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Deux poids, deux mesures?

Initialement, le centre récréosportif devait se concrétiser en plusieurs étapes, dont la construction de la piscine Annie Pelletier. (photo : courtoisie)
Initialement, le centre récréosportif devait se concrétiser en plusieurs étapes, dont la construction de la piscine Annie Pelletier. (photo : courtoisie)

L’annonce de la construction d’un centre de loisirs dans Hochelaga-Maisonneuve a remis la question du centre récréosportif à l’ordre du jour dans Mercier-Est.

Dans Hochelaga-Maisonneuve, on attend depuis de nombreuses années la construction d’un centre de loisirs. Ce nouveau bâtiment prendra place aux coins des rues Moreau et de Rouen. Au total, l’arrondissement injectera 11 M$ dans ce projet et la ville-centre, 4 M$, a-t-on annoncé le 18 mai dernier. L’édifice de trois étages permettra entre autres d’accueillir les activités du Centre communautaire Hochelaga.

Si Solidarité Mercier-Est (SME) ne nie pas les besoins d’Hochelaga-Maisonneuve, la table de quartier rappelle que les besoins d’infrastructures sportives et communautaires sont criants dans Mercier-Est. Ce n’est d’ailleurs pas d’hier que les groupes et les citoyens portent ce dossier, soutient Émilie Auclair, directrice générale de l’organisme. « Les citoyens se sont mobilisés pendant 20 ans autour de ce dossier, avant la construction de la piscine Annie-Pelletier. » En effet, faute de financement, le projet avait été divisé en étapes, selon le communiqué à cette époque. La deuxième portion du centre, qui devait inclure gymnases et salles communautaires, se fait toujours attendre.

Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard s’était engagé, lors de l’élection 2009, à construire une infrastructure dans Mercier-Est, rappelle-t-il. Une promesse qu’il a tenue, estime-t-il. « Dès mon entrée en politique, je me suis engagé à doter Mercier-Est d’une infrastructure sportive. C’était une priorité et ça a été fait. Nous avons consulté les citoyens démocratiquement pour savoir s’ils voulaient une piscine ou un centre communautaire et ils ont opté pour la piscine. Un projet de 14 M$. »

Mais Mercier-Est n’est pas le seul secteur de l’arrondissement à avoir besoin d’infrastructures majeures. Les investissements ne peuvent donc pas s’y concentrer, explique-t-il. « En 2013, je m’étais cette fois engagé à investir dans Hochelaga-Maisonneuve. Pour ce mandat, nous avons plutôt travaillé pour doter la portion sud-ouest du quartier d’un centre communautaire. » Une demande qui remonte à 15 ans.

S’il n’écarte pas l’idée de financer la construction d’un éventuel centre récréosportif comportant gymnases et locaux communautaires dans Mercier-Est, Réal Ménard soutient qu’il ne s’agit pas d’un projet prévu à court terme.

Des mécontents

Les Badauds de Mercier-Est, ce groupe de citoyens très impliqué dans le quartier, ont également réagi à cette annonce, via Facebook. Ils ont rappelé que la piscine Annie-Pelletier avait été entièrement financée par l’arrondissement, sans aide de la ville-centre. Une taxe locale a aussi été prélevée pour financer cette construction. « Pour le nouveau centre communautaire, l’argent proviendra de l’arrondissement et de la Ville-Centre. Il n’est pas indiqué que les citoyens du quartier Hochelaga seront taxés. Si tel est le cas, il y a injustice. Pourquoi sommes-nous traités différemment dans Mercier-Est », peut-on lire sur le média social.

Le maire Ménard se réjouit plutôt du fait que la ville-centre est prête à investir dans ce genre de projets : « À l’époque, on avait demandé de l’aide et cela n’avait pas été possible. Maintenant, ce l’est, ce qui est une bonne nouvelle en soi. »

Des engagements en vue des élections?

À l’aube des élections municipales, Émilie Auclair rappelle que les besoins en infrastructures sportives sont toujours aussi grands. Peut-être même plus, alors le nombre de jeunes familles dans le quartier est en hausse constante. « Il y a un problème important de mobilité dans le quartier, ce qui fait qu’il peut être difficile de se déplacer, par exemple en transport en commun, dont il faut tenir compte. Et Mercier-Est compte un taux très élevé d’asthme, d’obésité et d’autres problèmes de santé. D’où l’importance d’investir dans ce genre d’infrastructures qui favorisent l’activité physique et un mode de vie actif. »

D’ailleurs, Solidarité Mercier-Est avait prévu demander aux futurs candidats de s’engager sur ce sujet, pour la prochaine campagne électorale. La directrice de SME invite donc les différents paliers gouvernementaux, notamment la ville-centre, à se mobiliser pour l’Est de Montréal et à investir dans des infrastructures publiques dans Mercier-Est.

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