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Les paradis fiscaux : nous avons tous raison de nous en inquiéter

Économie
(photo : pixabay.com)
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Les paradis fiscaux dans votre quotidien

La fièvre de fiston persiste depuis plus de 72 heures. Il est 22 heures. Les cliniques de votre quartier sont fermées. Vous vous rendez à l’urgence d’un hôpital où vous rencontrez l’infirmière au triage, puis vous attendez. Huit heures passent avant qu’un médecin pose un diagnostic. Pendant tout ce temps, l’inquiétude vous ronge.

Votre situation financière vous préoccupe au point que votre sommeil en est affecté. En payant chaque mois le solde minimum de votre carte de crédit, il vous reste que le nécessaire pour subvenir à vos besoins essentiels. Un ami vous renseigne au sujet des services de l’ACEF qui offre de l’information neutre et objective en matière d’endettement et de finances personnelles. Vous vous empressez de prendre rendez-vous. Or, le rendez-vous qu’on vous propose vous paraît loin, trop loin. Et si un imprévu advenait d’ici votre rendez-vous? Vous avez le sentiment d’avoir entrepris une bonne action, mais l’inquiétude continue malgré tout à vous ronger…

Et votre inquiétude, elle nous concerne tous. Elle est collective.

Au cœur du problème : les paradis fiscaux

Nous avons tous une bonne raison de nous inquiéter des paradis fiscaux dont les répercussions sur notre quotidien sont bien réelles. Les paradis fiscaux sont au cœur du problème de financement de notre système de santé et de la tarification de nos services, ils sont la cause des coupes massives dans les services publics, l’éducation, la culture, ils érodent les subventions offertes aux organismes qui travaillent à la défense des droits humains, qui viennent en aide aux gens à faible revenu, qui soutiennent les aînés, les femmes, les jeunes, etc.

Nos gouvernements nous répètent sans cesse manquer d’argent. C’est juste : des milliards manquent. De plus en plus de multinationales, de banques, de particuliers fortunés contournent en toute légalité les obligations fiscales du pays où ils sont enregistrés pour placer d’imposantes sommes d’argent dans des paradis fiscaux où le taux d’imposition est nul ou quasi nul. Ainsi, en détournant les règles fiscales de leur pays d’attache, ces entreprises, banques et gens fortunés évitent de payer leur juste part d’impôt et ainsi de contribuer au financement des services publics et des programmes sociaux dont nous avons collectivement besoin.

Au Canada, on estime les pertes fiscales qui découlent des capitaux canadiens placés dans les paradis fiscaux d’environ 5 à 8 milliards de dollar par année (CSN, 2016, p. 8). C’est donc une somme de 5 à 8 milliards de dollar qui ne nous revient pas. Ce faisant, les citoyens de la classe moyenne sont de plus en plus imposés pour des services qui sont de moins en moins accessibles, tandis que certains assistés sociaux devront désormais se débrouiller avec 399 $ par mois pour vivre depuis l’adoption de la loi 70.

Que pouvons-nous faire ?

Il est dans l’intérêt commun de dénoncer les paradis fiscaux en militant, par exemple, au sein de groupes qui luttent contre l’évasion fiscale, en invitant nos élus à faire des paradis fiscaux leur cheval de bataille, en faisant inscrire dans les plateformes des groupes de travail ou des associations auxquels on participe la question des paradis fiscaux, car tous les secteurs ont raison de s’en inquiéter. En 2015, l’OCDE publiait un rapport qui présentait 15 solutions concrètes pouvant éradiquer l’évasion fiscale. Les solutions existent donc et elles sont nombreuses. Ne manque plus qu’une volonté politique. À nous maintenant d’exiger que nos gouvernements s’activent dans cette voie.

Les associations coopératives d’économie familiale (ACEF) du Grand-Montréal organisent une soirée spectacle-discussion qui abordera les différents enjeux liés aux paradis fiscaux. Pour l’occasion, l’humoriste Fred Dubé se jouera de l’évasion lors de la première partie de la soirée, puis un économiste mystère ouvrira la discussion en deuxième partie. L’événement est gratuit. Il aura lieu le 16 février à 18h30 à l’UQAM au local R-M130 dans le pavillon des Sciences de la gestion (315, rue Ste-Catherine Est). Ce sera l’occasion de réfléchir tous ensemble aux moyens d’agir qui s’offrent à nous. Vous n’y gagnerez assurément aucun ciel, mais on vous promet des rires d’enfer!

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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