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Le projet de cour de voirie ira de l’avant

Immobilier, Politique
(photo : courtoisie EJP Construction)
La cour de voirie se transformera en ensemble résidentiel, assorti d’une aire commerciale. (photo : courtoisie EJP Construction)

Les élus de l’arrondissement ont tranché : ils ont autorisé le projet de développement immobilier qui prendra place sur les anciens terrains de la cour de voirie, et ce, malgré la contestation, a annoncé le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais.

En effet, ce projet qui comprendra 325 unités d’habitation, dont des logements sociaux,  ainsi qu’un espace commercial, avait fait l’objet d’une ouverture de registre en novembre dernier. Ainsi, quelque 200 personnes avaient demandé un référendum sur ce développement, qui prendra place sur des terrains situés entre Honoré-Beaugrand, Souligny, le parc Germaine Pépin et Hochelaga.

Pour mieux comprendre les préoccupations des citoyens, les élus ont organisé une soirée d’information et de discussion, le 30 novembre dernier. « Toutefois, le processus (d’ouverture de registre) était stérile pour des raisons réglementaires. Malgré cela, c’était possible pour les élus de décider si nous allions mettre la hache dans ce projet-là ou pas », a indiqué le maire lors de la séance du conseil d’arrondissement du 5 décembre dernier.

« Nous sommes conscients des inquiétudes citoyennes et nous sommes conscients que ces préoccupations méritent un suivi rigoureux, a-t-il poursuivi. Toutefois, après une longue réflexion, mes collègues et moi-même croyons au bien-fondé du projet et aux impacts positifs qui en découleront pour le quartier. Nous appuyons donc le projet de la cour de voirie et l’arrondissement n’ira pas de l’avant pour la tenue d’un scrutin référendaire sur cette question. »

Maintenir le dialogue

Une position qui en a surpris quelques-uns, alors que Projet Montréal s’est toujours montré favorable non seulement à la tenue de consultations publiques, mais s’est aussi prononcé à maintes reprises contre l’abolition du processus référendaire prévu par la loi 192, adoptée en juin dernier. D’abord, le processus « était caduc pour des raisons réglementaires », explique le maire dans une entrevue avec le Journal de Mercier-Est. De plus, il était minuit moins une dans ce dossier et les nouveaux élus se sont retrouvés devant un choix : accepter le projet tel quel ou faire table rase des plans actuels. « Nous avions une obligation contractuelle à l’égard du prometteur, de conclure la vente en 24 mois. C’est pourquoi nous devions prendre une décision le 5 décembre, car nous arrivions à la fin de ce délai », ajoute Pierre Lessard-Blais.

Si la mobilisation a été un peu tardive cette fois-ci, les citoyens ont été consultés en cours de processus, alors que les discussions sur l’avenir de ce site ont débuté en 2011, rappelle-t-il aussi. Selon lui, plusieurs aspects du projet ont été modifiés à la faveur des préoccupations des citoyens. « Par contre, il ne faut pas penser que la démocratie participative ne se limite qu’à la tenue de référendums. Elle peut prendre bien d’autres formes », a-t-il ajouté.

D’ailleurs, le maire souhaite maintenir le dialogue ouvert avec la population. « Nous nous engageons à créer un comité de suivi et à organiser des rencontres publiques régulièrement afin que les citoyens soient non seulement informés systématiquement de l’avancement du projet, mais que nous puissions aussi avoir leur retour sur les impacts et réagir rapidement », a-t-il déclaré lors du conseil. Une liste de diffusion par courriel sera aussi constituée.

« Il est essentiel d’avoir une vision d’ensemble pour qu’il n’y ait pas prolifération d’immeubles de six étages et plus sur Hochelaga. On est aussi ouvert à ce que le traitement architectural du projet soit révisé », a-t-il poursuivi. La conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde s’est aussi engagée à mettre en place une étude de circulation pour comprendre l’impact de cet ensemble résidentiel et de faire de la reconfiguration de l’intersection Honoré-Beaugrand et Souligny une priorité.

Quelques voix s’élèvent

Si la salle a peu réagi à cette déclaration, quelques citoyens ont toutefois critiqué la position des élus de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, dont le responsable des jardins communautaire Souligny, Franz Charneux qui a carrément vu cette décision comme une « trahison ». Celui qui a lancé la mobilisation pour un référendum sur ce projet a quitté la salle, visiblement sous le coup de la colère.

D’autres, comme le président du Collectif en environnement Mercier-Est Raymond Moquin, ont demandé que des changements soient apportés, surtout pour limiter la circulation sur Honoré-Beaugrand. « Plusieurs citoyens ont soutenu qu’il fallait modifier plusieurs aspects du projet, notamment en ce qui a trait à la sortie des camions sur Honoré-Beaugrand. Si on ne peut changer le plan actuel, c’est un peu comme si on avait perdu notre temps », a-t-il critiqué. « On aurait tort de foncer, tête baissée ! Que fera-t-on si l’étude de circulation démontre que cela n’a pas d’allure ? »

Pierre Lessard-Blais s’est dit conscient que la décision d’aller de l’avant ne plairait pas à tout le monde. Un projet qui n’est pas parfait, mais qui apportera son lot de bénéfices pour le quartier, selon lui. « Toutefois, avec l’arrivée de nouvelles familles, ce projet sera une véritable bougie d’allumage pour relancer le développement commercial sur la rue Hochelaga. » Inclusion de logements sociaux, d’espaces verts et amélioration du parc Germaine-Pépin font aussi partie des bienfaits de ce futur développement.

Lisez ici les communiqués du Collectif en environnement Mercier-Est et de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

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