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Un voyage historique pour le 8 mars

Histoire
Un clin d'oeil historique aux Filles du Roy. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Un clin d’oeil historique aux Filles du Roy. (photo : Anne-Marie Tremblay)

La Journée internationale des femmes aura marqué le coup d’envoi des festivités entourant les Filles du Roy qui se dérouleront dans le quartier pour souligner le 375e anniversaire de Montréal. Une façon de rappeler la contribution primordiale de ces « bâtisseuses de la nation », trop souvent négligées par l’histoire.

Elles étaient nombreuses à avoir revêtu le costume de leurs ancêtres pour cette soirée, qui s’est déroulée à la Maison de la culture Mercier et qui était organisée par la Société d’animation de la Promenade Bellerive (SAPB) et la Société d’histoire des Filles du Roy. Dans le hall, plusieurs personnifiaient l’une des 71 Filles du Roy ayant contribué à la fondation de Montréal et arrivées par bateau entre 1663 et 1673. Des dames comme « Françoise Baiselat », qui a traversé l’Atlantique en 1668. Cette femme qui s’est installée à Pointe-aux-Trembles a eu trois maris et dix enfants! En 1729, elle avait… 146 descendants.

Une contribution énorme. Mais le fait de fonder une famille n’est pas le seul rôle auquel incombait ces jeunes femmes, comme en témoignent les illustrations de Sophie Moisan exposées dans le hall de la Maison de la culture jusqu’au 2 avril prochain. « Quand on regarde les images qui représentent les Filles du Roy, on les voit souvent dans de belles robes de princesse, pour se rendre au bal. Mais la réalité est toute autre et c’est ce que j’ai voulu montrer. »

En effet, elles n’avaient pas peur de mettre la main à la pâte, comme le présentent les illustrations de Sophie Moisan, qui les met en scène cultivant la terre, pétrissant le pain, se rendant au puits, etc. « C’était des femmes débrouillardes, des aventurières prêtes à partir vers l’inconnu, sans savoir réellement de quoi serait composée leur vie. Elles venaient pour coloniser, pour bâtir un pays », raconte l’artiste. Plusieurs d’entre elles, orphelines ou très pauvres, s’embarquaient pour prendre leur destin en main et améliorer leur sort, ajoute-t-elle.

Jean-François Bélanger et ses musiciens présentaient quelques pièces de leur album, Les vents orfèvres. Une musique au son baroque et scandinave. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Jean-François Bélanger et ses musiciens présentaient quelques pièces de leur album, Les vents orfèvres. Une musique au son baroque et scandinave. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Autochtones à l’honneur

L’activité, qui s’est déroulée sous la présidence d’honneur de Nicole O’Bomsawin, a aussi permis de rappeler les liens entre les autochtones et les colons français. « Les Abénaquis ont été les alliés des colons français et nous avons même été considérées comme des anges gardiens par les missionnaires, ce qui n’est pas peu dire! », a rappelé cette Abénaquis d’origine, qui est à la fois anthropologue, muséologue et femme engagée.

« Il faut se souvenir que nous n’avons pas toujours été ennemis et que nous avons même célébré ensemble. Par exemple, en 1701, 39 peuples autochtones ont signé la grande paix de Montréal », a poursuivi Nicole O’Bomsawin. Cette entente qui mettait fin aux guerres intermittentes de l’époque a été considérée comme un fait unique dans toute l’histoire de l’Amérique. Elle en a aussi profité pour souligner à quel point il était important de donner le goût de l’histoire aux enfants, tout en réhabilitant l’apport des femmes et des peuples autochtones.

D’hier à aujourd’hui

L’activité, sous forme de 5 à 7, a aussi permis de faire des rapprochements entre la condition féminine, d’hier à aujourd’hui. « Les Filles du Roy étaient soumises à un régime patriarcal et devaient se soumettre à un homme, sauf si elles étaient veuves ou célibataires », a expliqué Michelle Desfonds, l’une des membres de la Société d’histoire des Filles du Roy. Il aura fallu attendre jusqu’en 1964 pour que cela change, alors que la première femme députée, Claire Kirkland-Casgrain faisait adopter une loi mettant fin à l’incapacité juridique de la femme mariée.

La soirée a aussi permis de dresser plusieurs parallèles entre l’intégration difficile des Filles du Roy en Nouvelle-France et celle des femmes immigrantes aujourd’hui. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs pris la parole pour raconter leurs difficultés, pas si différentes de celles vécues par les nouvelles arrivantes il y a 375 ans. Peu importe qu’elles débarquent de France, du Mexique ou du Cameroun, elles ont toutes vécu le choc de l’hiver, de l’adaptation culturelle et de l’isolement.

Cette activité n’est que la première d’une série qui mettra en valeur ces pionnières de la nation, a précisé Carole Castonguay, directrice générale de la SAPB. Au cours des prochains mois, les Filles du Roy se rendront dans les écoles et les organismes communautaires du quartier pour présenter différentes animations historiques. Des projections de films sont aussi prévues ainsi qu’une exposition au chalet du parc de la Promenade Bellerive. Ce parc les accueillera aussi lors de la Fête nationale, le 24 juin prochain.

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