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Un nouveau souffle sur la rue Hochelaga

Économie
Éric Tessier, propriétaire de BMR - Quincaillerie de l'Est, Serge Godin, copropriétaire du IGA, Mylène Lessard, coproriétaire des Draperies de l'Est, Jean-François Leblanc, propriétaire du Jean Coutu et Stéphane Fiset, propriétaire du Uniprix (absent sur la photo) s'impliquent activement pour l'implantation d'une SDC dans l'axe des rues Hochelaga et des Ormeaux. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Éric Tessier, propriétaire de BMR – Quincaillerie de l’Est, Serge Godin, copropriétaire du IGA, Mylène Lessard, coproriétaire des Draperies de l’Est, Jean-François Leblanc, propriétaire du Jean Coutu et Stéphane Fiset, propriétaire du Uniprix (absent sur la photo) s’impliquent activement pour l’implantation d’une SDC dans l’axe des rues Hochelaga et des Ormeaux. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Alors que le quartier se renouvelle, plusieurs commerçants veulent s’unir pour redynamiser la rue Hochelaga. Pour lui redonner son lustre d’antan, ils travaillent actuellement à la mise sur pied d’une Société de développement commercial (SDC). Rencontre.

L’heure est aux changements dans Mercier-Est. « Si on ferme les yeux aujourd’hui et qu’on les ouvre dans 5 ou 10 ans, on ne reconnaîtra plus le quartier », illustre Serge Godin, propriétaire du IGA, l’un des commerçants derrière le projet de SDC. En effet, alors que plusieurs condos ont été construits au cours des dernières années, d’autres importants projets immobiliers sont sur les rails. Et plusieurs maisons sont vendues à de jeunes familles.

À l’image du quartier, l’offre commerciale de la rue Hochelaga doit elle aussi se diversifier, estiment les marchands qui travaillent sur ce dossier depuis plusieurs mois. « Il y a urgence d’agir, car si on attire de nouveaux résidants, de nouvelles familles parce que le quartier est attrayant, il faut que l’offre commerciale corresponde aussi à leurs besoins », lance Jean-François Leblanc, propriétaire du Jean Coutu.

En effet, selon l’étude de marché commandée par le groupe de propriétaires, composé aussi de Mylène Lessard, des Draperies de l’Est, d’Éric Tessier de  BMR-Quincaillerie de l’Est, de Serge Godin du IGA et de Stéphane Fiset, de la pharmacie Uniprix, plusieurs citoyens ne trouvent pas leur compte sur l’artère commerciale. « L’étude nous a démontré qu’il y avait une importante fuite commerciale, parce que plusieurs résidants décident de faire leurs courses ailleurs parce qu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent ici. »

Les commerçants rêvent donc d’une rue où il fait bon vivre : avec des cafés pour s’asseoir et discuter, un bar pour sortir sans quitter le quartier, mais aussi des commerces de proximité pour les résidants, comme une boulangerie, une boucherie, une pâtisserie, etc. « On veut à la fois améliorer la diversité de l’offre, mais aussi faire de la rue Hochelaga une artère agréable, de jour comme de soir », renchérit Mylène Lessard.

Des changements qui, bien entendu, ne vont pas s’opérer du jour au lendemain. « Soit on ne fait rien et les gens vont continuer de magasiner ailleurs, soit on se donne les moyens de nos ambitions pour mettre en valeur ce que nous avons, pour améliorer l’artère et créer les conditions gagnantes à sa redynamisation », soutient Serge Godin.

Quand l’union fait la force

C’est pourquoi ces propriétaires aimeraient unir leurs forces autour d’une SDC, qui regrouperait les 176 commerces situés dans l’axe des rues Hochelaga et des Ormeaux, ajoute Serge Godin. « Quand nous regardons ce qui se passe sur des artères comme Masson et Ontario, on constate que les Sociétés de développement commerciales ont un impact positif. »

Ils aimeraient donc s’inspirer de cette démarche pour développer une signature visuelle propre aux rues Hochelaga et des Ormeaux, en améliorer l’apparence, faire connaître son offre et de mettre en place des activités pour augmenter sa fréquentation par les citoyens. Autant de façons, à plus long terme, d’attirer de nouvelles boutiques et d’assurer leur pérennité. L’organisme pourrait aussi travailler de concert avec les différents acteurs locaux et communautaires, pour mettre sur pied des projets en partenariat.

Mais surtout, l’implantation d’une telle organisation a un effet levier sur l’argent investi par les commerçants, qui cotisent tous pour la création de cet organisme. Toutefois, la Ville subventionne aussi le fonctionnement des SDC, explique Mylène Lessard. Ainsi, chaque dollar injecté par les marchands prend plus de valeur et surtout, a plus d’impacts que de petites actions menées individuellement.

« Cela nous permet non seulement de créer un organisme et d’avoir un directeur général qui s’occupe du dossier de la revitalisation de la rue Hochelaga à temps plein, mais qui devient aussi notre porte-parole auprès de l’arrondissement, s’il y a des problèmes avec des travaux, par exemple, ajoute-t-elle. De plus, plusieurs subventions de la Ville de Montréal, par exemple pour la rénovation de façades, ne sont disponibles qu’aux membres d’une SDC. »

Deux visions s’affrontent

S’ils estiment que l’union fait la force, les partisans de la création d’une SDC doivent tout de même se montrer convaincants. En effet, certains marchands sont frileux à cette idée, alors que l’implantation d’une telle entité est financée en partie par les propriétaires de commerces, qui doivent payer une cotisation obligatoire s’ils se trouvent sur le territoire visé par la société. « Mais cela nous permet d’unir nos forces et d’en avoir beaucoup plus pour l’argent investi par chacun », plaide Serge Godin.

Si ce n’est pas la première fois que l’idée de la création d’une SDC est évoquée dans le quartier. Toutefois, le projet ne s’était jamais rendu aussi loin alors que vingt commerçants ont signé une requête en ce sens. Le dossier a été reçu officiellement par l’arrondissement lors de la séance du conseil de juin. Ensuite, un registre sera ouvert le 6 juillet, permettant de recueillir les signatures des propriétaites qui contesteraient la création de cet organisme, ce qui pourrait mener à un référendum. Sinon, le tout sera officialisé en janvier 2018.

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