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Des parents formés… en entreprise

Éducation
Maude Royal et Sylvain Vézina, propriétaires du Saint-Hubert situé au 6225, rue Sherbrooke Est, ont accepté de participer à un projet-pilote où l'entreprise servira de salle de classe pour les parents. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Maude Royal et Sylvain Vézina, propriétaires du Saint-Hubert situé au 6225, rue Sherbrooke Est, ont accepté de participer à un projet-pilote où l’entreprise servira de salle de classe pour les parents. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Pas toujours simple d’accompagner son enfant à travers les aléas du parcours scolaire. Pour outiller les parents dans ce rôle, une série de formations pourrait être offerte directement en entreprise. Un projet-pilote testé à la rôtisserie Saint-Hubert située près du métro Cadillac.

« Quand je reçois une invitation pour assister à une conférence au sujet de l’accompagnement scolaire de mes enfants, c’est comme un devoir en plus », avoue Maude Royal, cette résidante de Mercier-Est, maman de trois enfants, belle-mère d’un jeune adulte et copropriétaire de deux rôtisseries Saint-Hubert situées dans l’est de Montréal. Même si ce sont des sujets qui la touchent de près, la feuille est bien vite oubliée, ensevelie sous la montagne d’obligations.

C’est pourquoi quand la commissaire scolaire de Mercier, Émilie Auclair, l’a contactée pour savoir si elle était prête à ouvrir les portes de son restaurant situé au 6225, rue Sherbrooke Est, près du métro Cadillac, pour offrir des formations aux parents, elle n’a pas hésité une seconde. « C’est une opportunité que je ne pouvais pas refuser, car c’est une bonne façon de redonner à la communauté. Surtout qu’on a un endroit pour le faire. En plus, cette formule permettra peut-être de rejoindre des gens qui ne l’auraient pas été autrement. »

« On le sait, le facteur le plus déterminant dans la réussite scolaire des enfants, c’est l’accompagnement des parents. Mais bien souvent, ils n’ont pas tous les outils nécessaires pour offrir une aide adéquate », enchaîne Émilie Auclair. D’où l’idée qu’elle a eue de se rapprocher des parents, en tentant de les outiller directement en milieu de travail. « À la CSDM, nous travaillons avec le Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP) qui a développé des formations qui touchent différents sujets, comme l’aide aux devoirs, la motivation, les transitions scolaires, la conciliation travail-famille. Ces formations sont déjà prêtes, mais flexibles et modulables selon les besoins. »

C’est donc le CREP qui transformera le Saint-Hubert Cadillac en salle de classe pour les parents. Si les derniers détails restent à ficeler, les formations devraient se dérouler en après-midi, seront gratuites et devraient commencer ce printemps. « On va essayer de créer une formule conviviale, autour d’un café par exemple, pour que les parents se sentent à l’aise », ajoute la copropriétaire.

Bienvenus à tous!

Si les places seront offertes en priorité aux employés du Saint-Hubert, les parents de Mercier seront aussi les bienvenus, ajoute Émilie Auclair. « Nous allons cibler certains organismes, comme le PITREM, la Maison des familles de Mercier-Est, Solidarité Mercier-Est ou encore Mercier-Ouest quartier en santé pour voir si on peut y recruter d’autres participants », précise-t-elle. Pour le moment, on vise des groupes entre 15 et 25 personnes.

« C’est un projet qui, à ce que je sache, n’existe nulle part ailleurs », enchaîne Émilie Auclair. Mercier, et par le fait même le Saint-Hubert, servira de laboratoire pour cette idée qui, espère-t-elle, fera des petits. La commissaire scolaire est d’ailleurs en pourparlers avec d’autres entreprises, notamment Métro et Super C, pour faire entrer cette offre de formation dans leurs rangs. Elle aimerait aussi s’adresser directement aux personnes des habitations à loyers modiques, via la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM).

« On le sait, il y a un haut taux d’analphabétisme au Québec, du moins fonctionnel. Cette formule pourrait nous permettre de rejoindre une clientèle différente et qui, parfois, a de la difficulté à déchiffrer les devoirs et leçons de leurs enfants et qui ne savent pas trop où se tourner pour avoir de l’aide, explique Émilie Auclair. Ou encore d’autres pour qui l’idée d’aller à l’école pour une conférence les rebute, parce que c’est associé à de très mauvais souvenirs. »

Mais cet accompagnement peut être utile à tout le monde, peu importe son diplôme ou son emploi! « Avec un grand qui est entré au cégep, un ado qui a commencé le secondaire et ma plus petite qui est inscrite à la maternelle, j’aurais grandement eu besoin d’en savoir plus sur les transitions scolaires! », lance Maude Royal. Elle compte bien se reprendre quand les cours s’offriront à quelques mètres de son bureau…

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