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1905: Les chemins à barrières

Histoire
Un chemin avec une barrière. (Banq: Photo La Presse 1911)

En 1905 à la barrière de la Longue-Pointe, les recettes avaient été de $ 1738.00 piastres (les barrières étaient les propriétés de gouvernement Fédéral). Le journal La Patrie fait le point.

La question de l’abolition du syndicat des chemins à barrières, qui a été soulevée à la dernière réunion du conseil du comté d’Hochelaga, n’est pas une question nouvelle. Semblable demande avait été faite au gouvernement il n’y a pas moins de 25 ans (1880), et d’autres demandes analogues ont très fréquemment été réitérés depuis cette époque.

Qu’est-ce que ce Syndicat des Chemins à Barrières ? Il fut créé en 1840, par le gouvernement du Bas-Canada, à la prière instante des cultivateurs de l’île de Montréal, qui manquaient totalement de chemins pour venir vendre leurs denrées sur le marché de Montréal.

Le Syndicat sitôt fondé, négocia, un emprunt de $200,000.00, et avec cette somme sillonna l’île de chemins carrossables. Depuis cette époque, les diverses paroisses disséminées dans toutes les directions et dans un rayon d’environ 12 à 15 milles, de Montréal jouirent de bons chemins, sans avoir d’autre préoccupation ni d’autre responsabilité que de payer le péage, aux barrières établies sur différents endroits par le syndicat.

Tous les chemins, avant d’être définitivement localisés, et construits d’une manière permanente, durent coûter, cela va de soi, des sommes considérables. Leur entretien, en toute saison, est aussi une charge assez forte. Le Syndicat eut beau faire, il ne parvint jamais à réaliser de quoi payer l’intérêt de son emprunt primitif, dont le gouvernement détenait les obligations.

En 1895, l’emprunt fut remboursé intégralement, le gouvernement abandonnant les intérêts accumulés, au moyen d’une nouvelle émission d’obligation. Le gouvernement fédéral est porteur de toute l’émission, soit $200,000.00 piastres, mais n’a pas touché l’intérêt que pour une année, depuis 1895.

Le Syndicat a fait savoir au ministre des Finances que pour faire face aux intérêts de sa dette, il lui faudrait négliger l’entretien des chemins, et le gouvernement n’a pas insisté, nous dit-on.

La Commission actuelle se compose de MM. Paul Galibert, président, T. A. Trenholme, vice-président, Rémi Gohier, ces trois nommés par le gouvernement fédéral, William Sinnanon et J.D. St-Pierre, représentants du gouvernement local.

Tous les deux ans, les commissaires peuvent être changés ou nommés de nouveau. Les principaux officiers de la commission sont MM. L. Henri Sénécal, secrétaire; J.E. Roy, comptable; et James Quinn, inspecteur.

Les municipalités qui veulent se soustraire à l’obligation de payer des droits de péage, peuvent le faire en commuant cette obligation. Pour cela ils achètent l’étendue de chemin compris dans leurs limites et doivent payer, à cette fin, au syndicat, l’intérêt à 6 pour cent sur $4,000.00 piastres pour chaque mille de chemin, le Syndicat n’ayant pas le droit de faire une vente complète.

Le Syndicat a déjà vendu de cette façon environ 20 milles de chemin, réparties comme suit :

Villes Pieds courants
   
Montréal 28496
   
St-Louis 10863
   
Maisonneuve 4779
   
Outremont 8087
   
Westmont 9000
   
Ste-Cunégonde 2000
   
St-Henri 7667
   
St-Paul 3780
   
Verdun 16083
   
Lachine 1657
   
Côte St-Paul 4474

 

Les recettes du syndicat, l’année dernière (1905) ont été comme suit:

Ville  Barrières Mutation et billets
Longue-Pointe $ 1,838.00 $ 0.00
Viauville $ 4,921.00 $ 1,647.35
St-Laurent $ 7,881.00 $ 597.92
Ste-Catherine $ 5,899.00 $ 536.52
Côte des Neiges $ 3,461.00 $ 26.46
St-Antoine $ 1,862.00 $ 438.20
St-Luc $ 4,802.00 $ 280.00
Lachine $ 1,669.00 $3 16.32
Lachine (Upper) $ 368.00 $ 111.44
Lachine (Lower) $ 942.00 $ 1,011.49
Victoria $ 0.00 $ 877.49
  $ 35,783.00 $ 6942.18

Pendant l’année dernière également les dépenses du Syndicat ont été comme suit:Cela donne un revenu total de $43,725.18

Entretiens des chemins : $26,626.41

Entretien des barrières: $ 9,279.38

Administration: $ 8,135.50

Soit un total excédant légèrement les recettes.

Péage aux barrières – En sont exemptés

Les soldats et les officiers de Sa Majesté, en devoir, et toutes les autres personnes employées à son service; les voitures qui suivent un convoi funèbre et qui reviennent par la même barrière; les prêtres et les ministres dans l’exercice de leurs fonctions religieuses respectives seulement; les voitures transportant des personnes à l’église le dimanche et les fêtes d’obligation. Exempts de péage; les cultivateurs avec voiture légères ou de charge ne paient qu’une seule fois par jour, et amenant des produits au marché ont droit à un billet de retour dans les 48 heures en payant une seule barrière.

Banq : Décembre 1905.

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