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Cité de la logistique: les citoyens remettent en question le projet

Économie, Politique
(image tirée du site web de l'arrondissement MHM)
(image tirée du site web de l’arrondissement MHM)

« On dirait qu’on a eu le dernier choix au repêchage! », a lancé Réal Daoust lors de la consultation publique sur la Cité de la logisitique, le 15 juin dernier. Une phrase qui résume l’esprit général de la soirée, si l’on s’en fie au témoignage de la vingtaine de citoyens qui se sont succédé au micro.

En effet, à l’instar de M. Daoust, plusieurs citoyens se sont questionnés sur la pertinence même d’instaurer une Cité de la logistique à cet endroit. Dans un coloré plaidoyer, le citoyen a mentionné que plusieurs sites à vocation industrielle ont été convertis avec succès ailleurs à Montréal, comme le Technopole Angus, Griffintown, la cour de triage d’Outremont, etc. Des projets intéressants pour leur communauté, qui apportent une plus-value.

Ce qui n’est pas le cas avec le projet de la future Cité de la logistique, a-t-il continué, alors que la liste des désavantages est nettement plus longue que celle des avantages. « Le principal avantage, c’était la création d’emplois alors l’arrondissement disait que le projet permettrait d’en créer 4000, Cargo M a plutôt parlé de 300 emplois lors de la dernière soirée. En plus, ce sont des emplois peu qualifiés et précaires, puisqu’ils sont facilement remplaçables par des robots. »

Dans la même veine, Carl Bégin a rappelé que sur le terrain de l’ancienne Fonderie canadienne d’acier coule encore le ruisseau Molson. Une pétition circule d’ailleurs pour sa restauration. De plus, trois boisés s’y retrouvent aussi, abritant renards, hérons et autres animaux. « On y retrouve non seulement une riche biodiversité faunique et florale, mais le terrain offre une vue sur les plus importantes icônes de Montréal, comme le stade, le centre-ville, etc. » L’occasion de créer un projet visant la réhabilitation de ce site, plutôt que d’y implanter de l’industrie lourde.

Des mesures pour favoriser l’acceptabilité sociale

Plusieurs se sont aussi demandé comment la future Cité de la logistique pourrait améliorer la qualité de vie des gens de l’Est de Montréal. Par exemple, Mireille Goulet a dressé un parallèle avec Malartic, où une mine d’or à ciel ouvert est exploitée en plein cœur du village. La compagnie Osisko y a multiplié les gestes pour atténuer les conséquences de ses activités et améliorer la qualité de vie des citoyens.

Suivis serrés des impacts comme le bruit, le son, la pollution, relocalisation des maisons situées trop près de la mine, subventions à la rénovation de certains bâtiments : voici quelques-unes des actions posées par l’entreprise que la citoyenne a présentées. Une façon pour elle de démontrer qu’en écoutant la population et en travaillant en toute transparence, il était possible de faire du développement économique de façon harmonieuse et durable.

Dans la même veine, Daniel Chartier a aussi plaidé pour que ce projet soit synonyme d’aménagements de qualité. « Le Port, la ville et le ministère des Transports ont détruit un ensemble patrimonial exceptionnel en construisant sur le village de Longue-Pointe, l’un des plus anciens à Montréal. » Il estime donc que ces trois acteurs impliqués dans la future Cité de la logistique, devraient y voir l’occasion de réparer les erreurs du passé.

Parmi plusieurs autres éléments, le Collectif en environnement Mercier-Est a aussi réclamé un moratoire « non seulement au (sujet du) développement de la Cité de la logistique, mais également (sur) l’ensemble des activités reliées à ce type d’activités dans l’est de l’île de Montréal tant et aussi longtemps que des réponses crédibles et satisfaisantes n’auront pas été données aux questions légitimes des citoyens. »

Le dossier devrait maintenant être analysé sous la loupe de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). « La vraie consultation, celle de l’OCPM, devra tout mettre sur la table, incluant la remise en question du type de développement associé à la Cité de la logistique, et cela, peu importe le résultat des prochaines élections municipales », estime toutefois Raymond Moquin.

Comme il y avait trop de gens inscrits pour la soirée du 15, une autre période a été ajoutée le 17 juin. Le Journal de Mercier-Est n’était pas présent lors de cette deuxième présentation.

En savoir plus

Examiner les gestes du passé pour mieux comprendre ceux à venir: optimiser les interfaces entre le port de Montréal et Mercier-Est, mémoire déposé par Daniel Chartier

La Cité de la logistique: faute de réponses, un moratoire doit être imposé, mémoire déposé par le Collectif en environnement Mercier-Est

Ensemble des mémoires déposés

 

 

 

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