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Le partage en cadeau

Vie de quartier
Nicole Ouellette, coordonnatrice du Magasin-Partage de Noël et Gilles Blanchette, président de la Société de Saint-Vincent de Paul (Saint-François-d'Assise). (Photo : Anne-Marie Tremblay)
Nicole Ouellette, coordonnatrice du Magasin-Partage de Noël et Gilles Blanchette, président de la Société de Saint-Vincent de Paul (Saint-François-d’Assise). (Photo : Anne-Marie Tremblay)

Plus d’une trentaine de bénévoles sont à pied d’œuvre pour mener à bien l’opération Magasin-Partage de Noël, qui se déroule au sous-sol de l’église Saint-François-d’Assise jusqu’à vendredi. Familles et personnes seules peuvent donc y faire provision de denrées, de gâteries et de petits cadeaux, pour une fraction du prix.

L’effervescence était à son comble, lors de l’ouverture du magasin-partage, le 14 décembre dernier. Alors que les bénévoles d’à la bonne franquette s’affairaient en cuisine pour concocter un repas destiné à l’équipe du magasin-partage, des dizaines de personnes sillonnaient les allées de ce magasin temporaire installé au sous-sol de l’église Saint-François-d’Assise.

Au menu, des aliments de base comme des carottes, des pâtes ou des patates, mais aussi le choix entre un poulet ou un jambon, des tourtières, des bûches de Noël et d’autres douceurs. « Pour la plupart des produits, il faut débourser 10% du prix. Le budget total est déterminé selon le nombre de personnes qui composent le ménage. Mais nous offrons également certains produits gratuitement », explique Nicole Ouellette, responsable des activités et coordonnatrice du magasin-partage qui couvre les secteurs Saint-François-d’Assise et Saint-Victor. Des gâteries comme des truffes au chocolat, de petits sacs de bonbons, des peluches, des livres, des foulards et des mitaines, étaient aussi distribués.

Travail d’équipe

« C’est une grosse opération qui a commencé dès lundi, alors que nous avons déchargé les commandes des camions et installé les comptoirs », explique Nicole Ouellette. Pendant l’entrevue, elle répond à plusieurs questions de bénévoles, règle des problèmes, dénoue des situations délicates… « C’est beaucoup de travail, sans compter les quatre jours d’inscription. Ce ne serait pas possible sans notre équipe de bénévoles hors pair », lance-t-elle.

Il faut dire qu’avec 425 ménages inscrits, le magasin-partage de Mercier-Est figure parmi les plus imposants des 17 points de services que compte Montréal, ajoute la responsable. Au total, ce sont donc des centaines de personnes qui sont attendues pour venir remplir leur panier en prévision des fêtes, durant les trois jours que dure l’opération. Un nombre qui grimpe d’année en année, estime celle qui coordonne les activités du magasin-partage depuis une dizaine d’années déjà. « Par exemple, nous avons au moins soixante ménages de plus que l’année passée », ajoute-t-elle.

Un constat que partage Gilles Blanchette, responsable de la Société de Saint-Vincent de Paul secteur Saint-François-d’Assise, venu donné un coup de pouce à l’équipe. Plus précisément, le territoire couvert par cet organisme s’étend de Haig à Geoges-V et du fleuve au chemin de fer. « Chaque mois, nous recevons en moyenne 112 demandes de dépannage alimentaire, alors qu’il y a quatre ans, cela tournait plutôt autour de 85 par mois », estime-t-il. Une organisation indépendante du magasin-partage, même si les deux travaillent en collaboration en plus d’avoir le même objectif : soulager la faim.

Quand pauvreté rime avec solitude

S’il est difficile d’expliquer les causes –multiples – de cette précarité, les deux intervenants voient défiler beaucoup de gens qui ont perdu leurs emplois. « L’augmentation des coûts n’aide pas non plus les personnes qui ont un budget serré », ajoute Nicole Ouellette. Les personnes seules sont également particulièrement vulnérables. D’ailleurs, selon les données compilées par Gilles Blanchette, ils représenteraient 60% des demandeurs de dépannage alimentaire.

Plusieurs se trouvent également aux prises dans la spirale de l’insécurité alimentaire, constate Nicole Ouellette. Par exemple, certaines personnes se voient contraintes de faire leurs courses au dépanneur du coin, malgré les prix élevés, parce qu’on leur fait crédit. Un cercle vicieux : ils doivent rembourser lorsqu’ils reçoivent leurs chèques d’aide sociale ou de pension et n’ont donc plus d’argent ensuite. Ce qui les oblige à emprunter de nouveau. Un cycle difficile à briser.

Une réalité qui témoigne du fait que le quartier est considéré comme un désert alimentaire. En effet, selon les données de Solidarité Mercier-Est (SME), ce serait le quart des citoyens du secteur qui vivraient de l’insécurité alimentaire. Certains coins, par exemple Saint-Victor, sont plus affectés que d’autres. « En plus, ce n’est pas simple de se déplacer pour faire son épicerie en autobus », ajoute Nicole Ouellette.

Le Magasin-Partage de Mercier-Est fait partie du Regroupement Partage, qui compte 17 points de services à Montréal. En 2015, 5500 ménages avaient pu bénéficier de cette aide, grâce aux 263 M$ recueillis en dons.

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