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5000 signatures pour MHM jusque dans Mercier-Est

Économie, Transport
Certains citoyens craignent que la Cité de la logistique entraîne une augmentation de la circulation dans Mercier-Est ou tout près du quartier. (photo : courtoisie Daniel Chartier)
Certains citoyens craignent que la Cité de la logistique entraîne une augmentation de la circulation dans Mercier-Est ou tout près du quartier. (photo : courtoisie Daniel Chartier)

Même si le projet se trouve à la limite de Mercier-Est, la contestation entourant la Cité de la logistique s’organise aussi dans le quartier.

À la veille de la consultation publique menée par l’arrondissement, prévue le 28 janvier et pilotée par l’Institut du Nouveau Monde (INM), citoyens et commerçants mettent la main à la pâte pour récolter les 5000 signatures dont ils ont besoin pour obtenir une consultation plus poussée sur le sujet.

Une consultation plus longue réclamée

Dans un communiqué publié le 13 janvier, le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, invitait tous les citoyens et tous les acteurs concernés à s’inscrire à la consultation sur la future Cité de la logistique. M. Ménard indiquait que cette démarche de consultation citoyenne vise à informer la population sur les enjeux liés au redéveloppement du secteur, situé au sud du boulevard de l’Assomption, entre l’avenue Souligny et le Port de Montréal, l’autoroute 25 et les résidences du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Or, plusieurs citoyens sont inquiets, qualifiant même la consultation « d’opération de relation publique visant à légitimer le projet ». Appuyés dans leur démarche par la conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, ils ont déposé en décembre dernier, une demande de droit d’initiative en consultation sur ce dossier. Pour avoir une consultation en bonne et due forme, ils doivent recueillir 5000 signatures de résidants de l’arrondissement, d’ici le 20 mars prochain.

« L’exercice que propose le maire s’apparente plus à une séance d’information. Ce que nous voulons, c’est une consultation qui dure plus longtemps, avec une séance pour présenter le projet, un moment de réflexion, une période de présentation de mémoire, etc. Nous aimerions aussi que le processus soit mené par un organisme indépendant, comme l’Office de consultation publique de Montréal », précise Patricia Clermont, membre du groupe 5000 signatures pour MHM. De plus, pour cette citoyenne, très impliquée dans Hochelaga-Maisonneuve et membre de Projet Montréal, laisser seulement trois jours pour le dépôt des mémoires est un délai trop court.

Mercier-Est s’organise

Même s’il se situe en dehors des frontières de Mercier-Est, le dossier touche tout l’arrondissement, explique Patricia Clermont. En effet, le projet propose de développer les terrains actuellement inoccupés pour accueillir des entreprises en lien avec le transport des marchandises et la logistique. Cet endroit a été sélectionné à cause de sa proximité avec le Port de Montréal, le chemin de fer et les différents liens autoroutiers.

Ainsi, les impacts de bruit, de camionnage et de pollution dépasseront les simples frontières du projet et pourraient aussi toucher Mercier-Est, principal voisin du projet, s’inquiète-t-on. « La principale entrée du Port (2500 camions) et une sortie majeure (500 camions) se font sur la frontière immédiate du quartier. Les impacts d’une telle circulation seront très importants, avec les possibilités de débordements polluants et dérangeants sur le réseau artériel de Mercier-Est », indique Daniel Chartier. Ce citoyen participera à la rencontre de l’arrondissement. Mais il a aussi signé la pétition, car il voit d’un bon œil l’idée d’une consultation menée par l’OCPM.

« Nous nous questionnons sur les impacts sur le quartier, sur le camionnage que ça engendrera, l’augmentation de la circulation automobile aussi, la pollution, ainsi que l’utilisation de la voie ferrée sur Souligny, indique pour sa part Suzie Miron, citoyenne impliquée dans le quartier, notamment via le Collectif en environnement Merciers-Est. Selon elle, on développe tout le secteur au profit du Port, morceau par morceau. « Il faut rester vigilants, car notre quartier, enclavé, a déjà beaucoup souffert et souffre encore, des décisions prises sans consultation et acceptation sociale, comme ça se dessine encore », ajoute celle qui est également membre de Projet Montréal.

Séance d’information 

A l’heure actuelle, la pétition, qui a permis de récolter 1500 des 5000 signatures, commence à circuler dans Mercier-Est. Un petit nombre de bénévoles, comme Suzie Miron, sont à pied d’œuvre, notamment dans le secteur de la rue Souligny. De plus, selon les informations disponibles sur la page Facebook de la mobilisation citoyenne, la pétition est également accessible chez certains commerçants, comme la Boucherie AAA (3244, rue des Ormeaux) et le Studio Renaissance (7955, rue Hochelaga).

Le groupe de mobilisation invite aussi les citoyens à une rencontre, le lundi 30 janvier prochain à 19h, au sous-sol de l’église Saint-François-d’Assise. Ils pourront ainsi discuter des différents enjeux concernant le dossier et avoir une copie de la pétition à faire circuler. « Nous serons également présents lors de la consultation organisée par le maire, car c’est important pour nous d’avoir tous les détails en main. Nous ne remettons pas en question la bonne foi des intervenants, mais le lien de confiance a été fragilisé. Il y a trop de boîtes noires, de zones d’ombres, qu’il faut éclairer pour se faire une meilleure idée de la situation », ajoute Patricia Clermont.

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