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Ne manquez pas «Un zoo la nuit» au parc de la Promenade Bellerive!

Culture
Gilles Maheu et Roger Lebel, têtes d’affiche du film «Un zoo la nuit», de Jean-Claude Lauzon. (photo: Films du Québec)

Station Vu présente « Un zoo la nuit », un film de feu Jean-Claude Lauzon, à la Promenade Bellerive demain (18 juillet, dès le coucher du soleil). C’est l’occasion de découvrir un des plus grands films de l’histoire du cinéma québécois.

Dans une autre vie, j’ai chroniqué cinéma pendant 15 ans. J’ai vu des centaines de films d’un peu partout dans le monde. Quelques-uns se sont détachés du lot parce qu’ils sont exceptionnels à tous points de vue. « Un zoo la nuit » est un de ceux-là.

L’affiche du film, sorti en 1987. (image : Projet Éléphant)

Le cinéaste Jean-Claude Lauzon est considéré comme un génie. Issu du monde de la publicité, il n’a tourné que deux films avant de périr dans un accident d’avion, près de Kuujjuaq, en 1997, emportant dans la mort sa compagne, la comédienne Marie-Soleil Tougas. « Un zoo la nuit » fut suivi de « Léolo ». De ce dernier film, Pierre Bourgault, qui y jouait le rôle de dompteur de vers, avait affirmé aux médias que Lauzon s’était payé une thérapie de cinq millions de dollars, soit le coût de production du film à l’époque. En fait, les deux films de Lauzon étaient hautement autobiographiques et beaucoup portés sur l’introspection psychologique. Ils ne laissaient personne indifférent.

Le duo Gilles Maheu et Roger Lebel (le premier jouant Marcel, le fils du second, Albert), dont les personnages vivent un gouffre de valeurs et de communication, finira par se réconcilier malgré leurs différences et leurs contradictions. Écrit comme ça, ça sonne plutôt quelconque. Mais la charge émotive du film, la progression dramatique, la description que Lauzon fait de ses personnages, le jeu des acteurs, la musique (exceptionnelle de Jean Corriveau) et l’utilisation de techniques de tournage peu orthodoxes vous font embarquer rapidement et irrémédiablement dans ce drame poignant.

Revenons sur l’histoire : À sa sortie de prison, Marcel doit composer avec la violence et le chantage d’un duo de policiers corrompus (dont un est interprété avec brio par Germain Houde), qui savent que l’ex-vendeur de drogue a caché un magot en argent et en cocaïne quelque part. Survient Albert, qui brouille les cartes de manière inattendue, en découvrant la cache de son fils, mais aussi par le fait qu’il ne lui reste que peu de temps avant de mourir. Albert est un chasseur d’orignal, un vrai. La scène où il « calle » un mâle depuis sa chaloupe, alors que son fils s’ennuie, est inoubliable. De même que le plan final, magnifiquement souligné par la musique de Jacques Brel, qui arrache des larmes (j’arrête ici, pour ne rien divulgâcher).

Surveillez les scènes cocasses, notamment celle où l’on voit le cinéaste Denys Arcand jouer un spectateur de peep-show (oui!). Ou celle, plus subtile, où Lauzon film littéralement le parkinson de Roger Lebel, qui a lui-même disparu en 1994, après une fructueuse carrière. Lebel était surtout connu pour son rôle comique dans la série télé « Du tac au tac ». Le contre-emploi dans « Un zoo la nuit » fut renversant.

« Un zoo la nuit » a gagné 13 prix Génie, un autre au TIFF de Toronto et celui du meilleur film canadien du FFM de Montréal.

La bande-annonce du film (Projet Éléphant).

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