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Louis-Riel : Une cohabitation qui passe mal

Éducation, Politique
Élèves, professeurs et parents de l'école Louis-Riel ont manifesté devant les locaux, le 24 mai, pour dénoncer la relocalisation temporaire du Centre Tétreaultville dans leurs locaux. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Élèves, professeurs et parents de l’école Louis-Riel ont manifesté devant les locaux, le 24 mai, pour dénoncer la relocalisation temporaire du Centre Tétreaultville dans leurs locaux. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Dès septembre 2017, l’école Louis-Riel devra accueillir temporairement les 200 élèves du Centre d’éducation aux adultes Tétreaultville. Une cohabitation qui passe mal auprès du personnel enseignant, des parents et des élèves qui ont profité du conseil des commissaires du 24 mai pour dénoncer cette décision de la CSDM.

Après avoir accueilli les élèves de l’école Baril pendant sa reconstruction, profs et élèves de Louis-Riel rêvaient de retrouver l’espace perdu depuis 2012 à cause de cette cohabitation. Mais la décision de la CSDM d’y relocaliser les élèves du centre Tétreaultville a tué dans l’œuf tous projets. « Il est difficile de circuler dans les corridors. Entre la deuxième et la troisième période, nous n’avons que cinq minutes pour nous rendre à nos cours et c’est la congestion. Dans ces conditions, c’est impossible de se rendre aux toilettes, par exemple », a plaidé Islam Shariful, représentant du conseil des élèves devant les commissaires.

Manque de locaux pour implanter un café étudiant, cafétéria trop petite pour accueillir tous les élèves, enseignants qui doivent se déplacer entre chaque cour, activités parascolaires limitées faute d’espace : la liste des irritants est longue. « Nous ne sommes pas des chiffres, nous sommes des humains et nous avons besoin de locaux pour réussir », a lancé l’étudiant de secondaire trois. Une déclaration applaudie.

Effet domino

Si l’école Louis-Riel doit accueillir en son sein les élèves du centre Tétreaultville, c’est parce que cet établissement deviendra l’hôte de l’école Saint-François-d’Assise. En effet, cet établissement primaire de Mercier-Est qui compte 350 élèves fera l’objet de travaux d’agrandissements. Si au départ, le chantier devait se réaliser en cohabitation, la commission scolaire a fait volte-face en décembre dernier. L’école primaire sera relocalisée au Centre Tétreaultville le temps des travaux, évaluée à deux ans. Pendant cette période, les adultes fréquentant l’établissement s’installeront à Louis-Riel.

Une décision prise unilatéralement et sans consultation dénoncent le conseil d’établissement, le conseil des élèves, les enseignants et le comité des parents, a souligné Absa Diallo, vice-présidente du conseil d’établissement. Une pétition de plus de 1200 signatures a d’ailleurs été déposée, pour appuyer cette contestation.

Ce changement de cap contrevient carrément à la Loi sur l’instruction publique et à la réglementation de la CDSM, a plaidé Dominique Lalonde, membre du comité de parents et avocat. « Dès que nous avons su que les élèves de l’école Baril, nous avons voté une résolution pour reprendre nos locaux, en novembre 2016. Mais la CSDM est passée au-dessus de nos têtes », explique-t-il.

Une version que réfute Catherine Harel Bourdon. La présidente de la commission scolaire estime que le processus a été respecté. « Vous aviez dit que vous vouliez reprendre vos locaux, mais cela ne veut pas dire que le conseil des commissaires va aller de l’avant et être favorable à votre recommandation. Le conseil des commissaires doit prendre en perspectives les besoins de l’ensemble des écoles. »

Une école transitoire

La CSDM plaide également que l’école Louis-Riel fait partie de ses « écoles transitoires », des établissements aménagés pour faire face à ce genre de situation. Une autre décision prise sans consultation, estiment les parents mobilisés dans ce dossier. « Nous avons injecté 3 M$ pour permettre aux élèves de l’école Baril d’être localisés dans une aile distincte, avec une porte d’entrée indépendante. C’est une aire fermée. Cela nous a aussi demandé de reconfigurer l’école », explique Émilie Auclair, commissaire scolaire de Mercier. Ce serait donc difficile, dans le contexte budgétaire actuel, d’investir des montants supplémentaires pour installer ces élèves ailleurs, explique-t-elle.

De plus, s’installer à l’école Louis-Riel constituait le meilleur choix, selon Émilie Auclair. Une façon de conserver le Centre Tétreaultville le plus près possible de son emplacement initial. « Les élèves qui fréquentent ce centre se déplacent en transport en commun. Il faut donc en tenir compte dans le choix de l’emplacement. » La commissaire plaide aussi pour une plus grande ouverture envers ces adultes qui décident de retourner sur les bancs de l’école.

À la sortie de la rencontre, parents et élèves étaient déçus de la réponse de la CSDM qui maintient sa position. Mais le groupe n’entend pas en rester là. En plus d’avoir déposé une plainte au protecteur du citoyen et au protecteur de l’élève, les parents rencontrés examinent aussi la possibilité d’intenter un recours en justice, car ils demeurent convaincus que la CSDM n’a pas respecté les règlements dans ce dossier.

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