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La relocalisation de l’école Saint-François-d’Assise soulève des questions

Éducation
Plusieurs parents s'étaient déplacés pour la rencontre d'information sur la relocalisation temporaire de l'école Saint-François-d'Assise. Des représentants de la CSDM ainsi que de la direction de l’école étaient alors réunis. (Photo: Anne-Marie Tremblay)
Plusieurs parents s’étaient déplacés pour la rencontre d’information sur la relocalisation temporaire de l’école Saint-François-d’Assise. Des représentants de la CSDM ainsi que de la direction de l’école étaient alors réunis. (Photo: Anne-Marie Tremblay)

Plusieurs parents sont restés sur leur faim à la suite de la rencontre d’information sur la relocalisation de l’école Saint-François-d’Assise, qui s’est déroulée le 19 janvier dernier.

Comme nous l’avions annoncé en exclusivité, tous les élèves de l’école ainsi que son service de garde s’installeront temporairement au Centre Tétreaultville. Une relocalisation qui sera effective dès la rentrée 2017 et qui devrait durer deux ans. « Avec le chantier d’agrandissement qui s’en vient, c’était une solution intéressante pour éviter les problèmes. Juste au point de vue pédagogique, les enseignants pourront enseigner en évitant les nuisances en lien avec les travaux, comme le bruit, la poussière, etc. », a expliqué la directrice de Saint-François-d’Assise, Lynn Mullins, devant les nombreux parents qui s’étaient déplacés au Centre Tétreaultville pour l’occasion.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel-Bourdon, la commissaire scolaire de Mercier, Émilie Auclair, et quelques employés de la commission scolaire étaient aussi sur place pour présenter la situation et répondre aux questions des parents. D’emblée, on a annoncé que les enfants qui retournaient à la maison le midi auraient droit au service de surveillance du dîner gratuit. Une façon de ne pas alourdir le fardeau de certaines familles qui composent avec un budget serré. En effet, selon les données compilées par le Comité de gestion de la taxe scolaire, l’école Saint-François-d’Assise est considérée comme la plus défavorisée du quartier, même si cet indice s’améliore d’année en année.

Du transport… selon la distance

La question du transport scolaire est aussi revenue régulièrement sur le tapis. Même s’il s’agit d’une délocalisation, c’est la politique de transport de la CSDM qui s’applique. Ainsi, les élèves de maternelle, de première et de deuxième année auront droit au service d’autobus s’ils vivent à plus de 1000 mètres de l’école. Les autres pourront embarquer si la distance entre leur domicile et leur école dépasse 1600 mètres, a expliqué Sylvain Sénécal, coordonnateur du Secteur du transport scolaire à la commission scolaire. Une bonification à la politique actuelle, qui n’inclut pas le transport des élèves de 5e et 6e année.

Bien souvent, lorsqu’une école se trouve délocalisée dans un autre quartier, tous les élèves vivent au-delà de la limite du 1,6 km et ont donc droit au transport scolaire. Ce qui n’est pas le cas cette fois, alors qu’il y a une distance de 1,4 km entre l’école Saint-François-d’Assise et le Centre Tétreaultville.

Ainsi, les parents qui résident tout autour de l’école risquent d’être touchés par ce déménagement, ce qui en a inquiété plusieurs lors de la soirée. « Qu’est-ce qui arrive si je ne veux pas que mon enfant de huit ans marche 1,5 kilomètre, l’hiver, dans la neige et que je n’ai pas de voiture? » « Qu’est-ce qui se passe si j’ai un plus jeune dans le bus et un plus vieux qui marche? » « Qu’est-ce qui se passe si je suis à quelques mètres de la limite? » Des questions auxquelles on ne pouvait répondre pour le moment, invoquant le cas par cas.

Un portrait clair de la situation

Questionnée à ce sujet lors d’une entrevue téléphonique avec le Journal de Mercier-Est, la présidente de la commission scolaire, Catherine Harel-Bourdon, a expliqué qu’il est difficile de répondre aux parents tant qu’il n’y a pas un portrait réel de la situation. Le recensement des distances, prévu d’ici la semaine de relâche, lui permettra d’avoir une meilleure vue d’ensemble. Elle se montre toutefois optimiste. « Comme la distance est de 1400 mètres entre les deux écoles, je pense que peu d’enfants seront exclus du trajet. De plus, ce ne sont pas tous les parents qui utiliseront ce service, ce qui libérera des places pour d’autres. » Les places restantes seront offertes selon certaines priorités, soit l’âge des enfants, leur distance par rapport à l’école et la fratrie, précise-t-elle.

Par contre, il n’est pas question d’ajouter des autobus supplémentaires seulement pour accommoder les élèves qui n’auraient pas droit au transport autrement, avertit Catherine Harel-Bourdon. « Cela coûte autour de 60 000 $ pour affréter un autobus scolaire. Ce ne serait pas justifié d’en ajouter un sur la route seulement pour transporter les élèves les plus vieux, parce qu’il y a beaucoup d’enfants qui se situent entre 1 km et 1,6 km de leur école ailleurs à Montréal et même à Tétreaultville et qui marchent. »

De plus, sur l’enveloppe de 7 M$ destiné aux travaux de l’école, aucun montant n’est prévu pour assurer le bon déroulement de la transition. Ainsi, c’est le ministère de l’Éducation qui subventionne le transport scolaire, selon les règles habituelles. « Il ne faut donc pas qu’on fasse de déficit », ajoute-t-elle.

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