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La consultation sur la future Cité de la logistique contestée

Le maire de l'arrondissement, Réal Ménard. (photo : Mélanie Dusseault, courtoisie arrondissement MHM)
Le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. (photo : Mélanie Dusseault, courtoisie arrondissement MHM)

La nouvelle consultation publique sur la future Cité de la logistique annoncée pour le 31 mai et le 15 juin prochains laisse sceptiques les citoyens qui avaient réussi à récolter 6600 noms pour qu’un tel exercice soit organisé.

Ce n’est pas la première fois que l’arrondissement organise des consultations publiques au sujet de la future Cité de la logistique, un projet qui devrait prendre place sur d’immenses terrains industriels laissés vacants entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est. Des rencontres qui, chaque fois, ont laissé les citoyens sur leur faim.

Une situation qui risque de se reproduire cette fois-ci encore, estime la conseillère de Longue-Pointe, Laurence Lavigne-Lalonde. Et ce, même si cette nouvelle consultation est le fruit de la démarche en droit d’initiative des citoyens en matière de consultation publique. Une première depuis son implantation, en 2010. « Les citoyens craignent qu’avec tous les efforts qu’ils ont mis dans la mobilisation, on n’organise pas une réelle consultation, en apportant de nouvelles informations. Il y a une crainte qu’il n’y ait rien de nouveau de présenté, surtout en si peu de temps », souligne l’élue de Projet Montréal.

« On est inquiet, on veut des réponses et on tourne en rond », affirme pour sa part Paule Dufour, l’une des instigatrices du mouvement de contestation. En effet, lors de la rencontre publique du 28 janvier dernier, les différents intervenants au dossier, comme le Port de Montréal, le Canadien National (CN) ou le ministère des Transports (MTQ), n’ont pas pris la parole. « On a beau avoir repris le libellé de la pétition comme tel, si la discussion se limite à un échange entre l’arrondissement et les citoyens, cela n’y changera rien », ajoute Laurence Lavigne Lalonde.

Pour l’élue, il aurait fallu confier le mandat directement à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) qui offre un cadre de discussion plus large, en plus d’être indépendant. Ce que la réglementation actuelle ne permet pas : comme c’est un dossier d’arrondissement, c’est l’arrondissement qui est responsable d’organiser la consultation, explique-t-elle. L’élue a d’ailleurs demandé au conseil municipal de modifier ce règlement, une suggestion qui n’a pas passé la rampe. « Quand plus de 6600 personnes disent vouloir être consultées, on devrait applaudir leur engagement et leur offrir le nec plus ultra de la consultation, soit l’OCPM », a-t-elle indiqué sur Facebook.

Trop rapide, jugent certains

Paule Dufour dénonce le caractère précipité de la consultation. Selon elle, il aurait fallu laisser plus de temps aux citoyens ainsi qu’aux différents intervenants pour se préparer adéquatement à cette rencontre. Un argument que réfute le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. « Le débat dure depuis le début de l’année 2016, soit un an et demi. On a organisé une première rencontre au début de l’année où on a donné toute l’information qu’on avait, en tant qu’arrondissement, sur le sujet. »

Le maire assure aussi que les différents intervenants dans ce dossier ont été invités à participer à l’exercice. « On a demandé au Port, au MTQ, au CN et à Cargo M d’être présents sur place pour répondre aux questions des citoyens. On est très confiants qu’ils seront présents. » Il réfléchit aussi aux études d’impacts demandées par les citoyens. Selon lui, il est difficile d’analyser le tout, car il n’y a de projet comme tel en ce moment. Mais il n’est pas fermé à l’idée, si c’est possible.

Réal Ménard rappelle aussi la promesse de donner un mandat à l’OCPM sur ce dossier, dès que le débat réglementaire serait clos dans l’arrondissement. « On ne pouvait pas reprendre les termes de la pétition, car on ne peut pas leur confier un mandat qui n’entre pas dans sa juridiction. On travaille actuellement pour créer un mandat suffisamment large pour que tout le monde puisse s’exprimer et qui permettra d’avoir une planification d’ensemble », ajoute-t-il.

Même s’ils se disent déçus du processus, les citoyens impliqués autour du dossier invitent les citoyens à se rendre en grand nombre à la consultation, qui a été peu publicisée jusqu’à maintenant, estime Paule Dufour.

En savoir plus
La consultation publique se déroulera au Centre Guybourg
1905, rue de Cadillac

Mercredi 31 mai, à 19 h
Présentation du dossier et question des participants

Jeudi 15 juin, à 19 h
Dépôt de mémoires et présentation des opinions

 

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