Publicité

Une réglementation qui arrive trop tard

Économie, Élus
Le maire de l'arrondissement, Réal Ménard (photo : archives Pamplemousse)
Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard (photo : archives Pamplemousse)

D’entrée de jeu, les citoyens ont appris que Ray-Mont Logistiques avait finalement déposé un projet, et ce, avant l’entrée en vigueur du règlement censé encadrer le développement du futur pôle logistique, lors du conseil d’arrondissement qui s’est déroulé le 7 février dernier.

Même s’il n’a pas nommé le promoteur, le maire de l’arrondissement, Réal Ménard a confirmé, « avec toute la prudence juridique qui s’impose, que le propriétaire du terrain a déposé un projet à l’arrondissement », en tout début de séance.  Toutefois, impossible, selon lui, de se prononcer pour le moment sur la nature du projet comme tel. « Je ne pourrai donc pas répondre aux questions à ce sujet. »

Rappelons que c’est ce projet qui a mis le dossier de la future Cité de la logistique sur la sellette. Au printemps dernier, les citoyens ont appris l’achat du terrain de l’ancienne fonderie canadienne d’acier par la compagnie spécialisée en transport de légumineuses et de céréales Ray-Mont Logistiques. Depuis, ils se présentent chaque mois au conseil d’arrondissement pour s’assurer que ce terrain, situé à proximité des résidences, sera développé en tenant compte du voisinage.

Un avis de motion pour déposer un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) a d’ailleurs été adopté, à la séance de février, pour encadrer le déploiement de la future Cité de la logistique, territoire comptant 10 millions de pieds carrés de terrains vacants situés entre l’avenue Souligny et le Port de Montréal, l’autoroute 25 et les résidences du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Toutefois, comme le projet de Ray-Mont Logistiques a été déposé avant son adoption officielle, est-ce à dire qu’il ne sera pas soumis à cette nouvelle réglementation? « Je ne peux pas répondre à cette question et je n’ai pas à vous donner de raisons. Nous sommes dans un processus avec lui et au prochain conseil je vais faire le point sur le dossier », a expliqué le maire dans une courte entrevue téléphonique avec le Journal de Mercier-Est.

Pour la conseillère municipale de Maisonneuve Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, il est certain que la demande de permis sera évaluée à l’aulne de l’ancienne réglementation. « Selon la loi, on ne peut pas étudier un projet avec une réglementation qui n’a pas encore été votée. De plus, si on changeait les usages du territoire, par exemple, ça modifierait entre autres la valeur des terrains. On pourrait se faire poursuivre là-dessus. » Elle explique toutefois ne pas avoir vu ni le projet de Ray-Mont Logisitiques, ni la réglementation qui devrait être adoptée en avril prochain.

L’élue de Projet Montréal n’est pas  non plus surprise que le promoteur ait fait une demande de permis avant l’adoption du règlement. « La compagnie a investi 20 M$ pour l’achat du terrain et 35M$ pour sa décontamination. Ça m’aurait surprise qu’il attende un changement réglementaire risquant de modifier ses plans. »

Un dossier de longue date

Si l’idée d’adopter un PIIA autour de ce projet avait été évoquée dès le mois de septembre dernier, le maire de l’arrondissement avait plutôt décidé d’organiser une consultation publique autour du projet. Selon Laurence Lavigne Lalonde, il aurait toutefois été possible de faire les deux, puisqu’il s’agit ici de deux types de réglementations différentes, qui peuvent se compléter. « Le maire a voulu ménager la chèvre et le chou, en tentant de plaire au promoteur, aux citoyens et au maire de la ville. Toutefois, quatre mois plus tard, on n’a pas du tout avancé sur la réglementation et un projet a été déposé avant son adoption », critique Laurence Lavigne Lalonde.

Malgré tout, le nouveau règlement a son importance, a expliqué le maire Ménard pendant le conseil d’arrondissement. Le PIIA inclura notamment des mesures de mitigation et de verdissement rigoureuses et des normes pour l’implantation et l’architecture des bâtiments ou pour l’aménagement des terrains. « Notre volonté, c’est plutôt d’adopter un cadre réglementaire qui nous permettra de bonifier les projets ou des les écarter. Et le développement de la cité de la logistique s’étalera sur une quinzaine d’années. Nous aurons donc plusieurs occasions de se revoir à ce sujet », a expliqué le maire lors du conseil d’arrondissement.

Si le projet de la Cité de la logistique suscite la grogne des citoyens, qui se sont mobilisés pour réclamer une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), il est appuyé par le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain s’est aussi positionnée en faveur de ce développement. A termes, la revitalisation de ces terrains laissés vacants devrait permettre de créer entre 2500 et 3600 emplois.

Vos commentaires
loading...