Publicité

La création de la SDC remise en cause

Économie, Vie de quartier
La création d'une SDC rue Hochelaga n'a pas suscité l'unanimité, alors que près du quart des commerçants s'y sont opposés. (photo : Facebook YQQ)
La création d’une SDC rue Hochelaga n’a pas suscité l’unanimité, alors que près du quart des commerçants s’y sont opposés. (photo : Facebook YQQ)

La création d’une SDC rue Hochelaga n’a pas suscité l’unanimité, alors que près du quart des commerçants s’y sont opposés lors de l’ouverture des registres, le 6 juillet dernier.

Cette situation pourrait tuer dans l’oeuf le projet de créer une SDC regroupant 176 commerces répartis sur les rues Hochelaga et des Ormeaux. De ce nombre, 41 d’entre eux se sont déplacés pour signer le registre demandant un référendum sur la question et ce faisant, s’opposant au projet. Et, même si 11 signatures doivent être validées par la ville, c’est plus que les 26 signatures nécessaires pour envoyer le projet sur la voie du référendum.

Une SDC est en fait une association à but non lucratif qui vise le développement économique d’un secteur donné. Ce groupe, financé en partie par la Ville de Montréal, unit les commerçants du secteur et organise différentes activités pour dynamiser l’artère commerciale où elle se situe.

Un résultat qui a surpris Serge Godin, propriétaire du IGA de la rue Hochelaga et l’un des porteurs du dossier. « Honnêtement, nous ne nous attendions pas à ce résultat. Économiquement parlant, on comprend que les gens ont eu peur par rapport au montant d’argent à débourser. »

En effet, la création de la SDC vient automatiquement avec une cotisation obligatoire pour tous les commerçants situés sur son territoire. Un montant qui variant entre 450 $ et 3000 $ par entreprise, selon les calculs du groupe derrière le projet. Plusieurs propriétaires de commerces, souvent plus précaires, voyaient cela d’un mauvais œil.

Infologis de l’Est de Montréal avait aussi dénoncé le projet, via un communiqué de presse. L’organisme de défense des locataires craignait que la création d’une SDC ait un effet d’embourgeoisement sur Mercier-Est. Le groupe pointait du doigt la vision des propriétaires de commerces autour du projet, avec un discours « (…) gentrificateur puisqu’il fait la promotion de l’arrivée de nouveaux condos, de nouveaux résidents, de nouvelles habitudes de consommation, de nouveaux cafés, boulangeries, boucheries, pâtisseries, bars, etc. Là se retrouvent tous les ingrédients pour gentrifier un quartier », y affirmait-on.

La suite?

Une rencontre entre les commerçants est prévue en fin d’après-midi aujourd’hui (10 juillet) pour analyser les différentes options s’offrant à eux. « Je ne sais toutefois pas si nous allons choisir de tenir un référendum ou pas parce que le résultat est significatif. De plus, je ne pense pas qu’on ait assez de temps pour démystifier tout cela », ajoute Serge Godin. En effet, le référendum doit se tenir dans les 90 jours après l’ouverture du registre, stipule la loi.

Selon lui, ce n’est toutefois que partie remise. La loi prévoit qu’il faut laisser passer un certain délai avant de tenter de nouveau de créer une SDC. Il espère donc que ce laps de temps sera suffisant pour faire tourner le vent et convaincre les opposants au projet du bien-fondé de ce dernier.

En savoir plus

Infologis met en garde contre les effets de la gentrification dans Mercier-Est (Communiqué)
Un nouveau souffle sur la rue Hochelaga
Primeur: premier pas pour la création du Société de développement commercial

Vos commentaires
loading...