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Un jeune créateur de Mercier-Est finance sa série en moins d’une semaine sur Kickstarter

Culture
Résidant de Mercier-Est, Olivier Brisson a élaboré personnages, décors et intrigues autour de la série d'animation pour enfants Bill N Back. (photo : Bill N Back)
Résidant de Mercier-Est, Olivier Brisson a élaboré personnages, décors et intrigues autour de la série d’animation pour enfants Bill N Back. (photo : Bill N Back)

Olivier Brisson a réussi à récolter plus de 5000 $ en moins de cinq jours pour donner vie à un pilote de la série d’animation née de son imagination et… de ses longues heures de travail. Gros plan sur ce jeune créateur de Mercier-Est.

Diplômé en animation 2D et 3D du cégep du Vieux-Montréal, Olivier Brisson a vite réalisé qu’il aspirait à plus que le simple boulot d’animateur. « Après deux ans à l’emploi de firmes spécialisées entre autres en publicité, j’ai compris que ce que je voulais réellement, c’était de travailler sur mes propres projets et toucher à toutes les facettes de la production, y compris la réalisation. »

Grâce à ses économies, le jeune homme s’est donc lancé sans filet dans l’aventure. Il a tout lâché pour développer l’univers de « Bill N Back », une série d’animation pour enfants qui relate les tribulations d’un duo d’inséparables, campé par un loup et un lapin. « J’avais déjà le concept en tête et je savais que si je voulais le concrétiser, cela me prendrait 10 ans le soir et les fins de semaine. J’ai donc décidé de m’y consacrer à temps plein. »

Un pari audacieux, mais un risque calculé, juge-t-il. En effet, le jeune créateur partait avec la conviction que les personnages déjantés sortis de son imagination avaient tout pour plaire. À preuve, Bill et Back étaient déjà la vedette d’un film qu’Olivier Brisson avait réalisé pendant ses études et qui lui a permis de remporter le prix du meilleur court-métrage 2D de la cohorte 2010. Un travail également sélectionné au volet « Short Film Corner » du Festival de Cannes, l’année suivante, raconte-t-il.

Depuis avril 2015, Olivier Brisson a donc travaillé à donner vie à son concept, dans un épisode pilote de six minutes qu’il a complètement autoproduit. Un boulot de longue haleine. « Chaque scène peut prendre entre deux jours et une semaine à finaliser, car il faut non seulement camper le décor, mais animer chacun des personnages. Et l’épisode en compte une centaine », estime-t-il.

En mode sociofinancement

Personnages, environnement, scénario : après deux ans et demi de travail, le concept est fin prêt. Mais le jeune homme a décidé de demander l’appui du public pour l’aider à créer une trame sonore à l’épisode, via une campagne de sociofinancement. L’objectif, fixé à 5000 $, permettra de couvrir environ la moitié des frais pour payer les artistes assurant sons, musique et voix. Si la générosité continue d’être au rendez-vous et qu’il atteint 7500 $, Olivier Brisson prévoit engager un orchestre, avec musiciens, pour offrir une trame sonore à sa série.

Au moment d’écrire ces lignes, 70 contributeurs avaient accordé près de 6000 $ au projet, alors qu’il reste encore 12 jours à la campagne. « J’ai été étonné de voir la rapidité avec laquelle j’ai réussi à obtenir le financement désiré. Je m’attendais aussi à récolter de plus petits dons provenant de plus de personnes. Mais je suis surpris par les montants que les gens m’ont donnés », s’enthousiasme le créateur.

L’épisode pilote, qui devrait être fin prêt à l’été 2018, sera non seulement diffusé sur le web, mais permettra à Olivier Brisson de proposer son concept à des producteurs de contenus. C’est d’ailleurs pour s’ouvrir plus de portes que l’épisode pilote, concocté à 100 % dans Tétreaultville, sera présenté en anglais, explique-t-il. « Cela agrandit aussi l’éventail des possibilités, car je ne voulais pas me limiter aux marchés francophones. Mais rien n’empêche de doubler le tout en français ensuite. »

Et peu importe ce qui arrive au bout de ces trois ans de travail, Olivier Brisson estime qu’il sortira gagnant de cette aventure. « Si jamais ce projet n’aboutit pas, ce sera une excellente carte de visite. Car cet épisode, je l’aurai mené seul et il pourra me servir de démo pour montrer que je suis capable de réaliser un film d’animation de six minutes. Et c’est ce que j’aimerais faire », conclut-il. Un nom à surveiller sur nos écrans?

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