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Cas curieux d’une ancienne religieuse du couvent de Lachine qui sort de l’asile Saint-Jean de Dieu

Histoire
L’article dans l’édition du 17 août 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ).
L’article dans l’édition du 17 août 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ).

Un dilemme entre religieuses est entre les mains du tribunal.

Le 17 août 1904, le Journal La Patrie relate l’histoire d’une religieuse qui aurait été internée 22 mois contre son gré à Saint-Jean de Dieu. Jusqu’ici, il n’y a rien de particulier; ce n’est pas la première fois que des personnes, particulièrement des femmes, y soient enfermées sans aucune raison.

Mais ce qui est plutôt curieux dans notre cas ici, c’est plutôt qu’elle dit vouloir réintégrer son couvent, à Lachine. Mais les sœurs, elles, ne veulent pas!

Voici ce qu’on pouvait lire à ce sujet dans le quotidien :

Il y a un peu plus de 22 mois était internée à l’asile de la Longue-Pointe Mlle Zéphirina Courteau, religieuse pendant trente ans de la communauté des dames de Saint-Anne de Lachine.

Elle était religieuse professe, ayant prononcé ses derniers vœux et ayant consacré trente ans de sa vie à l’enseignement. Aujourd’hui, après 22 mois de séjour à l’asile de la Longue-Pointe, Mlle Courteau en est sortie et prétend qu’elle n’a jamais été atteinte de folie et qu’elle a été amenée à l’asile malgré ses protestations.

Elle reconnait cependant qu’avant d’être internée, on l’a fait examiner par le docteur Chagnon et le docteur Joyal, et que c’est sur leurs avis qu’elle fut conduite à l’asile.

Elle voudrait de nouveau réintégrer son couvent disant qu’elle ne peut rester dans le monde ou elle ne peut trouver le bonheur ni gagner sa vie, mais déclare qu’on refuse de la recevoir au couvent de Lachine.

L’assistante générale à qui nous avons fait part ce matin des informations ci-dessus relatées a dit n’avoir aucune déclaration à faire à ce sujet. Devant le refus des dames de Saint-Anne, à la recevoir, Mlle Courteau réclame d’elles, par l’entremise de ses avocats, MM. Beauregard et Rainville, une somme de 30,00 $ par mois comme pension alimentaire jusqu’à son décès.

Les dames de Saint-Anne lui ont fait une offre de 1 000,00 $ comme indemnité, somme qu’elle a refusée. L’affaire doit venir devant les tribunaux d’ici quelques jours.

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