Publicité

Bilan des travaux autour de l’A25 : les deux côtés de la médaille

Transport
(photo : courtoisie Daniel Chartier)
(photo : courtoisie Daniel Chartier)

La situation sera encore plus délicate pour les résidants près de l’autoroute 25 en 2017, alors que les chantiers s’intensifieront et se dérouleront encore plus près des maisons, notamment sur la desserte nord de l’autoroute.

« D’ici la fin décembre, nous allons fermer le chantier pour une pause hivernale qui sera courte, puisqu’on vise à relancer les travaux en février 2017. On prévoit la fin des travaux autoroutiers durant cette année, alors que 2018 sera consacré à la clôture du chantier, avec des travaux moins lourds, comme le verdissement, la plantation d’arbres et l’asphaltage », a indiqué Alexandre Debs, chef des services professionnels — Tunnels et autoroutes métropolitaines, au ministère des Transports du Québec (MTQ), lors d’une assemblée publique d’information qui s’est déroulée le 30 novembre dernier.

Du coup, il a remercié les citoyens de leur patience, tout en les avertissant qu’il restait encore d’importantes étapes à venir qui pourraient les affecter, comme le réaménagement de la rue Curatteau. Des travaux qui seront encore plus près des résidences. « Mais nous allons multiplier les efforts pour minimiser l’impact au maximum », a-t-il indiqué. D’ailleurs, le MTQ a déjà mis en place certaines mesures, entre autres au niveau du bruit. « L’entrepreneur doit se conformer à un maximum de bruit autorisé, si bien qu’il doit mettre en place des mesures d’atténuation pour respecter ces normes », a indiqué Line Gamache, ingénieure en acoustique au MTQ.

Cinq stations de mesure du bruit ont été installées aux abords du chantier. Au total, 904 dépassements de deux décibels et plus y ont été enregistrés, a-t-elle précisé. « Mais ce n’est pas toujours à cause du chantier. Les stations de mesures captent autant les orages que les bruits de circulation ou de l’équipement utilisé par la ville pour tondre le gazon. » Pour en comprendre la cause réelle, lorsque le niveau dépasse celui prescrit, une photo et un enregistrement sonore sont pris. Ainsi, le chantier comme tel est responsable de 38 % des dépassements de 10 décibels et plus.

Toutefois, le détournement des voitures à cause des travaux peut causer des nuisances, a rappelé une citoyenne. En effet, pendant les travaux, tout le trafic passait devant sa maison, rue Curatteau. Et plusieurs ne respectaient pas les limites de vitesse, de 50 km/h. « Cela nous a tenus réveillés plusieurs nuits, à cause du bruit. Pourquoi, dans ces cas-là, ne pas mettre un agent de la circulation pour surveiller? » Line Gamache a indiqué qu’elle vérifierait s’il serait possible de limiter la vitesse à 30 km/h, comme si c’était une zone de travaux.

Étude d’impact sur la circulation

À terme, l’impact des changements de configuration sur la circulation devrait être assez minime, a indiqué Daniel Beaulieu, ingénieur chargé de planification (circulation) à la Ville de Montréal. Par exemple, la fermeture de certaines voies d’accès à l’autoroute, notamment sur Curatteau, permettra de faire passer cette rue à une voie de circulation locale uniquement. Les voitures détournées sillonneront à travers les différentes artères du quartier. Selon les projections, cela ne représentera que 50 véhicules à l’heure de plus sur la rue Honoré-Beaugrand le matin, et 90 le soir. Un impact somme toute modeste, a ajouté le fonctionnaire.

Une donnée qui en a fait sourciller plusieurs. « Comment se fait-il que vous n’ayez pas pris en compte les autobus dans votre calcul, alors qu’ils sont très nombreux à parcourir la rue Honoré-Beaugrand? », a demandé une citoyenne. Le fonctionnaire a indiqué ne pas avoir réussi à obtenir de confirmation de la part de la STM quant à ces données à temps pour la présentation. Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, qui assistait à la rencontre, a pour sa part indiqué que la STM était en train d’étudier deux scénarios pour détourner une partie des autobus de ce secteur. « Mais nous sommes sur la fin de la ligne de métro, ce qui ne changera pas. Toutefois, le statu quo est inacceptable et nous devrions avoir plus d’informations à ce sujet en 2017 », a-t-il précisé au micro.

La question des pistes cyclables est également revenue sur le tapis. « C’est difficile de croire qu’avec les millions que vous investissez ici, il n’est pas possible de dépenser quelques milliers de dollars supplémentaires pour améliorer le transport actif », a indiqué un citoyen. Il a demandé à ce que la piste cyclable prévue au projet relie Notre-Dame jusqu’à Sherbrooke. Un scénario possible, a répondu Daniel Beaulieu. Il a aussi indiqué qu’il ferait pression pour que soit revue la configuration autour de la rue Sherbrooke, jugée dangereuse pour les cyclistes par plusieurs.

Problème de synchronisation des feux de circulation, non-respect des interdictions de camionnage et plusieurs autres problèmes ont été soulevés lors de la rencontre, qui a duré plus de trois heures. Daniel Dagenais, vice-président aux opérations au Port de Montréal, était aussi présent. Il a rappelé que l’un des objectifs de ce chantier, c’est de limiter la circulation de camions dans les quartiers adjacents au Port. La nouvelle configuration devrait donc permettre d’éviter cela en créant un accès plus direct pour les camions entre l’autoroute et les installations portuaires.

En savoir plus
Des travaux majeurs au pont-tunnel LH Lafontaine, rêve ou cauchemar autoroutier, une lettre de Daniel Chartier
Marche exploratoire pour le projet d’optimisation de l’A25

Vos commentaires
loading...