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6600 signatures pour MHM

Économie, Environnement, Politique
Quelques membres du groupe 5000 signatures pour MHM, lors de l'annonce au café Nicolas. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Quelques membres du groupe 5000 signatures pour MHM, lors de l’annonce au café Nicolas. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Les citoyens mobilisés autour du projet de pôle logistique ont réussi à récolter 6600 signatures, soit 1600 de plus que les 5000 exigées, pour obliger l’arrondissement à tenir une consultation publique selon leurs termes sur l’avenir de ce controversé dossier.

En effet, depuis plusieurs mois, certains citoyens sont inquiets quant à l’avenir de grands terrains industriels laissés en friche, situés entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est. À cause de sa proximité avec plusieurs axes de transports, que ce soit routes, chemin de fer et voie maritime, la ville et le gouvernement du Québec prévoient y implanter un pôle logistique, c’est-à-dire un secteur où se concentrent des entreprises liées au transport des marchandises.

Inquiets par rapport à ce projet, situé à proximité des résidences, des citoyens ont donc décidé d’utiliser le droit d’initiative des citoyens en matière de consultation publique pour obliger l’arrondissement à les consulter. « Nous sommes en train d’écrire une page d’histoire, puisque c’est la première fois qu’un arrondissement se prémunit de ce droit d’initiative. Et, il ne s’agit pas d’une opposition menée par une poignée de citoyens craintifs, comme en témoignent le nombre de signataires et le fait que très peu de personnes ont refusé de signer », a souligné Mireille Goulet, résidante de Mercier-Ouest, lors d’une rencontre organisée au Café Nicolas, le 12 mars dernier.

En effet, le droit d’initiative des citoyens en matière de consultation publique existe depuis 2010. Jusqu’à maintenant, la ville et les arrondissements ont reçu une douzaine de demandes, dont une seule a mené à une consultation, sans avoir à passer par le processus de recueillement des signatures. Ainsi, seuls les citoyens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont mené à bout ce processus, récoltant même plus de signatures que ce qui était exigé. « C’était une façon pour nous de nous assurer que de la validité d’au moins 5000 signatures. De plus, il y avait encore une soif de signer chez les citoyens et citoyennes », explique Patricia Clermont, autre citoyenne impliquée dans le projet.

D’autres étapes à venir

Les citoyens déposeront donc la pétition ce soir (le 13 mars), lors de la séance du conseil d’arrondissement. « L’arrondissement aura ensuite 21 jours pour l’analyser et vérifier la validité des signatures », a expliqué Laurence Lavigne Lalonde, conseillère municipale de Maisonneuve Longue-Pointe.

Ce dépôt forcera la main du maire de l’arrondissement, Réal Ménard, qui avait annoncé le 14 février dernier, la tenue éventuelle d’une consultation publique via l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), précise aussi la conseillère élue sous la bannière de Projet Montréal, qui a soutenu la mobilisation depuis le début. Toutefois, le sujet précis de l’exercice n’avait pas été précisé. « Si nous avons décidé de continuer le processus amorcé malgré cette annonce, c’était pour pouvoir choisir le thème sur lequel portera la consultation », ajoute-t-elle.

Avec ce dépôt officiel, l’arrondissement devra s’en tenir au sujet qui se trouve en entête de la pétition. Ce libellé a été déposé et accepté par le greffe en décembre dernier. « Nous ne savons pas non plus à quel moment se déroulera la consultation, puisqu’on indique que cela doit se tenir dans un délai raisonnable. » Mais, il faut agir rapidement, alors qu’un propriétaire de terrain, Ray-Mont Logistiques, a déjà déposé un projet à l’arrondissement et que la création d’une zone industrialo-portuaire a été annoncée officiellement, le 24 février dernier, ajoute Laurence Lavigne Lalonde.

Mercier-Est aussi touché

L’annonce a réuni des résidants de tant d’Hochelaga-Maisonneuve, de Mercier-Ouest que de Mercier-Est, dont Raymond Moquin, président du Collectif en environnement Mercier-Est. « Théoriquement, le projet de la Cité de la Logistique s’arrête à l’autoroute 25, soit aux frontières de Mercier-Est. Toutefois, il est clair que l’intention réelle est d’utiliser éventuellement la plupart des espaces libres de part et d’autre de la rue Notre-Dame jusqu’au bout de l’île pour effectuer des activités associées à la Logistique. Mercier-Est risque donc de se retrouver coincé entre des installations industrielles situées à l’est et à l’ouest de son territoire », a-t-il rappelé.

Pour le moment, même si l’idée de créer un pôle logistique sur ce territoire a été évoquée depuis longtemps, aucune étude d’impacts n’a été menée à ce sujet, a déploré ce résidant de Mercier-Est. Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard, « a aussi mentionné que les projets éventuels sur le territoire seraient évalués au cas par cas. Cette vision est inacceptable dans la mesure où l’effet cumulatif de plusieurs projets peut engendrer des effets indésirables pour la population. Or, cette vue d’ensemble n’a jamais été réalisée. »

Le président remet en question la nature même du projet, alors que le secteur de la logistique risque de subir d’importants chambardements au cours des prochaines années. « Ce secteur sera l’un des plus affectés par la troisième révolution industrielle [soit celle des technologies de l’information et des communications]. Selon certaines études, 80 % des emplois de ce domaine seront éliminés », ajoute-t-il.

« Le Collectif en environnement Mercier-Est ne s’oppose pas à tout développement industriel sur le territoire de l’arrondissement. Par contre, celui-ci ne doit pas tenir compte uniquement des besoins du Port de Montréal et de la Stratégie maritime du gouvernement du Québec, mais également de ceux de la population environnante », a conclu Raymond Moquin.

En complément: le texte de la pétition
(source: 5000 signatures pour MHM)

Nous demandons que l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve tienne une consultation publique sur le développement des activités industrialo-portuaires et sa cohabitation avec les quartiers résidentiels qui les entourent. La consultation visera à ce que l’arrondissement se dote d’une planification de développement viable pour la collectivité, planification qui inclura des orientations d’aménagements touchant :

· l’affectation du sol et l’intensité des activités;
· le tracé des voies de circulation, des réseaux de transport collectif et actif;
· la nature et l’emplacement des équipements collectifs communautaire.

Cette planification devra aussi prendre en compte :

· la gestion des nuisances des activités industrialo-portuaires telles que le bruit et la qualité de l’air, la contamination des sols;
· la circulation automobile et le camionnage.

Finalement, elle devra proposer une amélioration des interfaces entre le Port, les industries et la ville, les citoyen-ne-s.

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