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Condos : des outils pour prévenir les catastrophes

Immobilier
Le Carré Soho est un des multiples immeubles en copropriété qui ont été construits ces dernières années dans le quartier. (Image: gracieuseté)

Une entreprise de Mercier-Est, RD3C, a développé une technologie qui permet de mieux gérer un immeuble en copropriété.

Dans le contexte québécois actuel, ce genre d’outil n’est pas à dédaigner de la part des syndicats ou des gestionnaires d’immeubles en copropriété. Plusieurs spécialistes de ce marché considèrent que l’encadrement législatif et réglementaire actuel est laxiste. Fonds de prévoyance inadéquats pour faire face aux crises, entretien déficient, manque de formation chez les officiers des syndicats et les gestionnaires d’immeubles, absence de normes de gestion et d’évaluation, tout est là pour que le marché des condos connaisse une crise majeure, qui affectera dramatiquement des milliers de copropriétaires, dont la majorité n’est pas très riche.

René DesChênes. (Photo : gracieuseté)

Déjà, les histoires d’horreur se multiplient, comme des vols de fonds de prévoyance ou des défaillances importantes qui mènent à des cotisations spéciales qui représentent, parfois, l’équivalent d’une deuxième hypothèque. De plus, de nombreux assureurs refusent désormais d’assurer les immeubles en copropriété, dont un des leaders au pays, Aviva.

« Le gouvernement est incapable de faire respecter sa propre réglementation, qui prévoit que les immeubles de cinq étages et plus doivent être inspectés à des dates précises, explique René DesChênes, président de RD3C. Au Québec, nous ne sommes clairement pas dans une culture de prévention. Ce qui menace la valeur des immeubles et des unités de copropriétés. De plus, les primes d’assurance ont explosé ces dernières années, ce qui se répercute sur les frais de condo. Pour pallier ces problèmes, j’ai développé un outil en ligne, qui peut être utilisé sur un ordinateur, un téléphone ou une tablette numérique, qui permet de conserver la mémoire de l’immeuble. L’application intègre quatre éléments importants : le plan de gestion d’actifs, le carnet d’entretien, le fonds de prévoyance et le maintien des registres obligatoires. Notre technologie permet aux syndicats de copropriété et aux gestionnaires d’avoir un portrait précis de l’état de l’immeuble et de contrôler les risques. »

La technologie permet d’afficher des tableaux mensuels d’entretien et d’évaluer les coûts à court, moyen et long terme. Ce qui permet aussi d’ajuster le fonds de prévoyance en conséquence. La technologie de RD3C est reconnue par certains assureurs, ce qui entraîne une baisse des primes et des franchises. Elle s’adapte à la réalité de n’importe quelle copropriété, même les plus modestes (celles de 30 portes et moins représentent plus de 75 % du marché, ajoute M. DesChênes).

RD3C offre aussi une méthodologie de gestion pour néophytes et des exemples de budgets ou de soumissions, qui sont associés à la base de données de l’immeuble. « Notre technologie influe à la hausse la valeur de l’immeuble, donc des unités, explique René DesChênes. Un immeuble bien entretenu enlève de la pression sur le fonds de prévoyance. Tout le monde y gagne : gestionnaires, syndicats, copropriétaires et futurs acheteurs. »

Au cours de la dernière décennie, plusieurs immeubles en copropriété se sont bâtis dans le quartier, notamment dans le Faubourg Contrecœur et près des rues Curatteau, Sherbrooke, Hochelaga et Notre-Dame. On parle de centaines d’unités en copropriété, en très grande majorité des ménages de la classe moyenne, souvent des jeunes qui viennent d’accéder à la propriété. Un projet majeur, la Cour de Voirie Honoré-Beaugrand, ainsi que les dernières phases du Faubourg Contrecœur, sortiront de terre bientôt.

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