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Le quai de la Longue-Pointe

Histoire
L’article dans l’édition du 20 décembre 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)
L’article dans l’édition du 20 décembre 1904. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)

En mai dernier, le gouvernement du Québec et l’Administration portuaire de Montréal annonçaient des investissements de 120 millions $ pour la mise à niveau des infrastructures intermodales.

En 1904, on parlait à l’époque de l’aménagement d’un quai près de la rue Dickson pour les bateaux océaniques. Les coûts des travaux occasionnent de nombreuses discussions.

Le Journal La Patrie rapportait alors le rapport M. Kennedy, ingénieur en chef de la Commission du Port, sur l’augmentation du coût de construction :

Nous reproduirons ci-après le rapport de M. Kennedy, ingénieur en chef de la Commission du Port, sur le coût de la construction du quai de la Longue-Pointe. On se rappelle que ce rapport a causé une très vive discussion à la dernière séance de la commission.

Le quai devait coûter 66 000 $. M. Kennedy faisait rapport qu’il faudrait encore pour le terminer, 11 914 $, ce dernier chiffre pouvant être diminué à 9 894 $ en ne nivelant que les matériaux déjà déposés par les grues sur le quai.

Kennedy donne les explications demandées à l’aide d’un rapport de M. W.J. Sproule, assistant-ingénieur, de la commission, qui est le surveillant immédiatement des travaux.

Quand on décida, à l’automne de 1903, de construire le quai des usines à locomotives à la Longue-Pointe, on s’attendait à commencer les travaux de bonne heure au printemps de 1904, alors que l’eau serait si haute que les matériaux de remplissage pourraient être déposés à terre, c’est-à-dire en arrière du quai, par les grues, la quantité des matériaux à remanier aurait été ainsi diminuée et les dragueurs auraient pu servir en même temps que les grues.

Cependant l’ouvrage ne commença que vers le milieu de juillet et à la fin de ce mois, l’eau était déjà baissée au niveau qu’elle a gardé pendant presque tout l’été, soit 4 ou 5 pieds plus bas qu’en mai et en juin. En conséquence, on ne peut placer les grues assez près du rivage, quand les dragueurs fonctionnaient sur les fondations des caissons, les grues ne pouvaient servir sur l’emplacement du quai et il devient nécessaire de jeter sur le rivage, une grande quantité de terre, de pierres, etc.

Quand plus tard il fallut faire le remplissage du quai, il fallut draguer de nouveau pour trouver de nouveaux matériaux. Quand les dragueurs eurent enlevé la croute pierreuse de l’emplacement des caissons, on trouva que le fond était de sables mouvants, et il fut nécessaire d’enlever ce sable à une profondeur de 4 pieds en dessous du niveau du fond des caissons et de mettre à la place de la pierre, les dragueurs eurent donc à passer deux fois dans les fondations ce qui amena une nouvelle augmentation de travail pour les dragueurs.

À mesure que le travail avançait, il devint nécessaire de se procurer de la pierre pour le remplissage des caissons et de construire des murs de soutien en arrière desquels le sable put être jeté par les grues. Il fallut aussi construire des murs solides le long de tous les travaux pour empêcher les dégâts causés par la glace à l’automne et au printemps.

On ne trouva pas assez de pierres dans la partie qu’on projetait de draguer, et il fallut aller en chercher plus loin. Le travail de dragage fut aussi augmenté, parce qu’on alla à une plus grande profondeur que ne l’indiquait le plan. Le quai n’a un font de 400 pieds, ce qui diminue la facilité de disposition économique des dragueurs et des grues. On aurait pu, il est vrai, arrêter de temps en temps, un dragueur ou une grue et les faire travailler ailleurs, mais il aurait fallu se procurer des remorqueurs et retarder d’autres travaux. À cause du retard apporté au commencement des travaux il nous parut nécessaire de hâter les travaux, car il fallait mettre le quai en état de résister à l’hiver.

On ne doit pas croire qu’on a dragué plus profondément, malgré le gouvernement, mais ce fut nécessaire pour le meilleur intérêt du port. En terminant, M. Spoule dit que l’estimation originale des quantités à draguer et à remplir est trop basse, et il donne avec son rapport des chiffres tendant à montrer que cette évaluation première aurait dû être de 83 300 $. Voici le résumé de cette partie du rapport qui donne en plus les dépenses extraordinaires nécessitées par les raisons données plus haut.

 

Caissons  30 397,23 $

Béton      9 752,36 $

Total       40 149,59 $

 

Remplissage  20 741,75 $

Dragage        31 729,95 $

Pierre à macadam 2 354,13 $

 

Grand Total    94 975,42 $

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