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L’église Saint-Victor ressuscite

Immobilier, Vie de quartier
Une partie de l'église Saint-Victor sera conservée dans ce projet alliant patrimoine et modernité. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Une partie de l’église Saint-Victor sera conservée dans ce projet alliant patrimoine et modernité. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Fermée depuis 2015, l’église Saint-Victor accueillera un projet destiné aux aînés aux prises avec des problèmes d’itinérance. Un projet signé le PAS de la rue.

Évalué à 15 M$, le projet « Un second pas » permettra de construire quarante logements adaptés aux personnes de 55 ans et plus sans-abri ou vulnérables à se retrouver dans la rue. Une expertise développée par l’organisme le PAS de la rue depuis sa fondation, il y a tout près de vingt ans.

Ces habitations à prix modiques permettront d’allier modernité et patrimoine, puisque certains éléments du bâtiment religieux construit en 1926, comme le clocher et la façade, seront conservés. Ainsi, le premier tiers de l’église sera conservé et abritera un centre de jour pour ces aînés. Les deux tiers restants seront démolis pour faire place à une cour intérieure. L’ancien presbytère sera aussi mis à terre pour faire place aux logements.

De ce montant, 7M $ serviront à construire une coopérative d’habitation comptant 35 logements destinés aux familles, précise aussi Robert Beaudry, directeur de l’organisme le PAS de la rue. « Cela nous permettra de créer un milieu de vie inclusif où les 55 ans et plus auront la chance de retrouver un chez-soi, tout en évitant les ghettos et en favorisant la mixité sociale. »

Plusieurs élus et partenaires étaient réunis pour cette annonce. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Plusieurs élus et partenaires étaient réunis pour cette annonce. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Car, l’objectif d’un tel projet, c’est d’offrir une chance de réinsertion à ces aînés, en leur donnant non seulement un toit, mais aussi accès à des services, à de l’accompagnement sur mesure, aux ressources communautaires du secteur, etc. « Nous avons développé une approche novatrice qui met la personne au centre des services et qui sera certainement utile, avec le vieillissement de la population », a expliqué pour sa part Jean-Paul Pratte, président du conseil d’administration de l’organisme, lors de la conférence de presse du 12 juin dernier.

« Les personnes de 55 ans et plus sont particulièrement vulnérables au phénomène de l’itinérance », affirme aussi le directeur général. En effet, il suffit d’un événement comme un deuil, une perte d’emploi ou une maladie pour faire basculer certains aînés isolés vers cette situation. « Nous constatons d’ailleurs que 50 % des personnes dorment dans les refuges actuellement ont 50 ans et plus. » Alors que le quartier est touché par un fort vieillissement, s’installer dans Mercier-Est allait de soi, ajoute-t-il.

Une réalité qui touche tout Montréal

Si sans-abri va souvent de pair avec gratte-ciels, ce phénomène peut aussi se retrouver au-delà des grands centres. « On estime que 50 % des personnes itinérantes se concentrent au centre-ville et que le reste se disperse dans les quartiers périphériques comme Mercier-Est, un des endroits où l’itinérance est souvent cachée », explique pour sa part Serge Lareault, fondateur du magazine L’Itinéraire qui a été nommé protecteur des personnes itinérantes à la Ville de Montréal.

D’autres marchent sur un fil si mince qu’un rien risque de les faire basculer, ajoute-t-il. « Certaines personnes sont à haut risque si bien qu’une simple augmentation de loyer de 10 ou de 15 $ par mois peut suffire à les jeter à la rue. » Ce projet permet donc de créer des infrastructures pour les gens sans domicile fixe dans le quartier, alors qu’il y a très peu de ressources pour eux, comme le soulignait un rapport du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSîM). « Ce qui est innovateur, c’est vraiment le fait que ce milieu de vie s’installera dans l’Est », ajoute Serge Lareault.

En effet, le projet « Un second PAS » constitue une première pour cette OBNL qui gère déjà une ressource du genre au centre-ville. « C’est intéressant de créer un projet qui permettra aux gens de rester dans leur milieu de vie, plutôt que de les envoyer dans les quartiers plus centraux », précise Robert Beaudry.

Même si le montage financier n’est pas encore bouclé, l’organisme PAS de la rue est propriétaire de l’église, située au coin des rues Hector et Hochelaga depuis mars dernier. Pour ce faire, le groupe communautaire a bénéficié du soutien d’Ottawa. Le groupe espère maintenant recevoir une subvention d’Accès Logis pour le volet habitation, ainsi que des dons de partenaires privés. « Nous aimerions que le tout soit complété d’ici l’horizon 2019 », a aussi précisé Robert Beaudry.

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