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Une grange rasée par les flammes

Histoire
Édition du 27 août 1905. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)
Édition du 27 août 1905. (photo : capture d’écran du journal La Patrie, BAnQ)

Au même moment où l’on annonçait l’ouverture d’un nouveau parc à Tétreaultville, un feu détruit une grange à la Longue-Pointe.

La grange et son contenu ont été entièrement ravagés par l’incendie. Heureusement, le feu n’a pu se propager aux autres bâtiments avoisinants, grâce aux pompiers de Montréal.

Voici comment le journal La Patrie rapportait les faits.

Vers trois heures et demie, le capitaine Caison du poste No.3 recevait l’ordre de se rendre à la Longue-Pointe avec un dévidoir et une pompe à vapeur. La grange de M. Edmond Guy, située à une courte distance de l’Américain Locomotive Works, flambait et le feu menaçait de se propager à la maison et aux autres dépendances. À l’arrivée des pompiers, la grange et son contenu, qui consistait en foin, paille et autres produits de la récolte, n’était plus qu’un immense brasier. Des boyaux furent adaptés aux bornes-fontaines des usines et les efforts furent tournés du côté de la maison dont la couverture commençait à brûler. On réussit cependant à éteindre les flammes et la maison put être sauvée. Des dommages assez considérables ont été causés à l’intérieur par l’eau.

La grange et la maison étaient la propriété de M. Edmond Guy, tandis que les contenus appartenaient à un de ses neveux, M. Odilon Guy. Tous deux avaient une assurance.

Les instruments aratoires et les voitures ont été sauvés du désastre. Il n’y a pas eu d’accident de personne. Il semblera aux lecteurs quelque peu singuliers que les pompiers de Maisonneuve qui sont à deux pas du théâtre de l’incendie n’aient pas prêté leur concours. Notre reporter de la banlieue avait aussi fait cette remarque et pour en avoir le cœur net, il en a demandé la raison au chef Benoît, de Maisonneuve.

Ce dernier était encore sous le coup d’une grande indignation, ce matin, de voir que les pompiers de Montréal étaient passés devant la station de Maisonneuve, pour aller éteindre un incendie à la Longue-Pointe.

« Jamais, dit-il, nous n’avons refusé d’aller en dehors des limites de la ville pour prêter secours. Au contraire, nous avons toujours été heureux d’être utiles à nos voisins. Je considère comme une insulte faite à notre brigade, le fait qu’on nous a ignorés et qu’on a demandé du secours à Montréal, alors que nous ne sommes qu’à deux pas de l’endroit où le feu s’est déclaré. Rien dans le passé ne justifiait cette manière d’agir. Nous avons déjà répondus à l’appel de citoyens de la Longue-Pointe et je ne sache pas qu’on ait eu à s’en plaindre. »

« La seule raison vous l’avez là. On ne nous a pas demandés, voilà tout ! Il était inutile de courir après les pompiers de Montréal parce que les seules bornes-fontaines dont on peut se servir sont aux usines de l’Américaine Locomotive Works et en nombre trop restreint pour permettre à deux équipes de pompiers de travailler ensemble. »

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