Publicité

Storytelling : Quand la BD sort de sa bulle

Culture
Paul Brunet et Paul Abraham se prêtent au jeu des photographies western, lors du vernissage de l'exposition Storytelling. (photo : Bruno Dos Santos)
Paul Brunet et Paul Abraham se prêtent au jeu des photographies western, lors du vernissage de l’exposition Storytelling. (photo : Bruno Dos Santos)

Qui a dit que les personnages de bande dessinée devaient vivre seulement dans les cases d’un album? Certainement pas Paul Brunet et Paul Abraham, deux artistes en arts visuels qui ont fait sortir le neuvième art de son cadre pour l’exposition Storytelling, présentée jusqu’au 30 juin à la Maison de la culture Mercier.

Dans un parcours créé pour l’occasion, l’exposition Storytelling invite les visiteurs à plonger dans un univers à cheval entre le western et le fantastique façonné par les deux artistes. Pendant une semaine, Paul Brunet et Paul Abraham se sont occupés de préparer la salle, montant des cloisons pour indiquer le cours de l’histoire, choisissant l’ordre des tableaux, peignant des murales, etc. « On s’est influencé l’un et l’autre pour monter le tout. Par exemple, j’ai attendu à la dernière minute que toutes les œuvres soient installées pour peindre mes murales et m’assurer que le tout soit cohérent », raconte Paul Brunet.

D’ailleurs, lors du vernissage qui s’est déroulé le 27 mai dernier, ils venaient tout juste de mettre la touche finale aux installations. « La peinture sur le titre à l’entrée est encore fraîche », lance Paul Abraham lors de notre entretien avec les deux artistes.

Interprétations multiples

Dans cette exposition, les visiteurs peuvent rencontrer plusieurs icônes de la BD à travers un parcours semé de personnages, de codes et de symboles. Chaque personne est donc invitée à s’y forger sa propre interprétation et son histoire. « C’est très intéressant de travailler la bande dessinée parce que cela nous permet d’explorer la symbolique, la narrativité et l’iconographie, entre autres. Nous créons des personnages qui frôlent le fantastique, l’étrangeté, le bien et le mal. J’utilise aussi plusieurs symboles religieux », explique Paul Abraham.

Car il ne faut pas se laisser berner par le style coloré et naïf des œuvres composant la trame de Storytelling. Si les enfants sont attirés par les superhéros et la vache en suspension, les dessins font office de symboles. « Sous l’image très puérile du style, on peut traiter des sujets très adultes, très contemporains, précise Paul Abraham. J’ai choisi le western parce que j’aime bien, mais c’est aussi de façon de référer à Trump. D’autres images symbolisent la décadence, la chute du superhéro, etc. » D’autres installations constituent aussi un clin d’œil au courant pop art, qui puisait ses racines dans le mouvement contestataire de l’époque, en opposition contre la guerre au Viêt Nam, par exemple.

Sortir des sentiers battus

Ce n’est pas la première fois que les deux artistes unissent leurs talents. Déjà, ils avaient travaillé de concert pour une exposition organisée dans les locaux d’Ubisoft. Storytelling s’inscrit dans la continuité de cette première association. « Le fait de sortir des sentiers battus et de montrer que la bande dessinée est aussi une forme d’art contemporain est vraiment au cœur de notre démarche », résume Paul Brunet.

En effet, s’il est de plus en plus habituel de voir la BD s’inviter au musée ailleurs dans le monde, c’est plus rare ici. Et pas besoin d’aller tellement loin pour trouver des exemples de ce mouvement, ajoute l’artiste. « Par exemple, certains artistes comme Jim Shaw développent leurs personnages de façon très picturale et s’exposent dans plusieurs musées aux États-Unis », illustre-t-il. Storytelling s’inspire donc de ce courant et permet à la BD de s’éclater en dehors du cadre, que ce soit dans des murales, des projections, des installations, des sculptures, etc.

Rencontres à l’horaire

La BD s’exposera même à l’extérieur de la Maison de la culture Mercier. En effet, pour l’occasion, l’édifice sera orné d’un ours et d’un superhéros, rappels de Storytelling. « Nous avons aussi créé une œuvre d’art mobile pour l’occasion, la vache en cavale. Il s’agit de la reproduction d’une installation qu’on retrouve à l’intérieur. Nous pouvons la sortir dehors et la déplacer à notre guise, histoire d’attirer l’attention des visiteurs », explique Marie-Christine Rivest, responsable des expositions. Un fanzine, genre de petit guide sur l’expo,  est également disponible gratuitement, ajoute-t-elle.

Mais surtout, l’équipe a voulu créer une occasion de rencontre entre le public et les artistes. Ainsi, le 3 juin prochain, les visiteurs pourront discuter avec Paul Brunet et Paul Abraham de leur art et des leurs inspirations. À l’horaire aussi: deux ateliers permettant d’expérimenter des techniques utilisées par ces deux artistes. « Nous avons également offert des visites animées aux écoles de quartier et, jusqu’à maintenant, 400 élèves sont inscrits », ajoute Julie Gauthier, agente culturelle à la Maison de la culture.

Storytelling est présenté dans le cadre de l’événement « Un million d’horizons (1 x 19 = 1 000 000) », qui proposera plus de 32 expositions professionnelles dans les 19 arrondissements de Montéal pour le 375e anniversaire de Montréal.

En bref
Sorytelling //gratuit
À la Maison de la culture Mercier
Jusqu’au 30 juin
Visite animée et ateliers//gratuit
Samedi 3 juin, de 13 h à 17 h
Information et inscriptions : 514-872-8755

 

 

Vos commentaires
loading...