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Cité de la logistique : la consultation ne dissipe pas les craintes

Économie, Élus
La salle était bondée, lors de la consultation publique sur la cité de la logistique. (photo : Anne-Marie Tremblay)
La salle était bondée, lors de la consultation publique sur la cité de la logistique. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Si la première partie de la consultation publique sur la Cité de la logistique menée via le droit d’initiative n’a pas dissipé les craintes des citoyens, certains espèrent qu’il s’agit d’un premier pas vers un dialogue entre les résidants et les différents acteurs du projet. Compte rendu.

En effet, si ce n’est pas la première fois qu’une consultation publique se tient sur la question de la Cité de la logistique, c’est la première fois qu’elle réunit des acteurs comme la Direction de la santé publique (DSP), le Port de Montréal, le Canadien National (CN), Cargo M, grappe industrielle axée sur la logistique et le ministère du Transport du Québec (MTQ). Ils étaient tous sur place, le 31 mai dernier, pour répondre aux questions des citoyens.

«Le fait d’avoir réuni tous ses intervenants pour répondre à nos questions montre qu’avec tout ce qui s’est passé au cours des derniers mois, ils sont obligés de se préoccuper des gens », estime Patricia Clermont, citoyenne très impliquée dans ce dossier. « Selon moi, c’est un bon début, car ces intervenants ne pourront plus faire fi des préoccupations des citoyens. Est-ce qu’on a eu les réponses à toutes nos questions? Ça aurait été illusoire de croire cela. Mais c’est un bon début. J’espère que c’est le signe d’un dialogue qui s’amorce. Mais j’ai tendance à être optimiste! »

Plusieurs détails manquants

Malgré tout, plusieurs citoyens sont ressortis déçus de la soirée. Selon eux, de grands pans de ce projet restent flous, ce qui donne une vision partielle des enjeux. Par exemple, impossible de savoir où passera le futur prolongement des rues Souligny  et l’Assomption vers Notre-Dame. Toutefois, la proposition faite par les deux députés provinciaux Maka Kotto et Carole Poirier, qui suggérait de faire passer le tout plus loin des résidences n’est pas écartée, a expliqué le représentant du MTQ. Autres questions restées sans réponse : le nombre d’entreprises qui devraient s’installer sur les terrains.

Les citoyens de Mercier-Est, quant à eux, craignent une augmentation de la circulation avec tous les inconvénients qui viennent avec : bruit, pollution, congestion routière, etc. « Les études ont démontré que les gens de l’est ont une espérance de vie plus courte de neuf ans que ceux de l’ouest de l’île, a rappelé Suzie Miron, résidante du quartier. Quel sera l’impact d’un tel projet sur la santé des citoyens? »

Une question à laquelle il est difficile de répondre, a souligné Stéphane Perron, docteur à la Direction de la Santé publique (DSP). « Beaucoup de secteurs de la ville sont exposés à différents problèmes. Je ne peux pas répondre à cela à brûle-pourpoint, car nous n’avons pas de données. » Des études sont réclamées depuis le début par le Collectif en environnement Mercier-Est, sans succès, déplore le groupe. Aucun engagement en ce sens n’a été pris lors de la soirée.

Actuellement, les stations d’échantillonnage mesurant la qualité de l’air se trouvent près de l’aréna Chénier, à Anjou ou dans Hochelaga-Maisonneuve, donc loin de la future Cité de la logistique et de Mercier-Est. De plus, les détails de ce projet ne sont pas dévoilés, ce qui rend les analyses difficiles. « Mais il est certain que le fait de vivre près des autoroutes augmente les problèmes, même si ce n’est spécifique à votre quartier », a-t-il ajouté.

Idem pour les citoyens exposés au bruit excessif ce qui engendre des effets sur leur santé, comme des troubles du sommeil, de l’hypertension et même des maladies cardiovasculaires. Selon les limites fixées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le bruit ne devrait pas dépasser 50 décibels le jour et 40 décibels la nuit.

Nuisances sonores existantes

Déjà, plusieurs citoyens d’Hochelaga-Maisonneuve subissent les inconvénients causés par le terminal Viau du Port de Montréal et par la voie ferrée opérée par le CN situé tout près de chez eux. Des nuisances qui risquent d’augmenter avec l’implantation d’une Cité de la logistique, craignent-ils, alors que certains sites se trouvent tout près de leurs résidences.

En effet, rappelons que ce projet prévoit la transformation de grands terrains industriels laissés vacants au fil du temps. Ces 10 millions de pieds carrés s’étendent entre Hochelaga-Maisonneuve et l’autoroute 25. Comme ils sont situés tout près des axes de transport – voie ferrée, autoroute, port, etc. – ils constituent l’endroit tout indiqué pour implanter des entreprises liées à la logistique. Selon les estimations de l’arrondissement, le projet pourrait créer 4000 emplois directs et 2000 emplois indirects.

Déjà, le nombre de plaintes quant au bruit a augmenté au cours des dernières semaines, a constaté Daniel Dagenais, vice-président aux opérations au port de Montréal. Il a aussi indiqué qu’il travaillait de concert avec le locataire et exploitant du terminal, la compagnie Termont, pour tenter de diminuer ces nuisances.

Une deuxième soirée, cette fois réservée à la présentation de mémoires et d’opinions, sera à l’horaire le 15 juin prochain au Centre de loisirs et d’animation culturelle de Guybourg (1905, rue de Cadillac).

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