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Hausses de loyer décriées à la CSDM

Élus, Vie de quartier
Membres, bénévoles et employés du Chez-Nous de Mercier-Est ont manifesté avec d'autres groupes communautaires pour dénoncer les hausses de loyers exigées par la CSDM. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Membres, bénévoles et employés du Chez-Nous de Mercier-Est ont manifesté avec d’autres groupes communautaires pour dénoncer les hausses de loyers exigées par la CSDM. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Plusieurs organismes communautaires ont dénoncé d’une même voix les hausses de loyers exigées par la Commission scolaire de Montréal (CSDM) lors d’une manifestation qui s’est déroulée le 24 mai dernier. Parmi eux, le Chez-Nous de Mercier-Est, pour qui la location d’un stationnement passera de la somme symbolique de 1 $ à 30 000 $ par année.

Membres, bénévoles et personnel de ce groupe s’adressant aux aînés ont donc profité du conseil des commissaires pour manifester leur désaccord face à cette décision. « Cette hausse nous met devant deux choix. Nous devons soit mettre une croix sur notre stationnement, ce qui réduirait l’accessibilité aux services pour certains aînés qui ne peuvent se déplacer autrement qu’en voiture ou réduire les services, en coupant un poste », a plaidé Léo Fortin, directeur général de Chez-Nous de Mercier-Est.

Une situation qui n’est pas unique au Chez-Nous de Mercier-Est. Si l’organisme doit subir une importante augmentation de loyer pour utiliser une ancienne cour d’école en guise de stationnement, c’est le cas de tous les groupes installés dans des établissements scolaires inutilisés par la CSDM. Ces « bâtiments excédentaires », 68 selon les données de la CSDM, font ou feront tous l’objet de hausses que plusieurs jugent très élevées. Un exemple parmi d’autres, celui du CPE Alexis le Trotteur, qui a vu sa facture passer de 77 000 $ en 2013 à 122 000 $ en 2018.

« La CSDM se comporte comme un propriétaire privé alors qu’elle gère des bâtiments publics. La loi sur l’instruction publique précise pourtant que les commissions scolaires doivent favoriser l’utilisation des bâtiments excédentaires par des organismes publics ou communautaires », a dénoncé Marie-André Painchaud du Carrefour d’éducation populaire de Pointe Saint-Charles lors de la manifestation. Des augmentations qui mettent en péril les services et parfois même la survie de certains d’entre eux, a-t-elle ajouté.

Une trentaine d’organismes ont donc uni leur voix pour dénoncer la situation et refuser de signer le bail tel qu’il leur est proposé actuellement. Dans le quartier, le Chez-Nous de Mercier-Est et Production Jeun’est, organisme d’insertion installé dans une ancienne école rue Hochelaga, ont joint le mouvement. « Nous sommes ici par solidarité avec le Chez-Nous de Mercier-Est, puisque nous utilisons aussi le stationnement, mais nous nous trouvons également dans le collimateur, car notre bail sera renouvelé l’an prochain. Nous ne savons pas encore combien on nous demandera, mais si notre loyer triple, on ne pourra pas y arriver », s’inquiète Pier Colbert, directeur général.

Entretenir son parc immobilier

Pour la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, difficile pour la commission scolaire de puiser à même ses budgets pour entretenir ses immeubles excédentaires. En effet, elle ne reçoit aucune aide financière pour mener des travaux sur ces bâtiments, où sont installés groupes communautaires, CPE, etc. Et les loyers actuels sont trop bas pour payer des rénovations plus que nécessaires.

« Si on pouvait, on offrirait des baux au rabais. Mais si on n’investit pas dans nos immeubles, dans quelques années, certains édifices devront être condamnés. Ce qui n’est pas une bonne chose ni pour les organismes qui perdront leur toit ni pour la commission scolaire qui a pour mission de conserver ses bâtiments publics », a-t-elle expliqué.

Catherine Harel Bourdon invite donc les représentants des groupes et des CPE à cogner à la porte des autres paliers gouvernementaux pour recevoir de l’aide. D’ailleurs, le conseil des commissaires a adopté une résolution pour demander du soutien de la Ville de Montréal à ce chapitre, dans le cadre de la future politique de développement social, qui sera votée en juin prochain.

« Nous demandons donc aux élus montréalais que nous partagions la responsabilité pour offrir des locaux abordables aux organismes communautaires, ce qui ne peut uniquement reposer sur les épaules de la CSDM », explique Émilie Auclair, commissaire scolaire de Mercier. La CSDM aimerait aussi travailler de concert avec les regroupements d’organismes communautaires pour porter leurs revendications au niveau gouvernemental, ajoute-t-elle.

Pour ce qui est du dossier du Chez-Nous de Mercier-Est, Catherine Harel Bourdon a confirmé la volonté de la CSDM de négocier avec eux, pour qu’ils puissent utiliser seulement une partie du stationnement et ainsi réduire leur facture. Une solution qui avait déjà été évoquée, mais qui n’a rien donné de concret jusqu’à maintenant, selon Léo Fortin. Une histoire à suivre.

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