harold Hampson, Ald. Amiot, William Hall, Georges Hogg, William Lenny, Albert Cleary, Thomas Morgan, James Lonergan, Gustave Vinet, John McVey, Damasse Dufresne, Hor. Lapointe, Pierre Bernard, Nap. Bleau, Jos Bernard, Charles Messe, James Fletcher, Pierre Tétreault, John Tiffin, Georges Tiffin, et autres.

Les orateurs ont soulevé les points suivants :

En 1900, la paroisse de la Longue-Pointe et la Municipalité de Beaurivage ont obtenu l’autorisation de traiter avec une compagnie quelconque pour s’assurer les services d’une ligne de tramways électrique jusqu’à Montréal.

Dans le bill qu’accorda à ces paroisses la législature de Québec, se trouvait une clause par laquelle la Montréal Terminal Co, avait préférence des requérants.

Ceci se passait en mars 1900. En juillet de la même année, les deux municipalités intéressées demandèrent à M. Mullarkey à quelles conditions il devait consentir à construire une ligne de tramway à la Longue-Pointe et à Beaurivage. M. Mullarkey répondit que les municipalités consentaient à assurer à la compagnie du Terminal, en vertu de l’autorisation conférée par la charte de la compagnie, une exemption de taxes de trente ans, ainsi que les droits de passage : la compagnie s’engagerait à construire la voie électrique désirée, durant l’année suivant l’octroi de ces privilèges.

Les municipalités refusèrent conséquemment de faire à leur tour des propositions à la compagnie du Terminal. Les pourparlers trainèrent cependant jusqu’au-delà de juillet 1902, qui avait été fixé comme limite au droit du Terminal de s’établir en ces paroisses.

La Longue-Pointe et Beaurivage s’adressèrent alors à la compagnie du Parc et de l’Île, en août dernier, ces municipalités adoptaient un règlement arrêtant les conditions de la construction d’une voie électrique, par la compagnie du Parc et de l’Île.

Les terrains commencèrent à s’exproprier et à la fin du mois dernier, c’est-à-dire en mars, la compagnie du Parc et de l’Île commença ses travaux de construction.

La compagnie du Terminal reparaît à ce moment pour opposer un bref d’injonction aux travaux de la compagnie du Parc et de l’Île, et pour demander à la législature de Québec que soit prolongé la durée du privilège du Terminal à la Longue-Pointe et à Beaurivage. Le bill du Terminal demandant ce prolongement de la durée de ses privilèges, bill actuellement devant la législature, contient entre autres, la clause suivante :

« Les pouvoirs de la compagnie en ce qui concerne son chemin de fer, entre Montréal et Joliette, et en ce qui concerne ses propriétés au terminus, à Montréal, pourront être exercés sur toute propriété acquise par la compagnie ou autre propriété aux biens de la compagnie. »

Les orateurs voient de la perfidie dans cette clause et mettent en garde la population des municipalités intéressées.

Bref, l’assemblée adopte la résolution suivante, qui est le résultat officiel de la réunion des citoyens de la Longue-Pointe et de Beaurivage :

« Cette assemblée après les explications qui lui ont donnés sur le bill No : 134, intitulé “Loi amendant la charte de la compagnie de fer Châteauguay & Northern” est d’opinion.

Que l’article 1c, de ce bill a été intentionnellement rédigé de manière à en diminuer l’objet, et que la seule interprétation que l’on puisse lui donner est qu’il menace le droit de propriété spécialement dans les localités ou ladite compagnie a déjà construit un tramway;

Que le temps acquis à ladite compagnie pour compléter son chemin de fer a expiré le douze janvier 1902;

Qu’il est à craindre que si le bill No : 134 passe tel qu’il est, ladite compagnie ne s’en serve pour empêcher l’établissement d’un tramway dans cette paroisse en vertu des arrangements faits, l’été dernier, par les conseils municipaux de la paroisse et du village de la Longue-Pointe;

Que l’article relatif aux droits des personnes qui ont été expropriées par ladite compagnie pour un chemin de fer est insuffisant, en tant qu’il n’indique pas la procédure à suivre pour faire valoir ses droits; qu’il soit en conséquence résolu de soumettre ces observations aux deux chambres de la législature, avec prière de modifier le bill de manière (a) que l’on puisse connaître l’objet de l’article premier, (b) que les arrangements faits par les conseils municipaux de la paroisse et du village soient respectés, et (c) que si les terrains acquis par ladite compagnie pour l’établissement d’un chemin de fer à vapeur, les procédures à suivre pour déterminer l’indemnité additionnelle soient celles réglées par l’article 5164 des Statuts Refondus de Québec.

Signé,

Louis Caty, maire

William Sinnamon “président conjoint”

G. Hétu, secrétaire. »

 

La suite à lire la semaine prochaine.

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