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Autobus : 142 départs en moins dans Mercier-Est

Environnement, Transport
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Le service a été réduit sur quatre circuits d’autobus desservant Mercier-Est, ce qui signifie 142 départs en moins chaque semaine, dont 86 seulement pour la 26, selon les données compilées par Projet Montréal.

C’est du moins ce qui ressort des données colligées par l’équipe de Projet Montréal, qui a comparé les départs en janvier 2016 et en janvier 2017 partout sur l’île. Plus précisément dans le quartier, quatre lignes sont touchées, soit la 26 Mercier-Est (86 départs en moins), la 189 Notre-Dame (24 départs en moins), la 28 Honoré-Beaugrand (22 départs en moins) et la 85 Hochelaga (10 départs en moins).

Une question d’utilisation

Porte-parole à la Société de transport de Montréal (STM), Amélie Régis ne pouvait se prononcer sur le cas particulier de Mercier-Est. Toutefois, quand il y a diminution des départs, c’est qu’il y a baisse de fréquentation, explique-t-elle. « Nous avons des compteurs dans certains de nos bus, ce qui nous permet de mesurer l’achalandage sur les différentes lignes et de planifier le service en fonction du comportement de notre clientèle, quand ils y entrent, y sortent, à quelle heure, etc. »

« Par contre, il s’agit d’une situation qu’il faut analyser de façon globale et non pas ligne par ligne. Ainsi, s’il y a une baisse de fréquentation sur un circuit, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une hausse de service ailleurs », ajoute-t-elle. De plus, la planification, qui s’effectue quatre fois par année, tient aussi compte des variations selon les saisons. Par exemple, un trajet peut être très fréquenté en automne parce qu’il dessert un cégep et déserté pendant l’été. La STM possède aussi une flotte de 30 autobus qui peuvent venir en renfort, en cas d’imprévus.

Une vision critiquée

Un modèle qui a ses limites estime pour sa part Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe. « Ce n’est pas en retirant des autobus du service qu’on va inciter les gens à changer leur façon de se déplacer et à adopter le transport collectif. » Au contraire, faute de service, la clientèle risque de se rabattre sur un autre circuit ou d’utiliser un autre moyen de transport.

En coupant 86 départs par semaine au circuit de la 26 Mercier-Est, c’est d’ailleurs le message que la STM envoie, ajoute celle qui a été élue sous la bannière de Projet Montréal. « C’est comme si la STM disait, prenez votre voiture ou un autre chemin! » Laurence Lavigne Lalonde se questionne d’autant plus sur cette décision que cette ligne de bus a été instaurée en 2011, à la demande des citoyens. Le tracé permet de relier le Faubourg Contrecœur aux métros Honoré-Beaugrand et Radisson. « On peut se demander si la 26 emprunte un trajet optimal, car plusieurs se questionnent sur son tracé, mais ça vient quand même d’une demande du milieu. C’est une des seules lignes qui se rend jusqu’au Faubourg Contrecœur. Il faudrait peut-être se demander pourquoi cela ne fonctionne pas, pourquoi il y a une baisse de la clientèle, plutôt que de simplement réduire l’offre. »

Une diminution de services qui a eu un impact direct sur certains citoyens, selon les témoignages recueillis par le Journal de Mercier-Est. Par exemple, une résidente du Faubourg Contrecœur travaille en dehors des heures de pointe. Quand elle prend la 26, vers 11h, le bus passe deux fois par heure, alors que c’était trois avant. Une différence qui a une influence sur son temps de déplacement, estime-t-elle. En effet, comme il est difficile pour elle d’attraper l’autobus à sa sortie du métro, elle doit attendre près de trente minutes. Elle met maintenant une heure trente pour rentrer à la maison le soir, au lieu d’une heure. D’autres nous ont confié qu’ils montent maintenant rarement dans ce bus, alors qu’ils empruntaient ce circuit dix fois par semaine auparavant.

Une vision plus large

« On voit qu’il y a beaucoup de lignes dans l’est de Montréal qui sont touchées alors que dans ce temps-là on n’est pas en train de construire un grand projet de transport collectif. Ces décisions ont un impact direct sur la qualité de vie des gens, sur leur capacité à se déplacer, à arriver à l’heure au travail, etc. », plaide aussi Laurence Lavigne Lalonde. Selon elle, l’offre en transports collectifs aujourd’hui est toujours inférieure à ce qu’elle était en 2012, avant l’élection de Denis Coderre.

La conseillère ajoute avoir eu plusieurs discussions avec la STM pour améliorer la desserte de transports en commun dans le quartier, notamment en tentant de mieux répartir l’offre dans ses différents secteurs. « Mais on ne sent pas de volonté de la part de la STM pour prendre des actions concrètes et ambitieuses pour améliorer la situation dans le quartier, qui est assez densément peuplé et qui se trouve en fin de ligne de métro. »

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