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Des immigrants s’évadent à la Longue-Pointe (1 de 7)

Histoire
L’article dans l’édition du 25 juillet 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)
L’article dans l’édition du 25 juillet 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)

En juillet 1904, 34 immigrants arrivés par bateau se voient interdire l’entrée au Canada, puisqu’ils sont atteints d’une maladie contagieuse.

On ordonne au capitaine du navire à bord duquel les réfugiés prenaient place de les ramener sur le bateau. Mais, l’un des immigrants réussit à s’enfouir pour aller demander de l’aide.

Voici donc le début d’une série de sept histoires à ce sujet, rapportée dans les pages du journal La Patrie, en juillet et août 1904, qui commence comme suit :

Samedi dernier, une scène des plus cocasses s’est déroulée au Palais de Justice. Trente-deux Italiens, un Français et un Russe étaient renfermés dans les flancs du vapeur Lake Simcoe, de la Canadian Line Limited, nouvelle compagnie de navigation.

Ces immigrants, embarqués à Liverpool à bord du Lake Simcoe, avaient subi l’examen médical à Marseille, au Havre, et avaient Été jugés propres à l’immigration.

À leur arrivée à Québec, ils durent passer un nouvel examen médical. L’un des médecins déclara qu’ils étaient atteints de trachoma, et il ordonna au capitaine William Balls, commandant du Lake Simco, d’avoir à rapatrier ces 34 passagers avec défense de les laisser débarquer au Canada, sous les peines que la loi fédérale impose en pareil cas, soit $300,00 d’amende pour chaque intervention. Le trachoma est une maladie contagieuse et nul immigrant atteint de maladies contagieuses ne peut débarquer au Canada.

Ces 34 individus ont donc été mis sous garde et devaient retourner vendredi soir par le vapeur qui les avait amenés. Mais, un compatriote, M. Élias Tanous, un Syrien, s’enfuit chez M. Wilbrod Pagnuelo. Celui-ci courut vite à la cour, obtint l’émanation d’un bref d’habeas corpus ad respondendum, ordonnant au capitaine Balls et à son stewart M. J. Schmidt, de produire en cour, à 3 h 30 heures p.m., samedi dernier, les 34 immigrants.

Se conformant à cet ordre, M. Schmidt conduisit ces gens à la salle d’audience no : 31, devant l’hon. juge Archibald. M. Pagnuelo, M. Schmidt et les immigrants étaient présents. Le juge demanda alors si le capitaine était là; sur la réponse qu’il serait en cour, dans quelques minutes, le juge laissa le banc, déclarant qu’on le prévint aussitôt et qu’il reviendrait.

Fuite générale

Pagnuelo descendit au greffe faire timbrer ses requêtes. M. Schmidt croyant ses voyageurs en sûreté, s’en alla ailleurs. Profitant de ce qu’ils étaient seuls, et aidés de leurs amis, les 34 immigrés dégringolèrent les escaliers du palais, sautèrent dans une voiture qui les attendait à la porte du palais et en route pour l’inconnu.

Lorsque la cour voulut procéder, il n’y avait plus personne. Et le juge déclara qu’il ne pouvait procéder. Les procédures sont ajournées à après-midi afin que le gouvernement soit mis en cause.

Maintenant, qui est responsable de la fuite des immigrants? Le capitaine l’huissier ou la cour? C’est un point que les tribunaux auront à élucider.

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