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Pôle logistique : beaucoup de répercussions dans Mercier-Est

Environnement, Politique
Plusieurs craignent une augmentation du camionnage dans le quartier avec le développement d'une future Cité de la logistique. (photo : courtoisie Daniel Chartier)
Plusieurs craignent une augmentation du camionnage dans le quartier avec le développement d’une future Cité de la logistique. (photo : courtoisie Daniel Chartier)

Le projet de Cité de la logistique touche directement Mercier-Est puisqu’il est intimement lié au Port de Montréal, voisin du quartier, estiment plusieurs groupes et résidents. Il faut donc prendre en compte ses impacts sur les secteurs avoisinants, croient-ils.

C’est du moins ce qui ressort des mémoires dont nous avons obtenu copie ainsi que des questions soulevées dans le cadre de la consultation publique sur le sujet organisée le 28 janvier dernier.« Avec sa Stratégie maritime, le gouvernement du Québec souhaite implanter 16 zones industrialo-portuaires, ce qui entraînera un accroissement des activités du Port de Montréal et des compagnies connexes comme Cast. La Cité de la Logistique constitue en quelque sorte un prolongement des activités du Port hors de son territoire », explique le Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E), dans un mémoire déposé à l’arrondissement.

« Après le projet de réaménagement de l’autoroute 25, celui de la Cité de la logistique est le deuxième projet majeur en moins de deux ans qui est réalisé dans l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve sans véritable consultation publique. Cette pratique de morceler les projets et de les soumettre à la population en catastrophe doit cesser », ajoute-t-on. Le CEM-E se joint donc à d’autres groupes de citoyens qui réclament une consultation menée par l’Office de Consultation publique de Montréal (OPCM).

Si le projet de Cité de la logistique n’est pas encore totalement défini, la Ville projette toutefois de prolonger les boulevards l’Assomption et Souligny jusqu’à Notre-Dame. « Je ne suis pas convaincu que le projet actuel permettra réellement de diminuer la circulation. Cela risque plutôt d’avoir un effet négatif sur la pollution, le bruit, etc. », a expliqué Raymond Moquin, président du CEM-E, lors de la journée de consultation. Congestion routière et bruits causés par des camionneurs délinquants sont particulièrement à craindre, précise-t-il.

Même son de cloche de la part de Daniel Chartier. « En détournant les camions sur Souligny, comme on le prévoit actuellement, on risque de créer des embouteillages sur cet axe et de détourner le problème sur le réseau artériel. Par exemple, les camions vont passer par Notre-Dame pour rejoindre Joseph-Versailles », cette artère située dans Montréal-Est et qui sera prolongée jusqu’à l’autoroute 40.

Un projet de l’administration portuaire

Pour Suzie Miron, le développement du Port de Montréal touche directement le quartier, coincé entre le futur pôle logistique et le boulevard Joseph-Versailles. « On dirait que tous ces projets, que ce soit les travaux autour de l’autoroute 25, le prolongement du boulevard Souligny qui est en fait une autoroute ou celui du boulevard L’Assomption, sont des morceaux d’un projet plus large du Port de Montréal, un éléphant qu’on veut nous faire avaler, une bouchée à la fois. »

Daniel Chartier, qui a déposé un imposant mémoire de 21 pages à l’arrondissement, abonde dans le même sens. Selon lui, le développement de la Cité logistique est intimement lié au déploiement du Port de Montréal. Ainsi, cette organisation aurait tout intérêt à investir dans sa collectivité. « Il faut que ce projet ait des retombées dans le quartier et que les impacts ne soient pas juste négatifs. Par exemple, que pourrait-on penser en matière d’emplois, d’aménagement, d’amélioration de la Promenade Bellerive, etc. »

Améliorer les infrastructures autour de l’entrée du port, investir pour sécuriser et améliorer la piste cyclable, mettre en place des mesures pour diminuer le bruit, aménager des espaces pour l’interprétation des activités fluviales, maritimes et portuaires : voici quelques mesures suggérées à l’administration portuaire et à la Ville dans ce rapport. « Il faut aussi trouver des façons d’éviter que le pôle logistique ne devienne une immense zone industrielle à faible intensité, bordée par de grandes buttes vertes. Sinon, on va accentuer encore la fracture entre Mercier-Est et les autres quartiers de l’arrondissement. Il faut donc penser à des espaces verts, des liens cyclables, etc. », explique-t-il aussi.

Des emplois d’avenir?

Le Collectif en environnement remet quant à lui en question l’essence même du projet, qu’il qualifie de « développement industriel à faible valeur ajoutée pour l’est de Montréal », dans son mémoire. Bien qu’on prévoit y créer des emplois non spécialisés qui répondent en partie aux besoins de la population fortement affectée par les fermetures d’usines et les pertes d’emplois dans ce secteur, ce projet est « à mille lieues d’un pôle technologique structurant, innovateur et porteur d’avenir. »

En savoir plus

Lisez notre compte-rendu de la journée de consultation : Les citoyens désirent une « vraie consultation »

La Cité de la logisitique : une consultation à rabais sur un projet servant d’abord les intérêts du Port de Montréal, mémoire déposé par le Collectif en environnement Mercier-Est

Examiner les gestes du passé pour mieux comprendre ceux à venir: optimiser les interfaces entre le port de Montréal et Mercier-Est, mémoire déposé par Daniel Chartier

 

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