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Le renflouage de l’Hosanna

Histoire
L'Hosanna servait au gouvernement pour la construction des phares. (photo : Collection Robert Carrière)
L’Hosanna servait au gouvernement pour la construction des phares. (photo : Collection Robert Carrière)

Pendant que l’enquête se poursuit pour faire toute la lumière sur la collision entre l’Empire et l’Hosanna en septembre 1905, on annonce que ce dernier sera reconstruit.

Des équipes s’affairent à récupérer les morceaux du bateau éventré sur le fleuve, à la hauteur de la Longue-Pointe. La coque, la chaudière et l’arbre de couche de l’Hosanna ont pu être renfloués à l’aide de barges et d’un remorqueur.

La Patrie raconte que le succès de l’entreprise est dû surtout aux plongeurs qui, avec l’aide d’un élévateur à pierres, ont réussi à sauver l’épave en récupérant tout, ou presque : la menuiserie et la cheminée avaient été emportées à la dérive jusqu’à l’île Bouchard depuis l’incident, mais elles avaient finalement été recueillies par la barge de l’Acétylène.

Tous les matériaux ont été transportés à Sorel, ou l’Hosanna sera reconstruit.

Deux semaines plus tard, soit le 11 octobre, La Patrie relate la cause de la catastrophe.

Le capitaine Spain fait peser la responsabilité de la collision entre l’Empire et l’Hosanna sur le capitaine Gillespie dont il révoque le certificat.

Le capitaine Spain a rendu sa décision, ce matin, sur la collision de l’Empire avec l’Hosanna, le matin du 5 septembre dernier. Le jugement du commissaire enquêteur, qui est clair et précis, tient l’Empire seul responsable de l’accident, et il révoque le certificat ou la licence de M. Olivier Gillespie, comme capitaine de ce bateau à vapeur.

Voici le résumé de la décision du commandant Spain.

Lors de la collision, le vapeur Empire n’avait aucune licence ou permis pour transporter des passagers.

Il voyageait donc en contravention avec les lois de la navigation. Il n’y avait, sur le bateau, d’autre officier que le capitaine Gillespie, sur lequel doit retomber toute la responsabilité.

L’empire manquait des appareils voulus pour communiquer avec le pilote et avec le mécanicien. Malgré la dénégation du capitaine Gillespie, à l’enquête, c’est lui qui était le commandant de l’Empire le jour de la collision.

Il a été prouvé que l’Empire ne descendait pas du côté sud du chenal, comme il aurait dû le faire, et qu’il contournait plutôt la bouée rouge No.174 M, qui est au nord du chenal, tandis que l’Hosanna remontait le fleuve du côté nord du chenal, c’est-à-dire du bon côté.

Par la faute de l’Empire, l’Hosanna a été forcé de tourner à droite de la bouée No.174 M, qu’il a enfoncée et brisée.

Dans ces circonstances, les officiers de l’Hosanna doivent être exonérés de tout blâme, et l’Empire est responsable de l’accident. Vu les représentations inexactes et fausses du capitaine Gillespie, au cours de l’enquête, je considère qu’il n’est pas qualifié à détenir plus longtemps son certificat de commandement, et je révoque sa licence comme capitaine de bateaux passagers dans les eaux canadiennes.

Je considère, de plus, qu’une autre enquête devrait être faite, afin de s’assurer, cette fois, si l’Empire voyageait sous son véritable nom, le jour de l’accident. Il appert que ce bateau est enregistré sous le nom de White Star, au lieu de l’Empire.

Il a été prouvé que l’Empire avait transporté des excursionnistes depuis l’accident. Ce qui est très grave, car il n’avait pas de licence dans le temps.

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