Publicité

L’OCPM examinera le dossier de la Cité de la logistique

Économie, Environnement
(image tirée du site web de l'arrondissement MHM)
(image tirée du site web de l’arrondissement MHM)

Le projet de Cité de la logistique, important projet de développement économique se situant entre Hochelaga-Maisonneuve et Mercier-Est, fera l’objet d’une consultation publique menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

En effet, le comité exécutif de la Ville de Montréal a mandaté l’OCPM à ce sujet, le 23 août dernier.  Ce dernier « (…)  permettra aux citoyens de s’exprimer à propos des enjeux importants du projet de développement de ce secteur, soit les orientations préliminaires qui guideront la cohabitation entre développement économique et aménagement urbain. Les deux consultations publiques menées précédemment par l’arrondissement ont démontré l’importance des enjeux de cohabitation entre le secteur à développer et le respect de la qualité de vie des citoyens à proximité du site », a souligné le maire, M. Réal Ménard, par voie de communiqué.

Une demande répétée des citoyens qui ont amassé plus de 6600 signatures, via le droit d’initiative des citoyens en matière de consultation publique pour cela. Si l’exercice aura permis la tenue de consultations en arrondissement, le maire Ménard a décidé d’aller plus loin de mandater l’OCPM pour étudier à son tour le dossier (voir autre texte). Un organisme qu’élus comme citoyens, jugent crédibles en cette matière.

Si la date précise de la tenue de cette consultation n’est pas déterminée, la proposition de mandat établie par la Ville de Montréal indique qu’un document de planification sera élaboré à l’automne 2017, pour une consultation durant l’hiver 2018.

Une victoire en demi-teinte

Le Collectif en environnement Mercier-Est espère que cette consultation sera l’occasion de mettre cartes sur tables avec les différents promoteurs gravitant autour du projet comme le Port de Montréal, CargoM et les autorités municipales. Ce qui, pour le moment, n’a pas été le cas. Le groupe espère ainsi qu’ils seront contraints de « donner les informations pertinentes demandées par les citoyens concernant les nuisances induites dans les quartiers touchés directement et indirectement par le développement axé sur la logistique », comme l’augmentation du camionnage, déjà important dans le quartier, explique-t-on dans un communiqué à ce sujet.

Patricia Clermont, l’une des citoyennes qui s’implique dans ce dossier depuis le début, milite aussi pour plus de transparence dans le débat. « Je pense que si le mandat a été confié à l’OCPM, c’est que les derniers détails ont été ficelés entre les différents acteurs, y compris pour le tracé des rues Souligny, Notre-Dame et L’Assomption. Il faut donc que cette portion du projet soit dévoilée. » Selon elle, cela permettra d’abord de savoir si la portion routière est assez importante pour être examinée par le Bureau d’audience publique en environnement (BAPE). « De plus, ces liens routiers constituent un enjeu crucial dans ce dossier. Pour ce faire une idée juste du projet, il faut donc connaître ces détails. »

Des orientations à revoir?

Pour sa part, le Collectif en environnement de Mercier-Est aurait voulu que soit remise en question l’orientation même du projet. « (…) l’administration municipale a choisi de faire la sourde oreille et circonscrit la consultation publique de l’OCPM aux activités industrielles axées sur la logistique à valeur ajoutée », souligne aussi le Collectif en environnement Mercier-Est. Le groupe aurait aimé que la consultation ratisse plus large et permette d’envisager différentes options quant au développement de ce secteur. « Il est également à espérer que les commissaires interprètent leur mandat de façon large en acceptant que soient discutées et questionnées des propositions de développement alternatif, telles l’électrification des transports, l’intelligence artificielle, etc. »

Le spectre de la loi 85 plane aussi sur le dossier, ajoute le président du comité, Raymond Moquin. « Les commissaires devront prendre en compte le projet de loi 85 [visant l’implantation de deux pôles logistiques et d’un corridor de développement économique aux abords de l’autoroute 30] qui donne un pouvoir discrétionnaire au gouvernement du Québec, lequel lui permettra d’autoriser des projets d’abord refusés par la Ville ou l’Arrondissement et ce, même s’ils ne respectent pas les règlements municipaux, principalement en urbanisme. »

Une inquiétude partagée par Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe. « Les territoires de la ZIP (zone industrialo-portuaire) sont actuellement exclus du projet de loi, mais tous les acteurs économiques le demandent. » Elle espère donc que les commissaires ne modifieront pas cette disposition, ce qui rendrait caduque la consultation de l’OCPM.

À lire aussi

La mobilisation citoyenne dans l’arrondissement fait changer les règles

Vos commentaires
loading...