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Assemblée des citoyens de la Longue-Pointe contre le Terminal (2 de 3)

Histoire
(Photo : BaNQ - Lovell, plans et cartes)
(Photo : BaNQ – Lovell, plans et cartes)

En avril 1903, des citoyens de la Longue-Pointe tiennent une assemblée contre le projet de construction d’une voie de tramway électrique à la Longue-Pointe et à Beaurivage.

Une clause dans le contrat, menaçant le droit de propriété dans les localités où la compagnie le Terminal a déjà construit un tramway, inquiète particulièrement les gens de la paroisse.

Dans l’édition du 13 avril 1903 du Journal La Patrie, un certain M. Mullarkey livre sa version des faits suite à la tenue de l’assemblée. Voici ce qui avait été rapporté à l’époque :

Version de M. Mullarkey

Nous avons demandé ce matin à M. Mullarkey sa version des faits mis à jour par l’assemblée des citoyens de la Longue-Pointe et de Beaurivage, samedi soir. Le gérant de la Compagnie du Terminal, qui se trouve en même temps l’administrateur de la Compagnie du Chemin de fer Châteauguay & Northern.

« Ce soulèvement de la paroisse de la Longue-Pointe et du village de Beaurivage est provoqué par les dévoués serviteurs de la compagnie des Tramways de Montréal, par les honorables MM. Taillon et LeBlanc qui voient le bill du Terminal à la veille d’être ratifié par la législature, et qui cherchent des prétextes pour faire voter contre notre projet, certains membres du Conseil Législatif devant lequel notre bill attend sa troisième lecture.

Mais il est probablement trop tard. Si la population de la Longue-Pointe et de Beaurivage avait réels griefs, elle n’aurait pas attendu à cet instant suprême pour les faire valoir. Ces protestations de désespérés dénotent vraiment trop de mauvaise foi.

Tout le bruit vient de quelques propriétaires désireux de spéculer, comme notamment M. J. Quinn qui ne demeure seulement pas à la Longue-Pointe, non plus qu’à Beaurivage. La population n’est pas hostile à notre projet, au contraire.

Mais j’ai trop confiance en l’intégrité des honorables membres du Conseil Législatif pour craindre que dans le but de plaire à quelques amis politiques, nos législateurs mettent en péril le projet de construction de tout ce chemin de fer entre Joliette et Montréal, ainsi que le pont, d’un mille de longueur qui doit relier Charlemagne au Bout de l’Île, à l’usage absolument gratuit des voitures et des piétons.

Je déclare en outre que nous avons tous le droit de demander des privilèges pour favoriser notre industrie à la Longue-Pointe et à Beaurivage.

1 — D’abord, la section 5 du chapitre 61 du Statut Victoria 65, de 1900, permet à la municipalité de la Longue-Pointe, ainsi qu’à celle de Beaurivage, de traiter avec nous pour l’établissement d’une voie de tramways électriques, et l’autorise aussi à s’adresser à une autre compagnie du moment que nous n’aurons point accepté les conditions de ces dites municipalités. Or, nous avons attendu les conditions de ces municipalités, nous les attendons encore; nous les avons réclamées; nous avons protesté; nous sommes d’ores et déjà à commencer nos travaux de construction; mais encore faut-il que les municipalités en question nous imposent leurs conditions.

2 — La compagnie du Terminal, ainsi que la compagnie de Châteauguay & Northern a passé avec les directeurs de la compagnie du Parc et de l’Île un arrangement qui empêche cette compagnie du Parc et de l’Île, ou ses successeurs, c’est-à-dire, la Compagnie des Tramways de Montréal, de prétendre s’installer à la Longue-Pointe.

3 — Malgré cet arrangement explicite, la Compagnie des Tramways de Montréal a réussi à obtenir des municipalités intéressées une concession de privilèges de trente années.

4 — Les avocats qui vont prendre les intérêts de la Compagnie des Tramways de Montréal à la Longue-Pointe manquent de bonne foi en ce que, citant l’article 1 de notre bill actuellement devant la législature, ils ne citent point l’article 4 suivant, qui complète le sens de l’article 1 :

Rien du contenu du présent acte n’empêche ceux dont les propriétés ont été expropriées pour un tramway électrique, de réclamer des dommages, selon la loi, s’il y en a, dans le cas ou tout autre pouvoir que l’électricité servirait à mettre en opération le tramway de la compagnie à travers lesdites propriétés.

Enfin, il ne serait pas trop injuste qu’après avoir dépensé des montants inouïs à relier Montréal aux différentes paroisses de l’Est de la ville, après avoir outillé une ligne de tramway électrique; après avoir, à force de travail et de dépenses, acquis des droits sur tout ce parcours, la compagnie du Terminal soit ligotée par la Législature maintenant qu’est mûre la moisson qu’elle a semé.

Voilà où en est toute cette affaire, M. Wauklyn m’a promis de faire tout ce qu’il lui serait possible pour écraser le Terminal. Il fait ce qu’il peut. Il est payé pour cela. Mais nos législateurs sont plus libres. Ils se rendront compte d’où viennent les protestations avant de les écouter. »

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