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Mercier-est en réseau

Vie de quartier
Jonathan Barroso, copropriétaire du Grill Barroso, rue Sherbrooke, et Marilou Vigneau, chargée de projet chez Solidarité Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Jonathan Barroso, copropriétaire du Grill Barroso, rue Sherbrooke, et Marilou Vigneau, chargée de projet chez Solidarité Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Cet été, une jeune femme victime de mauvais traitements de la part de son mari est allée chercher refuge au Grill Barroso. Le propriétaire du resto lui a non seulement ouvert sa porte, mais l’a référé à un organisme du quartier qui pouvait l’aider.

« Pour moi, c’était tout naturel de le faire. Mieux, c’était un réflexe parce que je connais bien Mercier-Est et ses organismes », explique Jonathan Barroso, copropriétaire du restaurant de la rue Sherbrooke. C’est cette chaîne d’entraide que le comité de développement social de Solidarité Mercier-Est (SME), la table de concertation du quartier, aimerait concrétiser avec le projet Mercier-Est en réseau, lancé officiellement le 23 novembre dernier, justement dans l’enceinte de ce restaurant portugais.

L’objectif de ce projet qui s’échelonnera sur les quatre prochaines années ? Bâtir des liens entre les organismes, les acteurs économiques, les citoyens, les ressources du quartier et les résidants de Mercier-Est ayant besoin d’un coup de pouce. Et surtout, briser l’isolement. « Nous avons mené une étude qui nous a permis de constater que certaines personnes étaient plus difficiles à rejoindre parce qu’elles ne sont pas ou peu ciblées par les groupes communautaires sur le terrain. C’était le cas plus particulièrement des 30 à 55 ans », indique Marilou Vigneau, responsable de ce projet chez SME.

Travail sur le terrain

Le projet Mercier-Est en réseau a donc été mis en place pour éviter que certains ne passent à travers les mailles du filet social. D’ailleurs, le premier geste en ce sens aura été d’embaucher une travailleuse de proximité, qui complétera le boulot des autres intervenants sillonnant aussi le quartier. Cette dernière ciblera plus précisément les 30 à 55 ans, permettant ainsi d’offrir ce soutien à toute la population, alors que ce service était déjà disponible pour les jeunes, les familles et les aînés. « Depuis mon arrivée, il y a environ huit mois, j’ai dû rencontrer au moins 800 personnes et effectué un suivi auprès d’une quarantaine d’entre elles, surtout âgée entre 40 et 55 ans. On sent que le besoin est réel » détaille Johanna Duprey.

La travailleuse de proximité ratisse le quartier pour rejoindre les gens dans les lieux qu’ils fréquentent, que ce soit les parcs, les restaurants, les services de dépannage alimentaire, etc. Par exemple, elle raconte l’histoire d’une dame qui montrait tous les signes de dépression majeure, qu’elle a croisé au SÉSAME (Service d’éducation et de sécurité alimentaire de Mercier-Est. « Elle ne savait pas où aller chercher de l’aide. Je l’ai donc accompagnée physiquement jusqu’aux locaux d’Info-Femmes, où on a pu lui offrir du soutien, notamment avec un atelier sur la gestion des émotions », relate-t-elle.

Un effet multiplicateur

Mais le boulot des travailleurs de proximité ne suffit pas à ratisser assez large pour couvrir tous les besoins. D’où l’idée d’unir les forces vives de Mercier-Est autour de ce projet et de créer une chaîne de solidarité dans le quartier. « L’objectif, c’est la mise sur pied d’un grand réseau local de ressources, de rassembler le plus d’acteurs possible pour renforcer le tissu social dans Mercier-Est », ajoute Marilou Vigneau. Une façon de décupler le travail des organismes communautaires, puisque chaque membre aura pour mission de devenir en quelque sorte les ambassadeurs des différentes ressources du quartier en cas de besoin. Ils pourront ainsi aiguiller les personnes les plus vulnérables vers celles-ci pour les accompagner.

Un travail de mobilisation qui s’étendra sur les quatre prochaines années et qui pourrait prendre plusieurs formes, explique Marilou Vigneau. Même si toutes les étapes du plan ne sont pas définies, la responsable aimerait mettre en place une certification pour les établissements membres de Mercier-Est en réseau, qui offriront de la documentation sur les ressources du quartier. Certains employés seront également formés en ce sens. L’équipe travaille aussi sur la création et l’implantation de bornes interactives présentant un répertoire des différents services offerts aux citoyens.

Ce projet est financé pour cinq ans par Centraide du Grand Montréal, via le programme Projet Impact Collectif [PIC].

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