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L’autoroute de la biodiversité

Environnement, Transport
Les bordures de l'autoroute 25 feront l'objet d'un projet-pilote, avec des aménagements favorisant la biodiversité. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Les bordures de l’autoroute 25 feront l’objet d’un projet-pilote, avec des aménagements favorisant la biodiversité. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Le chantier de l’autoroute 25 pourrait devenir un terreau fertile pour expérimenter des aménagements plus écologiques que le gazon. Une expérience qui pourrait servir ensuite à reverdir les abords routiers un peu partout dans la province.

Si le gazon donne une touche de vert aux abords des routes, sa valeur est plus cosmétique qu’autres choses. « C’est certainement mieux que de l’asphalte, mais dans les faits, le gazon a une très faible valeur écologique », explique Emmanuel Rondia, responsable campagnes Espaces verts et milieux naturels au Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal).

Pour tester de nouveaux aménagements, l’organisme s’est associé à la toute nouvelle Chaire Hydro-Québec / CRSNG sur le contrôle de la croissance, qui s’intéresse entre autres à la foresterie urbaine. « Nous voulons d’abord créer une guide des bonnes pratiques qui s’inspirera de ce qui se fait de mieux à travers le monde en matière d’aménagement écologique des emprises d’autoroutes. Ensuite, nous allons nous pencher plus précisément sur le secteur de l’autoroute 25 pour déterminer quels seraient les endroits les plus propices pour intervenir. Nous allons ensuite pouvoir faire des suggestions au ministère des Transports qui, lui, pourra prendre ce cahier des charges en main pour la réalisation », ajoute le chargé de projet.

Ainsi, les bretelles d’accès  à l’autoroute 25, les plates-bandes ou les emprises en abord des voies pourraient se voir couvrir de fleurs de champs, d’arbustes, de graminées, de plantes indigènes, etc. Si les détails restent à définir, l’objectif est clair, soit implanter des plantes résistantes qui ne nécessiteraient que peu ou pas d’entretien, diminuant la facture à long terme tout en augmentant la valeur écologique de lieu.

« Nous allons donc regarder tous les endroits où on peut planter, aménager, pour présenter des suggestions différentes et innovantes en termes de végétaux et d’espèces qui sont plantées. » Comme plusieurs résidences se situent aux abords de l’autoroute, les chercheurs tenteront aussi d’ajouter une touche de beauté avec leurs plantations.

Un laboratoire scientifique

Ce projet novateur permettra également à l’équipe de tester leurs bonnes idées. « Les chercheurs étaient bien intéressés de pouvoir faire le suivi des propositions et de voir concrètement, sur le terrain, ce qui fonctionne le mieux, explique Émmanuel Rondia. Cela va peut-être même permettre de développer de meilleures pratiques encore, ce qui permettra de bonifier notre guide. »

Car le chantier de l’autoroute 25 n’est qu’un projet-pilote, alors que ce futur guide de bonnes pratiques pourra servir à reverdir sur d’autres tronçons routiers. « L’idée c’est que ça serve ailleurs. Le ministère des Transports a des emprises partout au Québec. En milieu urbain, en particulier, il y a des aménagements qui peuvent être réalisés. » En plus de verdir ces autoroutes, ces principes pourraient aussi s’appliquer aux terrains d’Hydro-Québec, ajoute-t-il.

Si le document de référence devrait se réaliser cet été, le groupe prévoit déposer ses recommandations quant à l’autoroute 25 d’ici la fin de l’année ou  au début de l’an prochain. Ainsi, le MTQ pourra intégrer certaines des recommandations au printemps ou à l’automne 2018. « Il faut quand même que cela se fasse rapidement, pour que cela se concrétise pendant les travaux », explique Emmanuel Rondia.

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