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Les Cousettes : coudre le fil de la solidarité

Vie de quartier
Une équipe de bénévoles donnent une seconde vie aux vêtements tout en offrant les profits aux aînés les plus démunis du quartier. (photo : courtoisie Chez-Nous de Mercier-Est)
Une équipe de bénévoles donnent une seconde vie aux vêtements tout en offrant les profits aux aînés les plus démunis du quartier. (photo : courtoisie Chez-Nous de Mercier-Est)

Avec leurs fils, leurs aiguilles et leurs machines à coudre, elles offrent un service de retouche et de réparation de vêtements à petit prix dont les bénéfices profitent aux aînés démunis du quartier. Bienvenue chez les Cousettes, un groupe de bénévoles membres du Chez-Nous de Mercier-Est.

Elles s’appellent Carmen, Micheline ou Marie-Claude. Elles ont plus de 55 ans, mais parfois jusqu’à 80 ans, comme Violette Boudreau, préposée « au classement », comme elle se décrit elle-même. « Je voulais apprendre à coudre, mais j’ai réalisé que les autres n’avaient pas tellement le temps de me montrer. J’ai donc décidé de me rendre utile. À la place, je classe! » Grâce à elle, plus besoin de tâtonner pour trouver les aiguilles, les bobines, les boutons, alouette… Tout est à portée de mains.

Il faut dire que, depuis l’ouverture des Cousettes le 13 janvier, ce n’est pas le boulot qui manque. Le groupe de bénévoles offre un service de retouche et de réparation de vêtements chaque vendredi, entre 9 h 30 et 12 h. Même si toute l’opération se déroule dans les locaux du Chez-Nous de Mercier-Est, un organisme pour les 55 ans et plus situé au 7958, rue Hochelaga, ce n’est pas réservé aux aînés. Tous les citoyens peuvent venir y déposer leurs morceaux et bénéficier des prix défiant toute compétition : 5 $ pour refaire le bord de pantalon ou d’une jupe, 1 $ pour coudre un bouton, 2 $ pour installer un velcro, etc.

Lors de notre visite, six d’entre elles étaient à pied d’œuvre pour accueillir les clients, prendre des mesures, reprendre une couture à la main, faire un bord de pantalons, etc. En bruit de fond, les machines à coudre qui, même pendant notre entrevue, ne s’interrompent que momentanément. Une frénésie à l’image des dernières semaines. « Nous sommes victimes de notre succès », lance Marie-Claude Gignac, l’une des instigatrices de l’initiative.

Un bon signe, certes, puisque actuellement, on teste la formule. « Nous nous sommes donné de janvier jusqu’à la fin mars pour voir si cela fonctionnait, pour regarder nos chiffres. Cela nous permettra de  nous ajuster en conséquences », indique Marie-Claude Gignac. Les signaux sont donc positifs pour le moment. « En fait, on ne manque pas de clients, mais plutôt de bénévoles », lance pour sa part Carmen Diaconescu. L’offre, que ce soit ses prix ou ses heures d’ouverture, pourrait ainsi évoluer au fil du temps.

« On aimerait peut-être même offrir le même genre de services pour les familles, en partenariat avec la Maison des familles de Mercier-Est  », ajoute Carmen Diaconescu. Mais pour cela, il faut que le projet soit viable, surtout du point de vue des ressources humaines.

Un double don

Une façon pour ces femmes de mettre leur talent au profit de la communauté. « Les prix sont moindres pour les personnes à faible revenu. Une façon d’offrir ce service à tous, peu importe leur budget. Mais aussi de redonner à la communauté », précise Marie-Claude Gignac. En effet, si les profits générés servent certes à acheter le matériel nécessaire pour assurer le roulement du service, comme du fil, des aiguilles, du tissu, tout le reste est versé au secteur de l’entraide du Chez-Nous de Mercier-Est.

Ainsi, les profits serviront à financer de multiples services, allant de l’aide alimentaire, au service de transport offert aux aînés pour se rendre à leurs rendez-vous médicaux, en passant par des visites pour briser l’isolement ou par la clinique de vaccination. « C’est un double don  », renchérit Léo Fortin, directeur général de l’organisme.

Réparer pour aider

Ainsi, en plus de poser un geste écologique en rallongeant la vie de leurs vêtements, les clients peuvent aussi ajouter un peu plus que le montant à payer, en fonction de leur budget. « Nous sommes ouverts aux dons, que ce soit en argent ou en matériel », précise Marie-Claude Girouard. Sans compter que, pour tout montant dépassant 20 $, un reçu de charité oeut être émis.

« On a déjà pu compter sur la générosité des gens, qui nous ont donné ou prêté du matériel, comme des machines à coudre ou des fers à repasser. Mais on aurait aussi besoin d’une recouvreuse, une machine permettant de faire de la finition, si jamais un de vos lecteurs en avait une pour nous », ajoute-t-elle. L’équipe cherche aussi des bénévoles aux doigts de fée, prêts à offrir un coup de pouce ponctuel, et ce, peu importe leur âge.

Si le projet sera réévalué le 31 mars prochain, Léo Fortin n’est pas du tout inquiet quant à son avenir. « Il faudra peut-être s’ajuster, mais cela semble vraiment répondre à un besoin car la demande est là. Qui sait, on pourrait peut-être même créer une entreprise d’économie sociale autour de ce projet! », s’enthousiasme-t-il.

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