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PIIA : le Collectif en environnement Mercier-Est se montre critique

Économie, Élus, Environnement
Une consultation autour du PIIA s'est déroulée le 23 mars dernier. (photo : Mélanie Dusseault, courtoisie arrondissement MHM)
Une consultation autour du PIIA s’est déroulée le 23 mars dernier. (photo : Mélanie Dusseault, courtoisie arrondissement MHM)

En consultant les citoyens sur le Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), nouveau règlement qui entourera la future Cité de la logistique, le 23 mars dernier, l’arrondissement a mis la charrue avant les bœufs, critiquent les membres du Collectif en environnement Mercier-Est.

« Il y a une citoyenne qui a dit, lors de la soirée, que c’était comme mettre du crémage sur du gâteau qui n’était pas encore cuit », explique Suzie Miron, une membre du Collectif qui était présente à la consultation. Un sentiment qu’elle partage quand elle parcourt le PIIA qui propose un encadrement réglementaire pour les projets qui s’implanteront dans la future cité de la logistique.

On y édicte donc plusieurs normes, pour s’assurer que les bâtiments qui s’implanteront dans ces terrains vacants totalisant 10 millions de pieds carrés, situés entre l’avenue Souligny et le Port de Montréal, l’autoroute 25 et les résidences du quartier Hochelaga-Maisonneuve s’intègrent harmonieusement en s’assurant de leur qualité architecturale.

Plusieurs mesures y sont inscrites, notamment pour les projets qui pourraient s’installer à moins de 150 m d’une zone « sensible » — des résidences ou un CHSLD, par exemple — afin de « restreindre les impacts et les nuisances environnementales telles que le bruit, la vibration, l’éclairage ainsi que les émissions de poussière et d’odeur par des mesures de mitigation favorisant une approche écologique et dans une optique de développement durable ».

Difficile donc de se faire une tête sur ce règlement qui encadre des détails, estime Suzie Miron. « On n’a pas de vue d’ensemble, donc c’est difficile de comprendre les impacts de cette réglementation », explique-t-elle. Sans tomber dans le jargon, il existe certains outils permettant de le faire, comme le Plan particulier d’urbanisme (PPU), un meilleur véhicule pour encadrer le tout à ce stade-ci, ajoute-t-elle. C’est sur ce sujet que les citoyens auraient aimé se prononcer.

Une vocation bien déterminée

Si le plan global n’a pas été présenté, les intentions de l’administration municipale sont claires : situés à la jonction du Port de Montréal, du réseau autoroutier et des voies de chemin de fer, ces terrains seront utilisés pour implanter des entreprises liées à la logistique et au transport des marchandises. Une orientation que remet en question Raymond Moquin, président du Collectif. « En intitulant le règlement PIIA-Cité de la logistique, c’est comme s’ils consacraient la vocation de ce terrain. On ne s’oppose pas à l’implantation d’industries dans ce secteur, mais les citoyens aimeraient être consultés sur l’orientation économique à privilégier. »

À ce sujet, abordé hier lors de l’annonce officielle de sa candidature avec l’Équipe Denis Coderre, Réal Ménard a été très clair. Selon lui, il n’a jamais été question de remettre en cause la vocation de la future Cité de la logistique, un projet qu’il avait endossé lors des élections en 2009 et en 2013. « Même dans le libellé de la pétition déposée par les citoyens à ce sujet, on ne remet pas cela en question et nous allons tenter de nous coller le plus possible à ce qui y est inscrit pour donner un mandat à l’Office de consultation publique de Montréal. »

En effet, inquiets par rapport à ce dossier, les citoyens de l’arrondissement ont récolté 6600 signatures, via le droit d’initiative, obligeant du coup l’administration municipale à ternir une consultation en bonne et due forme sur le sujet. Dans cet exercice, tous les intervenants devraient être à la table, comme le Port de Montréal, le ministère des Transports (MTQ), la Direction de la Santé publique, etc.

Le Collectif espère toutefois qu’il y aura des études d’impacts non seulement sur le territoire visé par le projet, mais aussi sur les quartiers adjacents comme Mercier-Est qui subira les impacts de ce futur développement industriel, via le camionnage, la pollution, etc.

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